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Qui vole les arbres anciens des forêts de la C.-B.?

Une personne debout sur une souche d'arbre.

Les autorités soupçonnent des braconniers d'avoir abattu ce cèdre rouge de 300 ans en 2019 dans le district régional de Central Kootenay. Il n'en reste qu'une souche.

Photo : District régional de Central Kootenay

Radio-Canada

L’autrice Lyndsie Bourgon s’intéresse au phénomène du braconnage d’arbres anciens depuis une décennie. Elle affirme qu’il y a un lien à établir entre le déclin économique des petites municipalités et l’abattage illégal des arbres.

Son livre qui sort ces jours-ci Tree Thieves: Crime and Survival in North America's Woods (Voleurs d'arbres : crime et survie dans les forêts de l'Amérique du Nord) aborde les motivations et l’identité des braconniers qui s’en prennent à ces arbres.

Dans sa recherche, l’autrice a découvert qu’il y a un lien à établir entre le déclin des petites municipalités et l’abattage illégal des arbres.

Le braconnage arrive habituellement dans les petites communautés, près des zones protégées. Et ces endroits ont vraiment souffert avec la désindustrialisation et le ralentissement de l’industrie du bois d'œuvre, explique-t-elle.

« La pauvreté est en hausse dans ces milieux ruraux, la consommation de drogues dures aussi, particulièrement de la méthamphétamine. »

— Une citation de  Lyndsie Bourgon, autrice, Tree Thieves: Crime and Survival in North America's Woods

Lyndsie Bourgon affirme que bien que les autorités policières et fédérales identifient la pauvreté et la consommation de drogue comme des facteurs du phénomène, plusieurs braconniers qu’elle a rencontrés ne se disent pas touchés par ces enjeux.

Une femme avec des lunettes.

L'autrice Lyndsie Bourgon a d’abord pris conscience du problème de braconnage il y a environ une décennie, quand un cèdre de 800 ans a disparu d'un parc provincial en Colombie-Britannique.

Photo : Stacey Krolow Photography

Ça montre bien comment un virage dans la culture, dans la protection de l’environnement et dans nos priorités peut toucher une région, précise l’autrice

À son avis, le braconnage est un symptôme de ce que ces communautés ont traversé.

Elle dit que certains des braconniers se sentent mis de côté alors que l’industrie du bois d'œuvre vit de grands changements. Ils estiment que leur appréciation particulière de la forêt n’est plus respectée.

L’autrice ajoute que bien que la majorité du braconnage au Canada survient dans les parcs provinciaux et sur les terres de la Couronne, de nombreuses personnes croient que ce sont de puissants décideurs qui font le choix de prendre possession de la terre et empêcher une utilisation commune pour tous.

Un problème qui prend de l'ampleur

L’an dernier, le nombre d’arbres abattus sans autorisation dans la province a augmenté. Le ministère des Forêts enquête sur 180 cas d’arbres coupés illégalement en 2021.

Une hausse remarquée par le ministère qui estime qu’il y aurait un lien avec la flambée des prix du bois d'œuvre en raison de la pandémie. On n’a pas encore de décompte pour 2022, mais les autorités s’attendent à une baisse en raison de la diminution du prix du bois d'œuvre cette année.

L’enjeu est connu en Colombie-Britannique, mais Lyndsie Bourgon affirme que le phénomène survient partout en Amérique du Nord. Il prend de l’ampleur sur la côte est canadienne, où des noyers noirs et des érables anciens sont abattus et vendus par des braconniers.

En Amérique du Nord, en tout, on estime que le braconnage forestier vaut près d’un milliard de dollars annuellement et en Colombie-Britannique, c’est 20 millions de dollars par année, déclare-t-elle, précisant qu’il est dur d’établir de chiffres précis, car le bois en provenance d’arbres coupés illégalement est difficiles à identifier une fois qu’il est introduit sur le marché.

Dissuader les braconniers

Le ministère des Forêts affirme que 966 pénalités ont été distribuées depuis 12 ans en lien avec le braconnage forestier. Ils estiment le total des amendes imposées à environ 123 700 dollars en contravention et plus d’un million de dollars au tribunal administratif.

La Loi sur les pratiques forestières de la Colombie-Britannique interdit le dommage, la destruction ou le retrait de bois des terres de la Couronne, avec des pénalités pouvant aller jusqu’à un million dollars ou trois ans en prison ou les deux.

Avec les informations de Padraig Moran et The Current

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