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Terrain du futur hôpital : un choix plutôt salué, mais qui soulève des questions

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L'endroit où sera situé le nouvel hôpital de l'Outaouais va être confirmé jeudi matin (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Ébruité dans les médias mercredi soir, le choix du nouveau terrain du futur hôpital fait déjà réagir. Certains groupes et citoyens sont satisfaits, d’autres moins.

Chose certaine, on peut compter Équité Outaouais dans le premier groupe.

En entrevue à Radio-Canada mercredi soir, le médecin de famille et porte-parole du groupe, le Dr Gilles Aubé, a soulevé beaucoup d’éléments positifs.

Nous croyons que c’est un site qui sera grand. Il est très bien situé, près des autoroutes et pour le transport en commun. C’est aussi très central.

Le Dr Aubé s’est aussi réjoui du fait que ce choix va permettre le développement d’un campus santé, ce qui cadre avec la mission d’Équité Outaouais.

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Gilles Aubé, médecin de famille et porte-parole d’Équité Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada

Le Dr Aubé a estimé que la décision du gouvernement québécois donne le sentiment que le choix a été bien fait.

Ça respecte la mission médicale, la mission des déplacements, la mission d’étalement urbain. Il y a beaucoup de critères qui ont été respectés, a-t-il énuméré.

Le nouveau campus santé de 600 lits de l’Outaouais nécessitera des expropriations, ce qui était vu comme un désavantage dans le processus d’évaluation des terrains. Par contre, la Ville de Gatineau se serait engagée à participer activement au processus.

Québec avait initialement opté pour un terrain en banlieue nord de Gatineau, le long du boulevard de la Technologie, mais a dû se raviser après avoir essuyé une série de critiques.

La préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, affirme être satisfaite, elle aussi, de ce nouvel emplacement choisi par le gouvernement pour le futur hôpital de l’Outaouais.

Ça ressemble à un bon terrain, dit-elle d’entrée de jeu au micro de l’émission Les matins d’ici, jeudi. Ça semble vraiment être un bel emplacement qu’on annonce, renchérit-elle un peu plus tard.

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Chantal Lamarche, préfète MRC Vallée-de-la-Gatineau

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Au cours des derniers mois, Mme Lamarche a partagé ses inquiétudes face à un emplacement au centre-ville pour le nouvel hôpital de l’Outaouais, craignant que cela ne complique le déplacement des citoyens en provenance des secteurs ruraux qui devront s’y rendre.

Pour elle, c’est une question de faciliter l’accès aux personnes venues des zones rurales, sachant que le futur centre hospitalier est destiné à toute la population de l’Outaouais. On parle beaucoup de transport en commun. C’est correct, c’est important. Mais si tu viens d’une MRC, tu ne viendras pas en transport en commun, souligne la préfète.

Dans un communiqué diffusé jeudi, le conseil d’administration de la Société de transport de l’Outaouais (STO) a applaudi le choix du gouvernement saluant sa proximité avec le Rapibus, dont la planification pour un prolongement jusqu’au boulevard de l’Aéroport, a été annoncée récemment.

Sur les réseaux sociaux, l'accueil a été plus mitigé, entre ceux qui s'interrogent sur les possibilités de stationnement et d'autres qui estiment que l'emplacement est déjà saturé. Plusieurs rappellent aussi la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de la santé à laquelle il faudra trouver une solution pour doter le nouvel hôpital des ressources humaines adéquates.

Un compromis, selon Stéphane Bisson

La Coalition pour un centre hospitalier accessible et durable de l’Outaouais (CCHADO), pilotée par le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Stéphane Bisson, fait partie des organismes qui ont milité publiquement pour que le futur hôpital soit construit au centre-ville de Gatineau.

Joint par Radio-Canada, mercredi soir, Stéphane Bisson a mentionné qu’il s’agit d’un terrain de compromis, auquel tous vont se rallier, croit-il.

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Stéphane Bisson estime que la CAQ a choisi un bon compromis (archives).

Photo : Radio-Canada

Parmi les raisons évoquées par M. Bisson, il a mis de l’avant trois points : le terrain est accessible, le poste de police, situé tout près, est en fin de vie et aucun milieu naturel ne sera détruit.

C'est comme un alignement des planètes, a-t-il imagé.

« Je salue le gouvernement d'avoir été en mesure d'avoir l'humilité de faire un pas de côté et réanalyser d'autres sites, parce que, nécessairement, on les a martelés régulièrement sur le [terrain] de l'hôpital. Je tiens à les saluer et à les remercier de leur écoute de ce côté-là. »

— Une citation de  Stéphane Bisson, président de la Chambre de commerce de Gatineau

En entrevue à l’émission Les matins d’ici, jeudi, Stéphane Bisson réitère que ce choix d’emplacement pour le nouvel hôpital constitue, selon lui, le meilleur compromis et qu’il en est très heureux.

Marc Bureau, ex-maire de Gatineau et membre de la CCHADO, a lui aussi salué le choix de l’emplacement annoncé et parle d’un consensus au sein de la coalition.

Je pense que les six ou huit semaines qu’on a prises, ça valait la peine. On arrive aujourd’hui à un consensus. On a réuni, mercredi soir, la Coalition [CCHADO], et à 100 % les gens appuient cette décision, a-t-il commenté.

Dans le milieu des affaires, le groupe Brigil a également approuvé le lieu choisi, dans un communiqué diffusé jeudi matin.

Encore des questions

M. Bisson soutient toutefois avoir une série de questions à poser au ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, notamment en ce qui concerne les possibles futures expropriations.

Je demande la bonne foi du gouvernement pour, justement, avoir un processus d'accompagnement au niveau de ces entrepreneurs, au niveau de ces entreprises [qui seront expropriées], dit-il, insistant vouloir être en mode solutions pour aider les membres de la CCG à se relocaliser.

Le président de la CCG, qui travaille aussi dans le domaine de l’immobilier, estime que ces expropriations pourraient possiblement coûter des dizaines de milliers de dollars.

L’entreprise d’Éric Arsenault, Première générale Gatineau, se situe à 300-400 mètres du terrain évoqué. Il estime toutefois qu’il est un peu tôt pour envisager une expropriation.

Je trouve qu’il est un peu trop tôt pour spéculer sur les processus, mais s’il y a expropriation, il y a des processus légaux. On va attendre de voir les offres, ce qui va se passer... Il y aura peut-être des opportunités d’aller reconstruire ailleurs? [...] Est-ce que c’est dans cinq ans, dans 10 ans? Ils viennent de l’annoncer. On va attendre les nouvelles et on va continuer comme si de rien n’était, dit-il, précisant ne pas avoir été contacté pour le moment.

« On va attendre, ils peuvent changer d’idée. Ils ont déjà changé d’idée. »

Il se dit toutefois ouvert à des négociations, si cela devait advenir.

On est en affaires, l’argent parle. Ça va être de la négociation et des processus légaux. [...] On va voir les offres, dit-il, soulignant que la construction de l’hôpital, c’est pour le bien de la communauté.

De son côté, le conseiller municipal de Hull-Wright et chef par intérim d'Action Gatineau, Steve Moran se réjouit de voir que le site sélectionné répond aux critères listés dans la résolution qu'il avait proposée au conseil plus tôt cet hiver.

L’arrivée d’une infrastructure de cette envergure comporte évidemment plusieurs défis majeurs, notamment la relocalisation de certaines infrastructures municipales, mais du point de vue de l’aménagement du territoire, je suis rassuré et encouragé par le choix qui est fait aujourd’hui, a-t-il indiqué.

Avec les informations de Samuel Blais-Gauthier et Claudine Richard

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