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Le personnel de l’éducation réclame des hausses salariales supérieures à l’inflation

Une salle de classe dans une école primaire de l'Ontario.

Le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario a d’ores et déjà adressé un avis d’intention de négocier au gouvernement pour le renouvellement de sa convention collective.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

À la veille de savoir qui dirigera le ministère de l’Éducation de l’Ontario, le personnel des écoles ontariennes interpelle une fois de plus le premier ministre Doug Ford pour demander de meilleures conditions de travail.

Parmi les revendications d'une lettre publiée jeudi figurent une hausse de salaire réelle supérieure au taux d'inflation pour remédier aux bas salaires et aux problèmes de rétention ainsi qu’une augmentation des embauches dans les écoles.

Nous ne gagnons que 39 000 $ par année en moyenne alors que nous subventionnons personnellement le système d'éducation de l'Ontario en faisant du travail non payé en dehors des heures normales, car les niveaux de dotation [en personnel] sont si bas qu’il nous est impossible de tout faire pendant les heures rémunérées, dénonce Laura Walton, présidente du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l'Ontario (CSCSO) du SCFP, dans un communiqué.

La pandémie n’a fait qu’exacerber des problèmes déjà présents - manque de personnel, difficulté à garder les employés - en grande partie parce que les salaires sont si bas et les emplois si précaires, déplorent les auteurs de la lettre ouverte.

Le syndicat sort sa calculatrice pour démontrer comment les revenus ont chuté sous le niveau de l’inflation ces dernières années: gel des salaires sous le précédent gouvernement libéral, puis augmentation limitée à 1 % sous le gouvernement progressiste-conservateur. Compte tenu d'un taux d’inflation qui dépasse largement les 7 % en 2022, la réduction salariale pour les travailleurs et travailleuses de l’éducation sera de 17 %, anticipe le SCFP.

Pour appuyer ses revendications, le syndicat cite aussi un sondage réalisé en 2021 auprès du personnel l'éducation selon lequel 51 % des travailleurs avaient au moins un autre emploi d’appoint.

Ce chiffre passe à 64,5 % pour les personnes à revenu unique. Le syndicat rappelle aussi qu’environ 75 % de ses membres sont des femmes.

Sharron Flynn-Bennett en entrevue.

Sharron Flynn-Bennett, qui était conseillère scolaire, est devenue accompagnatrice d'élèves en difficulté à la suite de restrictions budgétaires.

Photo : CBC

On travaille tellement dur, alors si c’était reconnu par le gouvernement, ce serait formidable d'avoir un salaire décent, témoigne Sharron Flynn-Bennett qui travaille auprès d’enfants avec des troubles du développement et du comportement.

Spectre d'une grève à la rentrée

Début juin, le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO), qui représente 55 000 employés de soutien des écoles, notamment le personnel de bureau, les aides-enseignants, les travailleurs des services de nutrition, avait déjà adressé un avis d’intention de négocier le renouvellement de sa convention collective qui arrive à échéance à la fin du mois d'août.

Le syndicat avait agité le spectre d’une grève possible pour la rentrée scolaire de septembre, une menace répétée dans cette nouvelle action collective.

Les membres du SCFP-CSCSO se disent prêts à négocier pendant tout l'été afin d’intervenir une convention collective équitable, ce qui éviterait des perturbations dans les salles de classe cet automne, peut-on lire dans le communiqué syndical.

Pour Ricardo Tranjan, chercheur principal au Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), le personnel de l'éducation demeure en position de force pour négocier sa convention collective.

M. Tranjan cite notamment le taux de chômage est vraiment bas, cette année, ainsi que les compétences transférables [de ce personnel], qui pourraient travailler dans le privé, autant de leviers pour obtenir de meilleurs salaires, croit-il.

Quand on parle de qualité de l’éducation, c’est un peu abstrait. Mais quand on regarde de plus près, c’est lié aux travailleurs, à leurs conditions de travail.

Une citation de Ricardo Tranjan, chercheur principal au Centre canadien de politiques alternatives

En outre, la difficile rétention d’enseignants relève d'un problème grave en Ontario parmi les écoles francophones, complète le chercheur.

Avec les informations d'Andréane Williams

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