•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Enquête publique sur le train léger : la Ville a délibérément accepté des défaillances

Le train léger.

L'ingénieur municipal et directeur ferroviaire Richard Holder a admis jeudi que la Ville était au courant des problèmes posés par le train en matière de fiabilité.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

La Ville d'Ottawa a accepté de plein gré un système de train léger sur rail qu'elle savait probablement peu fiable et a modifié les critères pour permettre au Groupe de transport Rideau (GTR) de réussir plus facilement ses derniers tests.

Les témoignages entendus jeudi lors de la neuvième journée de l'enquête publique sur la ligne de la Confédération ont été les plus accablants pour la Ville jusqu'à présent.

L'ingénieur municipal et directeur ferroviaire Richard Holder a confirmé qu'Ottawa a pris possession du train et l'a mis en service en prévoyant résoudre les problèmes une fois celui-ci en fonction.

La Ville savait-elle qu'il y avait des problèmes de fiabilité avec le système au moment où elle a décidé de lancer ce service public? a demandé la co-avocate principale de la commission, Kate McGrann, à M. Holder.

Nous savions qu'il y aurait des problèmes de fiabilité, a-t-il répondu. Oui, nous l'avons fait. Nous n'avions pas prévu qu'il y aurait des problèmes de fiabilité au point où nous aurions des déraillements.

Un groupe de personnes qui portent des vestes de sécurité et des masques sont debout sur les rails devant un train léger à l'arrêt.

Un déraillement du train léger est survenu le dimanche 19 septembre 2021.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

L’avocate a poursuivi : La Ville savait-elle que les problèmes de fiabilité pouvaient nuire à la prestation d'un service fiable pour le public?

L’ingénieur a acquiescé après avoir répondu que le constructeur de trains Alstom, qui est également la société chargée de la maintenance, avait signalé des améliorations.

Des problèmes sur 34 wagons

À la fin du mois d'avril 2019, alors que le train léger avait un an de retard, le GTR a déclaré à la Ville que le système était presque prêt, une dernière étape importante dans le processus de livraison de la ligne de la Confédération.

Or, la Municipalité a rejeté le constat de GTR et le certificateur indépendant du projet s'est rangé du côté de la Ville. Dans une lettre datée du 29 avril 2019 envoyée à GTR, la Ville a déclaré que 25 véhicules présentaient des défauts importants et continus et entraînaient un manque d'accès à la flotte complète.

Les véhicules ne se sont pas avérés fiables, pouvait-on lire.

Une gare.

La station Saint-Laurent de la ligne de la Confédération (archives)

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

Le 26 juillet 2019, le GTR a présenté une nouvelle demande d'achèvement substantiel. Cette fois-ci, la Ville et le certificateur indépendant ont accepté.

La Ville a convenu que le train léger était presque terminé et a payé 59 millions de dollars, même s'il existait une longue liste de problèmes.

Il s'agissait non pas de défauts mineurs, autorisés en vertu du contrat, mais bien d'éléments qui pourraient être considérés comme étant assez importants, [un] élément clé étant le nombre de véhicules disponibles au moment de la disponibilité du service commercial, selon M. Holder.

Ces problèmes non résolus touchaient les véhicules légers sur rail. Chacun des 34 wagons comportait un défaut.

La Ville a également fait abstraction du problème généralisé du défaut de répondre aux exigences de la flotte en raison de défauts [ou de] déficiences continus.

On ignore pourquoi la Ville estimait que la ligne de la Confédération était pratiquement terminée alors qu'elle était au courant de ces détails, mais M. Holder a indiqué que la Municipalité croyait que les défauts du train se régleraient entre l'achèvement substantiel et la livraison officielle, un mois plus tard.

De plus, la ligne de la Confédération a dû passer par une période d'essai avant que la Ville ne l'accepte, ce qui, selon M. Holder, a ajouté une autre couche de protection.

La notation des tests facilitée pendant les tests

Même si le contrat du train léger prévoyait une période d'essai de 12 jours, les exigences relatives à ce qui constituait un succès étaient vagues. Ainsi, la Ville et le GTR se sont mis d'accord sur des critères spécifiques en 2017.

Lors des essais de 2019, la Ville et le GTR se sont entendus sur une version généralement plus stricte des exigences. Celles-ci reflétaient mieux ce que la Ville attendait d'un système de train léger, conformément au contrat.

Toutefois, quelques jours après le début des essais, M. Holder a été appelé pour discuter des critères avec les hauts dirigeants de la Ville. Le 29 juillet 2019, le certificateur indépendant du groupe Altus a envoyé à la Ville sa déclaration de validation de l'essai en cours, où il a expliqué comment les critères avaient été modifiés pour revenir à la version de 2017.

Tout d’abord, l'obligation de faire circuler 15 trains pendant les heures de pointe du matin et de l'après-midi a été réduite à 13.

Ils avaient du mal à obtenir 15 trains le matin, a déclaré M. Holder à la Commission.

Les usagers s'entassent en grand nombre des deux côtés des rails.

Les usagers se massent sur le quai de la station Tunney's Pasture en raison de retards du train léger en pleine heure de pointe le matin du 8 octobre 2019 (archives).

Photo : Radio-Canada / Rebecca Atkinson

De plus, la mesure du rendement qui indique le nombre de trains en circulation pour le service à la clientèle et la durée de leur service a été abaissée de 98 % à 96 %.

Cette mesure ne devait jamais tomber en dessous de 90 %, mais cela a été modifié. Plutôt, la disponibilité des trains ne devait jamais passer en dessous de 94 % pendant trois jours consécutifs, ce qui signifie que le train pourrait avoir deux très mauvais jours et tout de même réussir les tests, selon M. Holder.

La Ville prend possession du train en août 2019

Le GTR a terminé avec succès ses essais le 22 août 2019. Le lendemain, le maire Jim Watson a annoncé que la Ville prendrait officiellement possession de la ligne de la Confédération et que celle-ci serait ouverte au public le 14 septembre.

M. Holder a déclaré lors de la Commission que le système était sécuritaire et qu'il n'avait jamais reçu de conseil spécifique de ne pas le lancer. Selon lui, le GTR aurait encouru des pénalités substantielles si le système n'avait pas fonctionné.

Questionné sur les problèmes survenus à la suite du lancement du train, M. Holder a admis que des problèmes pouvaient survenir et qu'ils auraient un impact sur la disponibilité du système de transport en commun.

Selon les informations de Joanne Chianello, de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !