•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Enquête en N.-É. : la GRC a retenu des notes à propos de la commissaire pendant des mois

Vêtu de son uniforme, Darren Campbell est interviewé devant un panneau qui porte les insignes de la Gendarmerie royale du Canada.

Le superintendant de la GRC, Darren Campbell, dit avoir hâte de témoigner lors des audiences de la Commission des pertes massives.

Photo : CBC/Robert Guertin

Radio-Canada

Quatre pages cruciales de notes d'un agent supérieur de la GRC ne faisaient pas partie de l’envoi la première fois que le ministère fédéral de la Justice a fait parvenir des documents à l'enquête publique sur la fusillade d’avril 2020 en Nouvelle-Écosse.

Dans ces quatre pages se trouvent des allégations selon lesquelles la cheffe de la GRC avait promis aux politiciens que le corps policier divulguerait des informations sur les armes à feu utilisées lors de la tuerie.

La Commission des pertes massives confirme avoir reçu 132 pages de notes du superintendant de la GRC, Darren Campbell, à la mi-février 2022, mais le dossier ne faisait pas allusion à une rencontre avec la commissaire Brenda Lucki le 28 avril 2020.

Il y a trois semaines, l'enquête a reçu un deuxième fichier de l’agent Darren Campbell. Cette fois-ci, le dossier comprend des notes d'une conférence téléphonique entre des agents haut placés de la GRC en Nouvelle-Écosse et la commissaire Brenda Lucki.

Brenda Lucki en uniforme devant un drapeau canadien.

Brenda Lucki, commissaire de la Gendarmerie royale du Canada

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

On y apprend que la commissaire n’était pas contente que des commandants de la Nouvelle-Écosse n’aient pas divulgué d'informations sur les marques et les modèles d'armes à feu utilisées lors des attaques.

Le superintendant Darren Campbell croyait que la divulgation de ces détails pourrait nuire à l'enquête pour retracer l’origine des armes du tireur.

Nous avons demandé à la GRC pourquoi elle avait divulgué deux séries de notes et n’avons pas encore reçu de réponse.

Allégations d'ingérence

Le 4 mai 2020, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé l'interdiction de quelque 1500 marques et modèles d'armes à feu, y compris ceux des deux armes utilisées lors de la fusillade en Nouvelle-Écosse. À ce moment-là, la police n'avait pas publié les noms des marques et des modèles utilisés lors des attaques.

Cette idée selon laquelle la commissaire Lucki s’était engagée auprès du premier ministre Trudeau et du ministre de la Sécurité publique de l'époque, Bill Blair, avant la nouvelle loi sur le contrôle des armes à feu a déclenché une tempête politique à Ottawa cette semaine. Les députés de l'opposition demandent une enquête sur la possibilité d'ingérence politique.

Debout à la Chambre des communes, Bill Blair répond à une question.

Bill Blair, président du Conseil privé de la Reine pour le Canada et ministre de la Protection civile du gouvernement du Canada, répond à une question à la Chambre des communes le 22 juin 2022.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Bill Blair et Justin Trudeau disent qu’il n'y a pas eu d'ingérence et que la GRC prend ses propres décisions en ce qui concerne la divulgation d'informations.

La commissaire Brenda Lucki a nié toute ingérence dans une enquête policière, mais elle ne se prononce pas sur les allégations selon lesquelles elle voulait divulguer plus d'informations avant le projet des libéraux d'adopter une nouvelle loi sur le contrôle des armes à feu.

Darren Campbell et Brenda Lucki devraient être appelés comme témoins à l'enquête à la fin du mois prochain. Ils ont également été convoqués à comparaître devant une audience parlementaire à Ottawa à la fin de juillet pour répondre à des allégations d'ingérence politique.

Barbara McLean, directrice des enquêtes de la Commission, a demandé une explication au ministère de la Justice sur les raisons pour lesquelles quatre pages manquaient dans la divulgation initiale.

 Barbara McLean répond aux questions des journalistes.

Barbara McLean voudrait comprendre pourquoi du matériel a été retenu lors de l'envoi de documents à la Commission.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Elle voudrait aussi une explication pour tout autre matériel qui a été retenu.

La commission cherche à obtenir l'assurance que rien d'autre n'a été retenu conformément aux instructions des assignations à comparaître, dit-elle.

Documents et témoignages

La commission a déclaré qu'elle avait d'abord demandé tous les dossiers de la GRC liés à l'enquête sur le massacre d'avril 2020 au moyen d'une assignation à comparaître le 15 juin 2021.

En réponse, elle a reçu des milliers de pages de documents et des dossiers sur une base continue.

Ces documents ont souvent été fournis de manière décousue, ce qui a nécessité un examen approfondi de l'équipe de la Commission, explique Barbara McLean.

Les membres de la Commission des pertes massives n'ont pas encore parlé au superintendant de la GRC, Darren Campbell, à propos de ces allégations.

Cependant, l'agent Campbell dit qu’il a hâte de témoigner aux audiences de la Commission et qu’il ne dira rien avant que ce soit son tour.

Il serait inapproprié pour moi de faire des commentaires publics avant de témoigner sous serment, dit-il.

Il a été le principal porte-parole de la GRC de la Nouvelle-Écosse lors de trois grandes conférences de presse tenues après la tuerie. Il a aussi rencontré un grand nombre de membres des familles des victimes.

Un portrait de Rob Pineo.

Avocat chez Patterson Law, Rob Pineo représente les familles de 14 victimes de la fusillade et d'autres personnes touchées par la tragédie.

Photo : Radio-Canada

Rob Pineo, un avocat qui représente les familles de 14 personnes tuées dans la fusillade, dit que la différence dans les notes de l’agent Campbell est préoccupante mais certainement pas surprenante compte tenu de la façon dont les informations ont été diffusées au cours de cette enquête.

Nous estimons que le calendrier et les objectifs qui ont été fixés pour cette enquête n'ont pas laissé suffisamment de temps pour que les informations et les preuves soient correctement vérifiées et divulguées, dit l’avocat.

Parcourir des milliers de pages de documents a été une tâche monumentale, même pour une grande équipe comme la nôtre, admet Rob Pineo.

La Commission a déclaré dans son rapport provisoire qu'à la fin du mois de mars, elle avait émis 70 assignations à comparaître, dont plusieurs à la GRC, pour des documents et pour des témoins.

Avec les informations d'Elizabeth McMillan, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !