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La CAQ peut-elle rêver de la forteresse libérale de Hull?

Longtemps acquis au Parti libéral du Québec, l’Outaouais a élu trois députés caquistes en 2018. Le parti de François Legault rêve maintenant d’y conquérir une autre circonscription symbolique.

La candidate libérale de Hull, Maryse Gaudreault.

La libérale Maryse Gaudreault est la députée de Hull depuis 2008 (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

France Bélisle se préoccupe peu du parti qui gagnera chacune des cinq circonscriptions de l’Outaouais aux élections provinciales du 3 octobre.

Ce qui compte pour la mairesse de Gatineau, c’est que sa ville et sa région soient maintenant au cœur de la joute politique entre les partis politiques québécois et leurs candidats locaux.

Franchement, je m’en sacre c’est qui. Ce que je souhaite, c’est qu’ils se rendent compte que cette ville est la quatrième en importance au Québec et qu’elle a été négligée trop longtemps, lance-t-elle en entrevue.

Pendant des décennies, l’Outaouais pouvait être peint en rouge à l’avance sur la carte des résultats électoraux au Québec.

Mais une nouvelle dynamique est à l'œuvre depuis 2018, quand la Coalition Avenir Québec (CAQ) a remporté des victoires dans Papineau, Chapleau et Gatineau. Les deux premières circonscriptions étaient entre les mains du Parti libéral du Québec (PLQ) depuis 1981, tandis que Gatineau votait rouge depuis 1962.

Les résultats des dernières élections, selon la mairesse de Gatineau, ne sont pas étrangers à la confirmation, cette semaine, que Québec construira un nouvel hôpital de 600 lits en Outaouais d’ici le début des années 2030.

France Bélisle répond aux questions des journalistes.

La mairesse de Gatineau, France Bélisle (archives)

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Promis par la CAQ aux élections de 2018, l’hôpital tant attendu devrait aider la région à sortir de sa dépendance envers le système médical de l’autre côté de la frontière, en Ontario, et à mieux résister à des crises comme la pandémie de la COVID-19.

Ce qui a changé en 2018, c’est que les candidats des différents partis ont vu ici une possibilité que ça change. Ils se sont battus pour nous convaincre, ajoute France Bélisle.

Même Hull est en jeu

En baisse dans les sondages à travers le Québec, le PLQ peut difficilement se permettre de perdre ses deux derniers sièges en Outaouais, soit Hull et Pontiac.

Pour l’instant, les projections du site Qc125.com donnent la CAQ en avance dans quatre des cinq circonscriptions de la région, y compris celle de Hull, qui a été représentée par des libéraux pendant 61 des 66 dernières années. La seule exception est survenue en 1976, avec une victoire du Parti québécois par deux votes.

« Si le PLQ ne garde pas Hull, c’est qu’il va probablement perdre aussi la majorité des sièges de Laval et aussi des sièges du Montréal francophone… Perdre Hull, ça veut dire que les libéraux se ramassent probablement sous les 20 sièges. »

— Une citation de  Philippe J. Fournier, analyste politique

Députée libérale de Hull depuis 2008, Maryse Gaudreault croit que la saga du futur hôpital de l’Outaouais – y inclus un long débat public sur le meilleur site pour le construire – illustre sa capacité à bien représenter la région à l’Assemblée nationale.

Elle a travaillé avec une coalition qui s’opposait à la construction de l’établissement dans un secteur résidentiel dans le nord de la ville de Gatineau. Finalement, Québec s’est rallié au consensus régional et construira l’hôpital plus près du centre-ville, dans un parc industriel mieux desservi par le transport en commun.

Une carte satellite montrant un secteur surligné de rouge

Québec s’est finalement rallié au consensus régional et construira l’hôpital plus près du centre-ville, dans un parc industriel mieux desservi par le transport en commun.

Photo : Radio-Canada / Yosri Mimouna

Le nouveau campus santé sera situé dans sa circonscription.

On n’a pas besoin d’un député caquiste à Hull pour qu’un gouvernement – peu importe lequel – fasse de grands projets dans un comté, affirme Maryse Gaudreault en entrevue.

Elle promet de livrer une rude bataille à la CAQ aux prochaines élections sur deux fronts principaux : la place du Québec au sein du Canada et la protection des libertés individuelles.

Selon Maryse Gaudreault, dont le pourcentage du vote est passé de 55 % à 34 % aux dernières élections, les électeurs de Hull devront se rappeler qu’il n’y aura qu’une option fédéraliste sur le bulletin de vote aux prochaines élections, soit le PLQ.

Le dernier mandat de la Coalition Avenir Québec nous a démontré que la protection des droits individuels n’est pas sa priorité, ajoute-t-elle en faisant référence aux lois 21 sur la laïcité de l’État et 96 sur la langue française.

Daniel Leblanc

La CAQ misera sur deux candidates

Mathieu Lacombe, député de Papineau et ministre responsable de l’Outaouais, dit que la région en entier est sortie gagnante de la percée caquiste.

Je le disais souvent en campagne électorale 2018 : il suffisait d’une petite tache bleue sur la carte électorale en Outaouais pour que le lendemain des élections, on ait gagné pour les décennies suivantes, explique le ministre de la Famille. Ça voudrait dire qu’on ne serait plus jamais tenus pour acquis, que les partis politiques seraient en constante compétition pour être plus séduisants et pour nous livrer la marchandise pour gagner nos votes.

Mathieu Lacombe parle derrière un lutrin.

Aujourd'hui ministre de la Famille du Québec et ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe a battu son adversaire libéral par une écrasante majorité de 8618 voix en 2018.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Sans donner leurs noms, il dit que la CAQ a déjà recruté deux femmes brillantes, engagées dans leur communauté pour se présenter dans les comtés de Hull et de Pontiac aux prochaines élections.

Québec solidaire a terminé au troisième rang dans Hull, aux deux dernières élections.

Son candidat, cette année, sera Mathieu Perron-Dufour, un économiste qui enseigne à l’Université du Québec en Outaouais. Il dit vouloir aider la région à obtenir sa part du gâteau en matière de financement en santé, éducation et culture, entre autres.

Il est temps de mettre fin au sous-financement chronique en Outaouais, a-t-il lancé récemment dans une lettre ouverte réclamant entre autres plus d’infirmières et de médecins.

Éric Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec, note que l’Outaouais a démontré son ouverture au changement politique au fédéral depuis longtemps. La région avait été emportée par la vague orange en 2011, après avoir élu des députés du Bloc québécois et du Parti conservateur du Canada aux élections précédentes.

Trois hommes posent et se serrent les mains.

Éric Duhaime, au centre de deux candidats en Outais : Michel Kadri (à gauche) et Marc Carrière (archives).

Photo : Radio-Canada / Charles Lalande

Cette plus grande diversité rend la région plus attrayante pour tous les partis à quelques mois des élections provinciales, dit-il, ajoutant qu’il a été agréablement surpris par l’accueil qu’il a reçu en Outaouais cette année.

« C’est clair que tous les partis politiques vont devoir concentrer davantage d’efforts en Outaouais. Personne ne peut dire que les cinq comtés sont garantis à un parti politique, au contraire. Ça va être un champ de bataille important pour la prochaine campagne électorale. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

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