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Caroline Monnet à l’Expo World Press Photo pour montrer la femme autochtone autrement

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Caroline Monnet est une artiste multidisciplinaire de Gatineau établie à Montréal.

Photo : Sebastien Aubin

Radio-Canada

Choisie comme porte-parole de la 15e Expo World Press Photo de Montréal, l’artiste anichinabée Caroline Monnet présentera aussi une exposition de photos de femmes autochtones en parallèle de cet événement qui présente chaque année le meilleur de la photographie professionnelle mondiale. 

Née d’une mère anichinabée et d’un père français, Caroline Monnet est une artiste multidisciplinaire qui s’exprime à la fois par la sculpture, la peinture, la photo et le cinéma. On lui doit notamment le film Bootlegger, qui a décroché plusieurs nominations au dernier Gala Québec Cinéma. 

Quand l’Expo World Press Photo de Montréal lui a demandé d’être sa porte-parole cette année, c'est notamment la photo lauréate du prix World Press Photo en avril dernier qui l’a poussée à dire oui. 

Pris par la photographe canadienne Amber Bracken, ce cliché montre des robes rouges accrochées à des croix sur le site d’un ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops, en Colombie-Britannique. 

C’est une photo extrêmement forte qui m’a beaucoup interpellée, explique Caroline Monnet. C’est un sujet qui me touche profondément.  

L’artiste voit aussi dans l’Expo World Press Photo de Montréal une belle vitrine pour son travail et une occasion d'atteindre des personnes du grand public pour qui l’art contemporain reste un milieu peu connu. 

Véhiculer des représentations positives des femmes autochtones

Caroline Monnet leur fera découvrir son exposition inédite Ikwewak (Femmes), laquelle a pour ambition d’offrir une autre représentation de la femme autochtone que celle, romancée, qui est issue de la colonisation. 

La femme autochtone a toujours été présentée de manière très anthropologique, par un regard masculin et blanc, la montrant passive devant l’appareil photo en train de faire des tâches artisanales, ou comme une victime dans les médias, déplore-t-elle. 

Ce n’est pas du tout ce que je souhaite montrer, car ce ne sont pas les femmes fortes, fières, excentriques ou élégantes que je connais dans mon entourage.

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La cheffe et costumière Swaneige Bertrand est issue de la Première Nation Acho Dene Koe.

Photo : Caroline Monnet

L’artiste explique qu’elle a voulu photographier les femmes autochtones qui ont accepté de poser pour elle d’une manière moderne et engagée avec des sujets qui regardent l’appareil photo sans baisser les yeux afin de prendre la place qui leur revient

C’est une façon de contribuer à changer l’image de la femme autochtone dans l’imaginaire collectif, de souligner la puissance de ces femmes et de leur montrer qu’elles ont le droit d’exister et qu’elles sont importantes.

« Ma volonté est aussi de replacer la femme autochtone sur le piédestal sur lequel elle était avant la colonisation et de lui redonner un statut royal. »

— Une citation de  Caroline Monnet, artiste multidisciplinaire

Le public pourra ainsi découvrir des portraits de femmes autochtones comme la cinéaste Alanis Obomsawin ou Swaneige Bertrand, qui est à la fois costumière et cheffe spécialisée en cuisine autochtone. Ce sont toutes des voix fortes dans leur communauté, des femmes impliquées dans les arts et la culture, précise-t-elle. 

Caroline Monnet a tenu à ce que toutes ces femmes soient francophones, car selon elle, il y a encore un grand fossé entre les Autochtones francophones et anglophones; les femmes autochtones francophones sont très peu représentées.

Son œuvre Debouttes! à l’UNESCO

Le mois dernier, Caroline Monnet s’est rendue à Paris pour assister à l’installation permanente de son œuvre Debouttes! à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), dont le siège se trouve dans la capitale française. 

Debouttes! est une œuvre murale géante présentant six femmes autochtones qui se tiennent debout en regardant droit devant. 

C'est incroyable d’avoir une œuvre qui intègre la collection de l’UNESCO; c’est extrêmement prestigieux, se réjouit-elle. Voir la lutte des femmes autochtones dépasser nos frontières et être reconnue dans la dignité a été un moment très symbolique et fort.

L’exposition Ikwewak (Femmes) sera présentée au Marché Bonsecours, à Montréal, du 31 août au 22 octobre. 

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