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Assaut du Capitole : la commission dénonce une manipulation « éhontée » de Trump

Les trois hommes lèvent la main droite pour prêter serment.

Steven Engel, un haut responsable du département de la Justice (à gauche), Jeffrey Rosen, ancien secrétaire à la Justice par intérim (au centre), et Richard Donoghue, ancien secrétaire adjoint (à droite), prêtent serment avant leur témoignage devant la commission d'enquête sur l'assaut du Capitole.

Photo : Associated Press / Jacquelyn Martin

Agence France-Presse

La commission d'enquête sur l'assaut du Capitole s'est attaquée jeudi aux tentatives « éhontées » de Donald Trump de pousser le département de la Justice à soutenir ses fausses allégations de fraude électorale autour de la présidentielle remportée par Joe Biden.

Au cours de cette cinquième audition publique, les neuf élus – sept démocrates et deux républicains répudiés par leur parti – ont détaillé les pressions exercées par M. Trump sur le département et ses efforts pour nommer à sa tête un de ses fidèles, prêt à une ingérence dans les résultats d'une élection présidentielle.

Donald Trump ne voulait pas simplement que le département de la Justice enquête. Il voulait que le département de la Justice l'aide à légitimer ses mensonges et déclare sans fondement que l'élection était truquée, a noté le président de la commission, Bennie Thompson.

Les élus sont revenus sur les tensions au sein du département les jours précédant le 6 janvier 2021, lorsque le président battu s'était heurté à une révolte interne tandis qu'il tentait d'installer un de ses proches à la tête de l'institution.

C'était une tentative éhontée d'utiliser le département de la Justice pour faire progresser les intérêts politiques personnels du président, a ajouté M. Thompson.

L'ancien secrétaire adjoint à la Justice par intérim, Richard Donoghue, a témoigné pour sa part avoir dit à de nombreuses reprises à l'ancien président américain que ses accusations de fraude électorale étaient infondées.

M. Trump a simplement répété avoir gagné l'élection présidentielle. Le président a dit : "Dites juste que l'élection était truquée et laissez le reste entre mes mains et celles des élus républicains", a raconté M. Donoghue, en se basant sur ses notes prises lors d'une conversation téléphonique avec M. Trump et l'ancien secrétaire à la Justice par intérim Jeffrey Rosen.

Trump voulait nommer un de ses proches

Voyant que les plus hauts responsables du département de la Justice refusaient de plier, le président battu a tenté d'installer un de ses proches à la tête de l'institution. Jeffrey Clark, un fonctionnaire de rang intermédiaire ayant adopté les théories mises en avant par le président sur une élection truquée, devait annuler les conclusions du département – qui n'avait trouvé aucune preuve de fraude ayant pu changer l'issue du scrutin de novembre.

Jeffrey Clark devait aussi intervenir au nom du département pour refuser de certifier le résultat de l'élection dans l'État clé de Georgie, où Joe Biden l'avait emporté avec seulement 12 000 voix d'avance.

La commission a appris que M. Clark avait préparé une lettre destinée aux élus de Georgie, dans laquelle il affirmait que le département avait découvert des preuves de fraudes massives en Georgie, ce qui était faux. Mais les autres responsables du département de la Justice ont refusé de signer cette lettre et un des conseillers juridiques de la Maison-Blanche, Eric Herschmann, a révélé avoir dit à Jeff Clark qu'envoyer cette lettre aurait été un crime.

M. Trump a annoncé à Jeffrey Rosen et Richard Donoghue qu'on lui conseillait de les limoger et de nommer Jeffrey Clark secrétaire par intérim.

« Je lui ai répondu [...] Monsieur le Président, il faut que vous ayez les responsables qui vous conviennent, mais vous devez comprendre que le département de la Justice fonctionne sur la base de faits, de preuves et de lois. Et ça, ça ne changera pas. »

— Une citation de  Richard Donoghue, ancien secrétaire adjoint à la Justice par intérim

L'ancien secrétaire adjoint a aussi raconté avoir prévenu Jeffrey Clark que ses efforts pour justifier les allégations de fraude n'étaient rien de moins qu'une ingérence du département de la Justice dans les résultats d'une élection présidentielle.

Menace de démissions

Jeffrey Rosen, Richard Donoghue, Steven Engel, un haut responsable du département, et Pat Cipollone, avocat de la Maison-Blanche, ont menacé de démissionner lors d'une réunion avec le président le 3 janvier, l'avertissant qu'ils emmèneraient les meilleurs procureurs fédéraux du pays.

Donald Trump a renoncé à nommer Jeffrey Clark, qui a refusé de témoigner devant la commission d'enquête.

La commission d'enquête a annoncé mercredi que deux sessions supplémentaires auraient lieu en juillet.

Le Congrès interrompt ses travaux le 4 juillet pour deux semaines.

Après un an d'enquête, la commission veut présenter ses conclusions avant la fin de l'été, qui placent Donald Trump au coeur d'une tentative de coup d'État. Celle-ci a culminé dans l'assaut de centaines de ses partisans du bâtiment du Congrès à Washington le 6 janvier 2021, alors que les élus certifiaient la victoire de Joe Biden.

Les images de chaos dans le Capitole et autour de celui-ci avaient fait le tour du monde et ébranlé pendant quelques heures la démocratie américaine.

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