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L’accès à l’avortement, un droit fragile et inégal dans le monde

Gros plan sur une pancarte brandie devant le sénat, sur laquelle apparaît la mention « Sortez de mon utérus ».

Des manifestants pro-choix se sont massés devant le sénat de l'Alabama le mardi 15 mai 2019 pour contester le projet de loi anti-avortement.

Photo : Reuters / Christopher Aluka Berry

Agence France-Presse

Totalement interdit dans une minorité de pays, autorisé dans les autres avec plus ou moins de restrictions, l'accès à l'avortement demeure un droit très inégal et fragile dans le monde.

La Cour suprême des États-Unis a révoqué vendredi l'arrêt qui, depuis 1973, garantissait le droit des Américaines à avorter.

Cette décision ne rend pas illégales les interruptions volontaires de grossesse (IVG), mais elle rend chaque État libre de les autoriser ou non.

Une moitié des 50 États américains, surtout dans le Sud et dans le centre, pourraient les bannir rapidement. Le Missouri a annoncé être le premier à le faire.

La Cour suprême des États-Unis invalide l'arrêt Roe c. Wade de 1973 qui reconnaissait le droit à l'avortement. La moitié des États prévoient rendre l'interruption volontaire de grossesse illégale. Les explications de Valérie Micaela Bain, notre envoyée spéciale à Washington.

Tour d'horizon du droit à l'avortement dans le monde

Au cours des 25 dernières années, plus de 50 pays ont modifié leur législation pour faciliter l'accès à l'avortement en reconnaissant parfois son rôle essentiel pour la protection de la vie, de la santé et des droits fondamentaux des femmes, selon Amnistie internationale.

Néanmoins, l'avortement reste interdit dans près d'une vingtaine de pays, notamment en Afrique et en Amérique latine.

Législation draconienne

En 1998, le Salvador a adopté une législation draconienne qui interdit l'interruption de grossesse en toutes circonstances, même en cas de danger pour la santé de la mère ou de l'enfant, et qui prévoit des peines pouvant aller jusqu'à huit ans de prison.

Cependant, les poursuites sont généralement engagées pour homicides aggravés, passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à 50 ans de prison.

En Europe, l'interdiction totale est une exception : elle est en vigueur à Malte, où, en cas d'infraction, la peine encourue va de 18 mois à trois ans de prison, ainsi que dans les deux micro-États d'Andorre et du Vatican.

Dans d'autres pays, l'avortement est soumis à des conditions extrêmement restrictives.

Danger pour la mère

Ainsi, l'avortement est accessible uniquement en cas de danger pour la vie de la mère dans les pays suivants : Côte d'Ivoire, Libye, Ouganda, Soudan du Sud, Irak, Liban, Syrie, Afghanistan, Yémen, Bangladesh, Myanmar, Sri Lanka, Guatemala, Paraguay et Venezuela.

Au Brésil, l'accès à l'avortement est également très limité et n'est permis qu'en cas de viol, de risque pour la mère ou de grave malformation du fœtus.

En Irlande, l'avortement n'est légal que depuis 2018 à la suite d'un référendum historique. Il a également été libéralisé en 2019 en Irlande du Nord, seule partie du Royaume-Uni où il était encore interdit, mais il reste toujours difficile d'accès.

Juchée sur les épaules d'un homme, une femme lève les bras en l'air en souriant et en criant. Derrière elle se trouvent une énorme foule qui semble applaudir et festoyer ainsi qu'une pancarte sur laquelle apparaît la mention « Votez pour l'abrogation ».

Le oui avait obtenu 66,4 % des voix lors du référendum historique sur la libéralisation de l'avortement en Irlande.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

La Nouvelle-Zélande n'a dépénalisé l'avortement qu'en 2020. En Australie, la Nouvelle-Galles du Sud est devenue, en septembre 2019, le dernier État australien à dépénaliser l'avortement en abolissant une loi vieille de 119 ans.

En Thaïlande, l'avortement a été décriminalisé en février 2021. Toujours en Asie, la plus haute juridiction de la Corée du Sud a ordonné en 2019 la levée de l'interdiction de l'avortement.

En octobre 2021, le Bénin est devenu une des très rares nations en Afrique à autoriser l'avortement.

Une militante pro-choix à Bogota.

En février dernier, une militante colombienne avait écrit en espagnol la mention « Mon corps, ma décision » au-dessus de ses sourcils.

Photo : AP / Fernando Vergara

Sur le continent sud-américain, le droit à l'avortement poursuit son avancée. En février 2022, la Colombie a légalisé l'IVG, quel qu'en soit le motif, avant 24 semaines de grossesse.

Dans la foulée, le Chili a décidé, le 16 mars dernier, d'intégrer la dépénalisation de l'avortement dans le projet de nouvelle constitution.

Au Mexique, en septembre 2021, un arrêt historique de la Cour suprême a déclaré inconstitutionnelle l'interdiction de l'avortement.

Des partisans de la légalisation de l’avortement lors d'une manifestation à Guadalajara, au Mexique, le 28 septembre 2020.

Des partisans de la légalisation de l’avortement prennent part à une manifestation à l'occasion de la Journée internationale de l’avortement à Guadalajara, au Mexique, le 28 septembre 2020.

Photo : afp via getty images / ULISES RUIZ

Le Honduras, qui interdit l'avortement, y compris en cas de viol ou d'inceste, de malformation grave du fœtus ou de danger pour la vie ou pour la santé de la mère, a approuvé en janvier 2021 une réforme constitutionnelle qui durcit davantage la législation.

L'article 67 de la Constitution révisée stipule désormais que toute interruption de grossesse par la mère ou par un tiers est interdite et illégale mais surtout que cette clause ne pourra être réformée que par une majorité des trois quarts des membres du Parlement.

En Pologne, le Tribunal constitutionnel, soutenu par le gouvernement populiste de droite, a proscrit en octobre 2020 l'interruption volontaire de grossesse en cas de malformation grave du fœtus. Celui-ci est seulement autorisé en cas de viol ou d'inceste ou lorsque la vie de la mère est en danger.

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