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Arrêt Roe c. Wade : entre inquiétude et colère à Québec

Une affiche pro-choix qui demande à ce que l'avortement demeure légal.

La décision de la Cour suprême des États-Unis d'invalider l'arrêt Roe c. Wade inquiète divers acteurs de Québec.

Photo : REUTERS / JOSHUA ROBERTS

Jérémie Camirand

Même si la décision a été prise à plus de 1000 kilomètres de Québec, le maire Bruno Marchand, l’organisme SOS Grossesse et la vice-première ministre Geneviève Guilbault s'inquiètent des impacts dans la région de la décision de la Cour suprême des États-Unis d’invalider l’arrêt Roe c. Wade.

Quelques heures après que six juges sur neuf de la Cour suprême des États-Unis ont voté en faveur de l’invalidation de l’arrêt Roe c. Wade qui ne garantit plus l’avortement comme étant un droit protégé par la constitution américaine, l’organisme SOS Grossesse, qui accompagne des femmes qui passent à travers un processus de grossesse, ne cache pas sa déception et sa colère.

C'est d'une très grande tristesse. C'est une sorte de deuil, en ce sens que les personnes des États-Unis qui sont confrontées à une grossesse non planifiée devront impérativement faire beaucoup de démarches pour avoir accès à un avortement si jamais c'est leur choix, avoue la directrice générale de l’organisme, Sylvie Pedneault.

De l’arriération, dit Guilbault

La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, n’hésite pas à critiquer férocement la position juridique prise par la Cour suprême.

Pour moi, la possibilité que des gens puissent retirer à une femme le droit d'avorter après 15 semaines, c'est de l'arriération et je ne peux pas croire qu'un pays normalement évolué en 2022 va cautionner ça, a-t-elle dit.

Une femme aux cheveux attachés qui porte un veston est assise. Elle s'adresse aux médias.

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, critique fermement la décision de la Cour suprême des États-Unis.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La députée de Louis-Hébert se veut toutefois rassurante : jamais une loi révoquant le droit à l’avortement ne passerait, au Québec.

Il ne faut pas confirmer que des gens qui pensent qu'on a le droit d'empêcher une femme d'avorter en 2022 ont raison, ils ont tort, explique-t-elle.

Loin des États-Unis, mais…

Même s’il pense qu’on est loin des États-Unis en ce qui a trait au droit à l’avortement, le maire de Québec, Bruno Marchand, ne peut s’empêcher d’être effrayé par la décision rendue plus tôt vendredi.

Si on n'en parle pas, si on ne se rappelle pas pourquoi c'est important, si on ne se rappelle pas qu'ici, on a fait le choix que la femme était maître dans son corps et était maître dans ses décisions et que ce n'était pas à un homme, que ce n'était pas à une communauté de décider pour elle, il y a des chances que des gens se sentent dédouaner d'écœurer des femmes sur Facebook, d'écœurer des femmes dans des cliniques d'avortement, d'écœurer des femmes quand elles font ce choix-là, de les ostraciser et ça, c'est un danger, pense le maire.

Le maire de Québec Bruno Marchand.

Le maire Bruno Marchand craint les dangers d'une telle décision sur le comportement de certaines personnes.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Ce genre de comportements est cependant bien présent, à l’heure actuelle, au Québec, raconte SOS Grossesse.

Dans les dernières semaines, à SOS Grossesse, on a reçu des appels de personnes qui nous criaient des insultes, qui nous disaient qu'on tuait des bébés, ajoute Mme Pedneault.

Entre désinformation et accessibilité limitée

Si la situation rappelle à Sylvie Pedneault la chance qu’elle a de vivre dans un pays qui n’a pas l’intention de restreindre l’accès à l’avortement, elle admet tout de même que beaucoup de travail reste à faire.

Déjà, actuellement, on a des problèmes d'accès à la pilule abortive ou même aux points d'accès pour avoir un avortement, indique-t-elle.

Il reste donc encore beaucoup de chemin à parcourir, estime l’organisme, que ce soit par rapport aux formations offertes aux professionnels de la santé, aux points d’accès ou à l’information.

C’est d’ailleurs sur ce dernier point que la bataille fait présentement rage, affirme Mme Pedneault.

Le mouvement anti-choix prend de l'ampleur et ça lui donne de la légitimité et ça nous effraie, énonce la directrice générale.

L’organisme va d’ailleurs prendre part à une manifestation organisée par la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN), ce dimanche, en soutien aux femmes américaines.

Avec la collaboration de Marie-Pier Mercier et d’Alexane Drolet

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