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Joe Biden propose une suspension de 90 jours de la taxe fédérale sur l’essence

Joe Biden prononce un discours devant un panneau vidéo.

Joe Biden a aussi demandé la collaboration des pétrolières.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Agence France-Presse

Joe Biden a tenté mercredi de défendre sa stratégie devant les prix records de l'essence en promettant un petit geste fiscal pour l'été et en invoquant un sacrifice nécessaire pour riposter à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

En suspendant pendant 90 jours la taxe fédérale sur l'essence de 18 cents le gallon, nous pouvons faire baisser le prix et soulager un peu les familles, a dit le président américain mercredi à la Maison-Blanche en demandant au Congrès d'adopter cette mesure fiscale dont l'efficacité est d'ores et déjà contestée.

Je sais bien que cette suspension de la taxe ne va pas à elle seule résoudre le problème, mais cela va donner [...] un peu d'air aux ménages, a-t-il ajouté.

Le démocrate de 79 ans, dont la popularité est plombée par la flambée de tous les prix et en particulier par celle de l'essence, a appelé les distributeurs à répercuter le moindre sou de cette baisse de taxe.

« Ce n'est pas le moment d'en tirer profit. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Joe Biden voudrait que les États américains suppriment eux aussi leurs taxes sur l'essence, qui sont de 30 cents par gallon en moyenne, ou à défaut qu'ils trouvent des mécanismes de compensation.

Le prix moyen du gallon d'essence atteint désormais le niveau record de 5 $ aux États-Unis (4,968 $ mercredi), contre quelque 3 $ il y a un an.

Le président démocrate a aussi appelé les géants des hydrocarbures, avec lesquels il entretient des relations tendues, non seulement à augmenter leurs capacités de raffinage mais aussi à suivre les fluctuations des cours de l'or noir à la baisse, pas seulement à la hausse.

L'effort conjugué du Congrès, des États et des raffineries pourrait faire baisser le prix à la pompe d'un dollar le gallon, voire plus, a dit estimer Joe Biden.

La suspension de la taxe fédérale de 18 cents ainsi que celle de 24 cents par gallon de diesel devraient coûter quelque 10 milliards de dollars au fonds d'infrastructures des autoroutes, habituellement financé par ces prélèvements.

L'enseigne lumineuse d'une station-service à la brunante.

Aux États-Unis, les prix de l'essence ont augmenté de manière significative depuis le début de la guerre en Ukraine, passant à près de 7 $ le gallon en mars dernier.

Photo : afp via getty images / FREDERIC J. BROWN

L'administration assure pouvoir compenser le manque à gagner

Cette suspension de taxe a été critiquée avant même son annonce, y compris dans la famille politique du président.

La semaine dernière, l'influente patronne du camp démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, avait rejeté une telle idée, qui relève selon elle du showbiz.

Les médias ont aussi exhumé des déclarations de Barack Obama en 2008. Déjà sur fond de hausse des prix du carburant, le futur président s'était publiquement opposé à une suspension de la taxe, parlant d'une mesure gadget.

Un certain nombre d'experts ont également exprimé leur scepticisme face à une annonce qui ne règle en rien le problème de fond  celui d'une très forte demande face à une offre réduite.

Devant ces critiques, Joe Biden a tenté mercredi de dramatiser les enjeux en rappelant que le prix de l'essence a grimpé de 2 $ par gallon depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Évoquant les sanctions prises par les Occidentaux contre les hydrocarbures russes, il a dit : Nous aurions pu fermer les yeux sur les actions meurtrières de Poutine. Le prix de l'essence n'aurait pas grimpé autant. Je crois que cela aurait été une erreur.

Interpellant les élus républicains, qui pointent sans relâche sa responsabilité, Joe Biden a demandé : Vous dites donc que nous préférerions avoir des prix de l'essence plus bas aux États-Unis et l'Europe dans la poigne de Vladimir Poutine?

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