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Des Wetsu’wet’en lancent une poursuite contre la GRC, Coastal GasLink et la C.-B.

Des policiers derrière une barricade au point de contrôle Gidimt'en.

Les demandeurs allèguent dans la poursuite qu'il y aurait eu environ 700 différentes entrées d’agents de la GRC au poste de contrôle.de Gidimt’en.

Photo : Chantelle Bellrichard / CBC

Des membres de la communauté Gidimt’en de la nation wet’suwet’en dénoncent des mois d’intimidation et de harcèlement auprès de résidents. Ils entament une poursuite civile contre la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le ministre de la Justice de la Colombie-Britannique, ainsi que les entreprises Coastal Gaslink et Forsythe.

La poursuite survient dans le cadre d'un conflit qui oppose des membres de Première Nation Wet’suwet’en à l'entreprise TC Energy autour de la construction du gazoduc Coastal GasLink. Des manifestants autochtones ont notamment été arrêtés en 2021 après avoir occupé le chantier de construction du gazoduc, qui traverse des terres ancestrales des Wet’suwet’en.

La poursuite répond à ce que les plaignants considèrent comme de multiples tentatives de forcer des gens de la communauté à abandonner les maisons et les villages qui se situent sur le territoire ancestral wet'suwet'en près du tracé du gazoduc.

Les plaignants sont deux aînés de la communauté, Janet Williams et Lawrence Bazil, ainsi que l’une des principales porte-parole du clan Gidimt'en, Molly Wickham.

Dans leur poursuite déposée à la Cour, les plaignants notent que, depuis février 2022, des agents de la GRC, accompagnés de représentants de l'entreprise Forsythe, ont continuellement ciblé des personnes chez elles, notamment dans le village se situant au poste de contrôle de Gidimt’en ainsi que le village Lamprey Creek. Il aurait eu environ 700 différentes entrées d’agents de la GRC au poste de contrôle.

La plaignante Molly Wickham précise que, bien que Coastal GasLink ait obtenu des injonctions en 2018 et en 2019 contre les blocages de routes, ces injonctions ne permettent pas à la police d’empêcher les membres de la nation wet’suwet’en d’utiliser, d’occuper et d’habiter leur terre.

On espère prouver qu’ils ont enfreint leur propre loi dans leur tentative de nous faire quitter nos terres, explique l’une des principales porte-parole du clan Gidimt'en, Molly Wickham, aussi appelée Sleydo'.

La poursuite allègue que les policiers de la GRC ont entre autres procédé à des arrestations illégales, demandé que des invités du clan déclinent leur identité, bloqué ou encore battu des visiteurs, réveillé et harcelé des résidents qui dormaient, forcé des portes de bâtiments résidentiels et suivi des personnes qui circulaient sur les routes forestières.

« Quand ils viennent au village, ils n’ont aucune autorité légale pour le faire, ils n’ont aucun droit d’entrer dans des résidences privées. Alors c’est quelque chose qu’on affirme depuis le début en leur demandant : ''Quelle est l’autorité légale qui vous permet d’être ici?'' »

— Une citation de  Molly Wickham, plaignante et porte-parole du clan Gidimt'en

Les membres du clan dénoncent aussi les agissements de l’entreprise Forsythe, embauchée par Coastal Gaslink pour assurer la sécurité. Ils disent que Forsythe a déployé des employés pour assurer une surveillance 24 heures sur 24 auprès des résidents et qu'elle a transmis les informations à la GRC.

Les tactiques policières utilisées sur le territoire Gidimt’e n’ont pas de base juridique. Elles ont été déraisonnables et excessives, discriminatoires en raison de l'appartenance ethnique, malveillantes et elles constituent un abus du pouvoir des policiers. Elles ont pour but de supprimer des activités légales et l’affirmation des droits des Autochtones, peut-on lire dans l’avis de poursuite civile.

Molly Wickham interprète un chant traditionnel wet'suwet'en.

Molly Wickham, l'une des plus importantes figures de la lutte des Wet'suwet'en contre le pipeline de Coastal GasLink.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Molly Wickham fait partie des 10 personnes ayant manifesté et qui attendent présentement la décision du service des poursuites de la Colombie-Britannique de porter des accusations pour la violation de l’injonction accordée à Coastal GasLink leur interdisant d’entraver les travaux de construction du gazoduc.

La Couronne a fait une requête pour remettre au 7 juillet la date limite pour déposer des accusations contre les 10 manifestants.

Dans une déclaration écrite, la GRC affirme ne pas avoir reçu la plainte, mais que, une fois qu’elle l’aura reçue, elle entend offrir une réponse officielle à travers le processus légal.

Coastal Gaslink n’a pas encore déposé de réponse à la poursuite au tribunal.

Aucune des allégations des plaignants n’a été prouvée en cour.

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