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Les services funéraires, version nouvelle génération

Issus de familles propriétaires de pompes funèbres, de jeunes Ontariens aspirent à moderniser un secteur chamboulé par la pandémie.

Des employés d'un service funéraire devant un ordinateur.

La pandémie a accéléré le virage technologique de nombreuses industries, dont celle du secteur funéraire.

Photo : Getty Images / Nikola Stojadinovic

Maud Cucchi

Le secteur funéraire connaîtrait-il une petite révolution? La conversion en ligne des cérémonies pendant la pandémie de COVID-19 a attisé l’intérêt des fintechs (combinaison de « finance » et « technologie »). Mais les agences de régulation provinciales restent frileuses à ces nouveaux modèles 100 % en ligne, déplorent certains entrepreneurs qui doivent parfois attendre des mois pour se lancer en affaires.

Quand on a demandé une licence en Ontario, la pandémie a débuté. Ça a changé tout le processus de demande de permis et il a fallu attendre 10 mois pour obtenir la licence, se souvient Mallory Greene, qui a cofondé Eirene en novembre 2020.

Son concept? Un service funéraire complètement dématérialisé, accessible en ligne ou par téléphone, jusqu’à la remise finale des cendres du défunt. Ça enlève de la pression tout en laissant de la flexibilité au client, vante l’entrepreneure.

Outre les complications administratives liées à la pandémie, la Torontoise a constaté que le marché restait peu ouvert à la concurrence, en Ontario. Les rares nouvelles licences accordées sont attribuées à des candidats possédant déjà des pompes funèbres, soutient-elle.

Mallory Greene dans un décor abondamment fleuri.

Mallory Greene a cofondé Eirene en 2020, une entreprise de planification funéraire entièrement en ligne et au téléphone.

Photo : Mallory Greene

Je pense qu'en dépit du fait que notre modèle d'entreprise est très similaire en ce qui a trait aux opérations à celui d'autres entreprises de pompes funèbres – les gens peuvent le faire dans le confort de leur maison plutôt qu'en personne – nous recevons souvent beaucoup d'opposition sur le plan de la réglementation, constate Mme Greene.

Questionnée sur cette fermeture à la concurrence qui lui est reprochée, l’Autorité des services funéraires et cimetières de l’Ontario répond que le nombre de licences octroyées dépend du nombre de personnes et d'entreprises qui en font la demande et passent par le processus de délivrance des licences, écrit son porte-parole David Brazeau à Radio-Canada.

« Il faut des discussions à l’échelle gouvernementale. La concurrence, c’est important, c’est sain, il faut laisser du choix au consommateur. »

— Une citation de  Mallory Greene, cofondatrice d'Eirene

Ces obstacles n’ont toutefois pas empêché Mme Greene d’ouvrir de nouveaux bureaux dans d’autres provinces, en Nouvelle-Écosse où l'évolution de la réglementation va plus vite, dit-elle, alors que l’Alberta étudie son dossier depuis six mois et que la Saskatchewan pourrait bien lui donner son aval au courant de l’été.

Dans les dernières années, notre croissance est de l’ordre de 100 %, affirme la femme d’affaires. Nous avons commencé à trois employés et aujourd’hui nous sommes sept. Nous sommes sollicités notamment parce que les gens ne meurent plus où ils ont grandi.

Offre élargie

La mutation technologique de cette industrie immémoriale n’intéresse pas que les entreprises émergentes. Jeune diplômé du Collège Boréal, Jacob Lessard envisage de reprendre un jour l’enseigne familiale de Timmins en la modernisant.

Intégrer de plus en plus la technologie dans les services qu’on offre, c’est ce que j’aimerais apporter, explique l’Ontarien qui vient tout juste de décrocher son diplôme de directeur funéraire classe 1 à l’âge de 24 ans.

Jacob Lessard dans le salon de la maison funéraire de ses parents.

Jacob Lessard a suivi le programme de Directeur de funérailles au Collège Boréal, dont le campus se situe à Sudbury.

Photo : Jacob Lessard

La Maison funéraire Lessard-Stephens Funeral Home Inc. dont ses parents sont propriétaires s’occupe d’environ 180 décès par an, précise Jacob Lessard.

Depuis la levée des restrictions sanitaires, la direction de l'établissement doit aussi gérer une grosse augmentation dans la demande de beaucoup de familles qui ont dû retarder les funérailles de leur être cher depuis que les restrictions étaient en place, et ce, pour des décès qui remontent parfois à plus d’un an, selon M. Lessard.

Preuve que les commémorations en personne ne sont pas encore complètement chose du passé.

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