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L’Allemagne court à la pénurie de gaz; des choix « très difficiles » en vue

Une installation attenante au gazoduc Nord Stream 2 à Lubmin, dans le nord de l'Allemagne.

Le risque d'une pénurie de gaz l'hiver prochain se précise depuis que Moscou a réduit ses livraisons de façon draconienne.

Photo : Associated Press / Michael Sohn

Agence France-Presse

L'Allemagne court à la pénurie de gaz et devra faire des « choix de société très difficiles » pour les ménages et les entreprises si les livraisons russes diminuent encore, a prévenu vendredi le ministre de l'Économie, Robert Habeck.

Il faudrait fermer certains secteurs industriels [...]. Tous les processus d'économie de marché seraient alors suspendus. Pour certains secteurs, ce serait catastrophique. Nous ne parlons pas de deux jours ou de deux semaines mais d'une longue période, a-t-il détaillé dans une entrevue au grand hebdomadaire Der Spiegel.

« Nous parlons ici de personnes qui seraient au chômage, de régions qui perdraient des complexes industriels entiers. »

— Une citation de  Robert Habeck, ministre allemand de l'Économie, à l'hebdomadaire « Der Spiegel »

Le risque d'une pénurie de gaz l'hiver prochain se précise depuis que le géant russe de l'énergie Gazprom a radicalement baissé ses livraisons par le gazoduc Nord Stream, dont l'Allemagne est particulièrement dépendante.

Berlin craint que la Russie ne coupe totalement cette voie d'approvisionnement.

Nous sommes déjà dans une situation où l'Allemagne ne s'est jamais trouvée. Si les livraisons de gaz russe restent aussi faibles qu'elles le sont actuellement, nous courons à la pénurie de gaz, a mis en garde le ministre et vice-chancelier Habeck avant d'ajouter ceci : De toute façon, ce sera seulement l'hiver prochain.

L'Allemagne tente de compenser le tarissement par des achats auprès d'autres producteurs et par la création accélérée d'infrastructures pour importer du gaz naturel liquéfié.

De plus, le pays va temporairement accroître son recours au charbon. Le gouvernement exhorte aussi les 41 millions de ménages allemands à faire des économies d'énergie.

« [Si cela ne suffit pas], nous devrons faire des choix de société très difficiles. »

— Une citation de  Robert Habeck, ministre allemand de l'Économie

En cas de rationnement du gaz, la réglementation européenne donne priorité aux ménages sur les entreprises, mais cette réglementation a été conçue pour les interruptions de livraisons à court terme et non à long terme, a souligné le ministre.

Stratégie délibérée, dit Berlin

Dépendante à 35 % des importations de gaz russe pour sa consommation, notamment en ce qui a trait aux besoins de l'industrie, la première économie européenne accuse la Russie de mener une stratégie délibérée de réduction des flux vers l'Europe pour déstabiliser le marché énergétique.

Depuis la semaine dernière, les livraisons par le gazoduc Nord Stream sont en baisse de 60 %, Gazprom arguant d'un problème technique.

L'Allemagne appréhende d'autant plus la maintenance régulière dont Nord Stream doit faire l'objet à partir du 11 juillet, ce qui stoppera tout flux pendant une dizaine de jours.

Selon les scénarios de l'Agence fédérale des réseaux, la pénurie de gaz surviendrait dès la mi-décembre en cas d'arrêt total des livraisons russes.

Le Kremlin a affirmé jeudi que les flux augmenteront de nouveau dès que les turbines manquantes pour le gazoduc seront livrées.

L'UE se prépare aussi à un hiver difficile

Ursula von der Leyen.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne

Photo : Associated Press / Geert Vanden Wijngaert

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants de l'UE se sont engagés vendredi à intensifier leurs efforts pour réduire leur dépendance énergétique envers Moscou.

Nous avons passé en revue tous les plans d'urgence nationaux pour nous assurer que chacun était prêt à affronter de nouvelles perturbations et nous travaillons à un plan d'urgence de réduction de la demande d'énergie avec l'industrie et avec les 27 États membres, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l'issue d'une réunion des chefs d'État et de gouvernement de l'UE, largement consacrée à la crise énergétique.

La cheffe de l'exécutif européen a précisé qu'elle présentera ce plan en juillet.

Les Vingt-Sept ont d'ailleurs appelé vendredi les institutions européennes (Conseil et Commission) à prendre des mesures pour coordonner plus étroitement les politiques énergétiques nationales dans les conclusions du sommet. Cela devrait concerner les achats et le stockage de l'énergie.

Mme von der Leyen a rappelé la stratégie européenne, présentée le 18 mai. Dotée de 300 milliards d'euros (plus de 408 milliards de dollars canadiens), elle s'articule autour de trois piliers : économies d'énergie, développement des énergies renouvelables et diversification des fournisseurs de gaz et de pétrole.

Les Vingt-Sept ont également invité la Commission à étudier la faisabilité de limitations temporaires des tarifs d'importation de l'énergie.

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