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Maladie de Lyme : gare à la tique cet été

Gros plan d'une tique à pattes noires sur la pointe d'une feuille.

Ixodes scapularis, une tique à pattes noires, aussi appelée tique à chevreuil. Elle s'attache souvent aux humains, aux chiens, aux cerfs, et aux rongeurs comme les souris et les rats.

Photo : Reuters / Centers for Disease Control and Prevention

Louis-Philippe Arsenault

L’Association québécoise de la maladie de Lyme appelle à la vigilance en ce début de la saison estivale. Si au Québec les cas d’infection ont davantage été répertoriés dans le sud de la province, la tique gagne du terrain et certaines espèces ont été détectées aussi loin que sur la Côte-Nord.

Transmise à l’humain par une piqûre de tique infectée à la bactérie Borrelia, la maladie de Lyme ne semble épargner aucune région du Québec. L’Estrie est davantage touchée, les régions de l'Outaouais et de la Montérégie également, mais les tiques se propagent de plus en plus. Et avec les changements climatiques, le Dr Amir Khadir, microbiologiste et infectiologue à l'Hôpital Pierre-Le Gardeur, s’attend à ce que la maladie migre davantage vers le nord parce que les petits mulots, les souris à pattes blanches, le chevreuil qui [sont porteurs] de ces tiques-là migrent tous vers un climat plus tempéré.

Si les tiques se retrouvent souvent en forêt, elles peuvent tout aussi bien être repérées dans des milieux urbanisés où l’herbe est plus longue, et non seulement lors des périodes les plus chaudes, indique Carl Dubois, vice-président de l'Association québécoise de la maladie de Lyme. Dès que le mercure approche zéro degré, les tiques sont présentes dans nos forêts, dans nos jardins, alors il faut rester vigilant dès la fin de l’hiver et jusqu’en décembre, explique-t-il.

Corps médical peu outillé 

Pour Catherine Breton, qui est atteinte de la maladie de Lyme depuis 2004, recevoir son diagnostic a été un véritable parcours du combattant qui aura duré près de 15 ans.

Catherine Breton assise devant son ordinateur.

Catherine Breton a contracté la maladie de Lyme en 2004.

Photo : Radio-Canada

Fatigue continuelle, faiblesse musculaire, migraine... Malgré ces symptômes reliés à la maladie de Lyme, Mme Breton a obtenu à plus d’une reprise un diagnostic de sclérose en plaques, mais ce pronostic ne correspondait pas à tous ses problèmes.

C’est finalement après avoir entendu parler de la maladie pour la première fois dans les médias que Mme Breton a compris qu’elle en était atteinte. J’ai réalisé, ô mon Dieu, tous mes problèmes de santé découlent de ce moment-là. Il y a de fortes chances que ce soit ça , s'exclame-t-elle.

Si Catherine Breton est aujourd’hui suivie par le Dr Khadir, c’est d'un médecin du nord-est des États-Unis, épicentre de la maladie, qu’elle a reçu le bon diagnostic en 2018.

Pour le microbiologiste et infectiologue montréalais, c’est le manque de ressources attribuées à la recherche sur cette maladie qui peut en partie expliquer des résultats faux négatifs, que certains patients comme Catherine Breton ont reçus. Nos outils de diagnostic, c’est encore ceux d’il y a 30 ans lorsque j’étais sur les bancs d’école. Ils ne sont pas très bons., explique le Dr Khadir.

Prévenir l’infection

Selon M. Dubois, de l'Association québécoise de la maladie de Lyme, on pense à tort que ces acariens préfèrent piquer les jambes ou le bas du corps : Les tiques adorent les endroits qu’on ne suspecterait pas, comme derrière les oreilles, à l’aine, derrière les genoux, les coudes, en dessous des aisselles... Il est donc souhaitable de bien s'examiner après une randonnée, affirme-t-il.

Lors d'une randonnée il est recommandé :

  • d'utiliser du chasse-moustique
  • d'être vêtu d'un pantalon long et d'un chandail à manches longues
  • de rentrer son bas de pantalon dans ses chaussettes
  • de porter des vêtements de couleur pour bien repérer les tiques 

En cas d’infection

La très grande majorité des patients finissent par guérir d'eux-mêmes, affirme le médecin, mais il est recommandé d’agir le plus rapidement possible à la suite d’une piqûre. Il faut retirer la tique et se rendre en pharmacie. Les pharmaciens sont d’ailleurs maintenant autorisés à prescrire la première dose de la médication à administrer dans les 48 à 72 heures après une piqûre. S’il est trop tard, les médecins peuvent prescrire un traitement de deux semaines qui permet de guérir la plupart des gens, selon Dr Khadir.

Le Dr Amir Khadir debout devant le Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

Le Dr Amir Khadir, microbiologiste, infectiologue et l'un des rares médecins au Québec à suivre des patients atteints de la maladie de Lyme.

Photo : Radio-Canada

Certaines personnes comme Catherine Breton sont moins chanceuses, et vivent à long terme avec des symptômes de la maladie. C’est pourquoi le mois dernier, Québec a annoncé que des cliniques spécialisées en COVID longue et en maladie de Lyme verront le jour dans plusieurs régions.

Aucune date de mise en place n’a toutefois été annoncée.

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