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Apprendre le cri et le pied-noir à Calgary pour se réapproprier son identité autochtone

Pablo Russel à gauche et Damitra Smokeyday à droite.

L'aîné Pablo Russel (à gauche) donne un cours de conversation en langue pied-noir tandis que Damitra Smokeyday (à droite) est l'attachée des services culturels pour le centre culturel Miskanawah.

Photo : Gracieuseté : Myra La France

Radio-Canada

Un organisme culturel de Calgary a lancé un programme d’apprentissage des langues crie et pied-noir qui pourra permettre aux participants d'approfondir leurs connaissances sur l'identité et les cultures autochtones.

Le centre culturel Miskanawah, qui signifie sentiers en langue crie, propose des cours de quatre et six semaines (Nouvelle fenêtre) aux débutants et à ceux qui souhaitent parfaire leurs compétences conversationnelles.

L'aîné Pablo Russel, chargé d'enseigner la langue pied-noir, souligne que la maîtrise de la langue est la première étape vers une compréhension plus significative des autres traditions autochtones.

Il ajoute que ces cours sont offerts au grand public mais qu'ils sont surtout conçus pour aider les personnes d’origine pied-noire et crie qui ont perdu leurs repères identitaires à cause des politiques d'assimilation du gouvernement canadien.

Beaucoup de membres des Premières Nations ont été privés de leur langue, vous savez, et cela s'est passé dans des pensionnats [pour Autochtones], explique Pablo Russel. Il y a donc eu quelques générations de parents traumatisés qui n'ont pas appris à leurs enfants à parler le pied-noir ou le cri, ajoute-t-il.

Dorénavant, ils peuvent apprendre à prier en écoutant les aînés prier dans leur langue maternelle. Ils peuvent aussi comprendre les cérémonies et les rituels, indique Pablo Russel.

La responsable des services culturels du centre Miskanawah, Damitra Smokeyday, a déclaré qu'à mesure que les aînés vieillissent, il est plus important de s'assurer que leurs savoirs et leurs connaissances linguistiques soient transmis.

La préservation et la promotion de ces langues autochtones font partie des priorités nationales établies par la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Un des 94 appels à l'action stipule que les langues autochtones sont un élément fondamental et précieux de la culture et de la société canadiennes et qu'il est urgent de les préserver, affirme Damitra Smokeyday. Il est très important que nous retrouvions ce qui nous a été enlevé, poursuit-elle.

Le bâtiment de l'association culturelle Miskanawah à Calgary.

L'association culturelle Miskanawah offre ses cours de langue crie et pied-noir à son établissement de Sunridge à Calgary.

Photo : Jo Horwood

Une langue qui vient du cœur

Outre la langue elle-même, les participants pourront se familiariser avec les us et coutumes autochtones dans ces classes.

Les temps ont changé, affirme l'aîné Pablo Russel. Les Autochtones peuvent désormais être fiers de leur héritage et apprendre les langues qui leur permettront de comprendre les rituels et les prières autochtones ainsi que de communiquer avec d'autres locuteurs, selon lui.

Pablo Russel affirme être fier et heureux de partager la langue avec laquelle il a grandi. Quand on parle sa propre langue, ça vient du cœur, vous savez. [C'est une] façon plus honnête de parler. Quand on parle une langue étrangère comme l'anglais, ça vient de la tête, explique-t-il.

Avec les information de Jo Horwood

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