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Macron rejette l’union nationale et appelle aux compromis

Un homme regarde une télévision où Emmanuel Macron prononce un discours.

Le président français Emmanuel Macron lors de son allocution diffusée en direct

Photo : Reuters / PASCAL ROSSIGNOL

Agence France-Presse

Le président français Emmanuel Macron a rejeté mercredi l'idée d'un gouvernement d'union nationale — qu'il estime « injustifié à ce jour » — pour sortir de la crise issue des élections législatives de dimanche, tout en appelant aux compromis avec les forces politiques du pays pour dégager une « majorité claire ».

S'adressant aux Français pour la première fois depuis dimanche, le chef de l'État a reconnu les fractures révélées par les législatives et appelé la classe politique à apprendre à gouverner et à légiférer différemment.

Le président français ne dispose que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale et se doit de trouver des alliances soit au cas par cas, soit dans le cadre d'une coalition.

Il faudra bâtir des compromis, des enrichissements, des amendements, mais le faire en toute transparence, à ciel ouvert si je puis dire, dans une volonté d'union et d'action pour la nation, a déclaré le président lors de cette courte allocution télévisée, renvoyant les différentes forces politiques à leurs responsabilités.

« Pour avancer utilement, il revient maintenant aux groupes politiques de dire en toute transparence jusqu'où ils sont prêts à aller. »

— Une citation de  Emmanuel Macron, président de la France

Le président a conclu mercredi un large tour de table avec les forces de l'opposition et ses propres alliés, à la recherche d'un difficile consensus pour sortir de la crise.

J'entends et suis décidé à prendre en charge la volonté de changement que le pays a clairement exprimée, a-t-il encore affirmé en rappelant qu'il avait échangé hier et aujourd'hui avec les dirigeants de l'ensemble des formations politiques.

Il estime que tous ont fait part de leur respect pour [les] institutions et de leur volonté d'éviter un blocage pour [leur] pays.

Soulignant que le scrutin avait fait de la majorité présidentielle la première force politique de l'Assemblée nationale, mais sans majorité absolue, sa responsabilité est donc de s'élargir soit en bâtissant un contrat de coalition, soit en construisant des majorités texte par texte.

Plongée dans l'incertitude, la France est peu habituée à ce type de scénario, a aussi rappelé Emmanuel Macron dans son discours, ajoutant que des partenaires européens comme l'Allemagne y sont plus accoutumés.

Il a par ailleurs annoncé que, dès cet été, il faudra adopter une loi pour le pouvoir d'achat et pour que le travail paie mieux, [prendre] les premières décisions pour aller vers le plein emploi, [faire] des choix forts sur l'énergie et le climat, [concevoir] des mesures d'urgence pour notre santé, qu'il s'agisse de notre hôpital ou de la pandémie.

Le président a encore précisé que l'exécutif commencerait à bâtir cette méthode et cette configuration nouvelle à son retour du sommet européen de jeudi et vendredi à Bruxelles, sans jamais prononcer le nom de la première ministre Élisabeth Borne.

Réélu comme député de la première circonscription des Français établis hors de France, Roland Lescure a été défait au second tour pour l'obtention de la candidature de la majorité pour présider l'Assemblée nationale.

La députée des Yvelines Yaël Braun-Pivet a eu raison de l'ancien premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, avec 105 votes en sa faveur, contre 85 pour son concurrent et deux abstentions ou votes blancs.

Les opposition réagissent

Le chef de la coalition de gauche Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES), Jean-Luc Mélenchon, a jugé vains les appels d'Emmanuel Macron en direction de l'opposition et exigé que la Première ministre Elisabeth Borne se soumette à un vote de confiance à l'Assemblée nationale, forte d'une légitimité plus forte selon lui que celle du président.

L'allié d'Emmanuel Macron et ancien Premier ministre Édouard Philippe, patron du parti Horizons, a de nouveau appelé mercredi à la création d'une grande coalition pour donner une direction stable au pays.

Il reste que l'opposition n'entend pas faire de chèque en blanc au président réélu en avril. Aucun responsable n'a répondu favorablement à l'idée d'un gouvernement d'union nationale, d'ailleurs écartée par le président lui-même mercredi.

Parallèlement, les 89 élus du Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen ont fait leurs premiers pas à l'Assemblée avec la consigne: cravate exigée et sérieux, à l'inverse des députés mardi de la coalition de gauche.

La culture "paquet de nouilles" et "tee-shirt de foot", non merci, avait prévenu Marine Le Pen

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