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Roe c. Wade : au Manitoba, les organismes s’inquiètent du revirement de jurisprudence

Deux femmes pleurent devant la Cour suprême.

Des militantes pour le droit à l'avortement réagissent à l'annonce de la Cour suprême qui invalide l'arrêt Roe c. Wade. (archives)

Photo : Getty Images / Anna Moneymaker

Alors que la Cour suprême des États-Unis a annulé la décision Roe c. Wade qui a garanti la protection constitutionnelle du droit à l’avortement pendant 50 ans, des militantes manitobaines pour le droit des femmes s’inquiètent des répercussions de cette décision au Canada.

Pour la coprésidente et porte-parole de l’Institute for International Women’s Right du Manitoba, Micaela Crighton, c’est une triste nouvelle pour les droits des femmes. Il y a quelques années de cela, on n'aurait pas pu penser qu'une pareille chose arriverait, explique-t-elle.

Elle prédit que ce n’est que le début d'une série de décisions qui vont commencer à être prises contre les droits des personnes genrées.

D’ailleurs, elle rappelle que les activistes pour les droits des femmes aux États-Unis avaient averti depuis 2016 que ceci était une possibilité. Ces inquiétudes se sont intensifiées quand la majorité conservatrice des juges de la Cour Suprême a été établie.

Micaela Crighton s'inquiète particulièrement de l’incidence d’une telle décision au pays. Au Canada, on voit déjà comment les droits des minorités sont menacés [...] Une décision pareille aux États-Unis va leur permettre d'avoir plus de voix ici pour des lois contre les femmes et les personnes genrées, affirme-t-elle.

Micaela Crighton assure que son organisme continuera d'appuyer les organisations comme la sienne situées aux États-Unis.

Le Centre de Santé des femmes de Winnipeg n'a pas perdu de temps pour faire paraître un communiqué de presse suite à ce revirement de jurisprudence.

Il y est indiqué que le centre ressent de la rage, de la peur et surtout une promesse de s'assurer qu'un tel scénario ne se produise pas ici au Canada.

La directrice de la programmation du Centre de santé des femmes de Winnipeg, Blandine Tona, a le sentiment d'un recul sur le plan législatif.

Elle s'inquiète de l’affluence prochaine des patientes provenant notamment du Dakota du Nord et de l’Arkansas, deux États qui pourraient très prochainement changer leur législation vis-à-vis du droit à l’avortement.

Certains États veulent limiter l’avortement à six semaines de grossesse. Beaucoup de femmes ne savent pas encore qu’elles sont enceintes dans ce délais, explique Blandine Tona.

«  On rend l’avortement sécuritaire quasiment impossible ou du moins seulement pour celles qui en ont les moyens. »

— Une citation de  Blandine Tona, directrice de la programmation du Centre de santé des femmes de Winnipeg

Blandine Tona souligne que la demande a considérablement augmenté pendant la COVID au Centre de santé des femmes. Nous aurons besoin d’un financement supplémentaire pour ouvrir plus de jour, mais nous avons un devoir de leadership.

La gynécologue Jennifer Gunter, originaire de Winnipeg et pratiquant aux États-Unis, s’indigne de la décision de la Cour suprême américaine et surtout de la place donnée aux activistes pro-vie dans le débat public et dans les médias.

Il ne sert à rien d'être dans une émission qui élève ceux qui mentent pour refuser des soins médicaux. En fait, élever ces personnes fait partie du problème et explique pourquoi nous sommes confrontés à cette tragédie qui fait boule de neige, a déclaré la Dre Gunter dans un message sur Twitter, pour expliquer son refus de participer à un débat télévisé sur la chaîne nationale de CBC.

Le revirement de cette décision par la Cour suprême ne rend pas l’avortement illégal aux États-Unis, mais laisse la possibilité à chaque État de statuer en la matière.

Avec les informations de Laïssa Pamou et de l'Actuel

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