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Victoria est prête à célébrer son festival de la fierté en personne

Gros plan sur des doigts en V avec en arrière-plan le drapeau LGBT.

À Victoria, les festivités de la fierté se dérouleront du 23 juin au 2 juillet.

Photo : The Canadian Press / Mark Blinch

Après deux ans de pandémie, la communauté 2SLGBTQ+ de la région de Victoria est prête à afficher fièrement ses couleurs et à célébrer les festivités de la fierté en cours dans la capitale jusqu'au 2 juillet. Et cela, malgré des menaces sérieuses qui ont forcé l’annulation d’un spectacle de drag queen la semaine précédente.

Ce sera certainement plein de gens qui vont revenir avec une vigueur renouvelée et des gens excités de revoir et de côtoyer la communauté après ces deux années à distance, explique tout sourire Ace Mann, qui siège au conseil de la Société de la Fierté de Victoria à titre de secrétaire.

NDLR Afin de respecter le genre neutre des personnes citées dans cet article, le pronom personnel iel a été utilisé pour parler d'une personne, quel que soit son genre, tel que défini par le dictionnaire Robert.

Iel souligne que la communauté de Victoria est particulièrement diversifiée. En effet, selon les dernières statistiques du recensement, la capitale compte la plus grande concentration de personnes transgenres et non binaires au Canada. C’est génial, affirme Ace Mann.

Ace Mann avec son chien, à Victoria le 22 juin 2022.

Ace Mann travaille avec la Société de la fierté de Victoria à l'élaboration des festivités qui se tiendront du 23 juin au 2 juillet dans la capitale.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Le traditionnel défilé aura lieu cette année en présence des joueurs de tambour de la Première Nation Songhees. Il traversera le pont Johnson avant de se diriger vers le parlement puis de rejoindre les célébrations qui se tiendront au parc MacDonald, dans le quartier James Bay.

Pour Éric/Érica Thompson, qui utilise deux prénoms différents en accord avec sa fluidité de genre, il s’agira d’une première participation aux festivités de la fierté à Victoria. Dans la capitale depuis un mois, ce sera pour iel l’occasion de rencontrer une partie de la population.

De voir ces défilés et ces événements donnent une visibilité à la communauté et démontrent que ces gens-là peuvent vivre une vie normale et heureuse. Et pour les plus jeunes qui se questionnent, qui ont des doutes ou qui ont honte de ce qu’ils sont, qui ont peut-être peur de sortir du placard, ça leur donne une lueur d’espoir, souligne-t-iel en expliquant que cette visibilité a été bénéfique dans son cas.

« Il ne faut pas oublier que ces défilés-là, à l’origine, c’était des protestations, des manifestations pour défendre les droits des personnes LGBT. »

— Une citation de  Éric/Érica Thompson, membre de la communauté 2SLGBTQ+ de Victoria

Après les menaces, la vague d’amour

L’annulation d’un spectacle de drag queen, prévu au Caffè Fantastico à la mi-juin en raison de menaces violentes à caractère homophobe et transphobe, a bouleversé plusieurs membres de la communauté 2SLGBTQ+ de la ville, mais aussi rallié la population.

Ça a fait ressortir la maman ourse en moi. Si un membre de la communauté ici n’a pas de parents ou personne pour les protéger, venez me voir, je serai votre parent, je vais vous protéger, assure Ace Mann, la voix chargée d’émotion.

Les drag queens Aloe Vera, Shiraz de ville et Johnny Poutina à Nelson.

Alex Pilon, alias Johnny Poutina (à droite), fait partie du trio les Dancing Legs, avec Aloe Vera (à gauche), et de Shiraz de ville (au centre).

Photo : Offert par Alex Pilon

Même si l’art de la drag est de plus en plus populaire notamment depuis qu’il est au petit écran, Alex Pilon, alias Johnny Poutina, n’est pas très surpris par ces menaces. Pour lui, c’est le signe qu’il y a encore du travail à faire.

On ne fait rien de mal quand tu penses à ça, je mets une perruque et une robe! Je ne fais de mal à personne. Mais ça vient défier les idées fermées des gens et je pense que les festivités amènent ces conversations. Que tu sois d’accord ou non avec ça, on va en parler, explique la drag queen de Nelson qui sera de passage à Victoria quelques jours dans le cadre des festivités.

« La drag en même temps, c’est un peu un geste politique. Juste de se déguiser, c’est un geste politique. Ça rouvre des conversations et tant mieux, c’est ça qu’il faut. »

— Une citation de  Alex Pilon, alias Johnny Poutina, drag queen

À lire et voir aussi :

Nelson à travers le regard de Johnny

La sécurité sera tout de même accrue par prévention lors des célébrations de dimanche, prévient la Société de la Fierté de Victoria.

Nous avons augmenté le niveau de sécurité pour plusieurs raisons, mais nous ne voulons aussi prendre aucun risque. Il s’agit d’une célébration d’amour et d’acceptation et c’est ce que nous voulons. Nous n’avons aucune tolérance pour la négativité, indique Ace Mann.

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