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Les Communes pourraient bientôt adopter une loi pour étudier le racisme environnemental

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Des manifestants en soutien aux chefs héréditaires des Wet'suwet'en défilent au centre-ville de Vancouver, en Colombie-Britannique, le mercredi 12 février 2020.

Photo : ben nelms/cbc / Ben Nelms

Radio-Canada

La Chambre des communes pourrait bientôt adopter la toute première loi canadienne sur le racisme environnemental, soit une réglementation sur les dangers environnementaux qui touchent de façon disproportionnée les communautés autochtones, noires et autres communautés racisées.

Le projet de loi C-226 fait l'objet d'un vote ce mercredi, dans le cadre d'une deuxième lecture à la Chambre des communes.

S’il est adopté, le projet de loi C-226 exigerait du Parlement qu'il élabore une stratégie nationale pour recueillir des renseignements sur les risques environnementaux dans les communautés noires, autochtones et racisées. Il devra également s'attaquer à leurs répercussions.

J'ai vraiment l'espoir que le gouvernement s'attaque enfin à la question du racisme et de l'injustice en matière d'environnement, explique l'une des partisanes du projet de loi en Nouvelle-Écosse, Lynn Jones.

Également membre de la communauté africaine en Nouvelle-Écosse, Mme Jones raconte avoir elle-même ressenti les effets de cette situation en grandissant sur les rives de la baie de Cobequid.

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La contamination au mercure de la Première Nation de Grassy Narrows est un exemple de dégradation environnementale touchant de façon disproportionnée une communauté racisée.

Photo : CBC/Jody Porter / Jody Porter

Elle dit que sa communauté et d'autres communautés noires de la province étaient isolées en périphérie de Truro, en Nouvelle-Écosse. Les gouvernements y ont installé des décharges et ont ignoré les inondations dans la région pendant des années, dénonce-t-elle.

En vivant en périphérie, on a souvent les pires conditions. On n'a pas souvent accès aux commodités dont disposent les autres habitants de la ville, explique-t-elle.

Des communautés de Premières Nations et de Métis se plaignent depuis des années d'être laissées à elles-mêmes pour faire face aux menaces environnementales. En Nouvelle-Écosse, par exemple, elles dénoncent le rejet des effluents des usines de pâtes de papiers dans le port près de la Première nation de Pictou Landing. En Ontario, la contamination au mercure dans la Première Nation de Grassy Narrows est également pointée du doigt.

Bon nombre de communautés ont exprimé des inquiétudes quant aux effets de la dégradation de l'environnement sur la santé, comme le développement d'asthme, de cancers et de handicaps congénitaux.

Dans son livre sur le racisme environnemental, Ingrid Waldron, professeure de sciences humaines à l'Université McMaster à Hamilton en Ontario, demande aux décideurs de considérer le racisme environnemental comme une forme de violence raciale sanctionnée par l'État et semblable à de la brutalité policière.

Il y a une sorte d'idéologie raciste qui s'inscrit dans une politique environnementale où nous avons tendance à [exclure] les personnes qui, selon nous, n'ont pas le plus de valeur dans ce monde, précise-t-elle.

Convaincre les partis de l'opposition

Pour la députée verte Elizabeth May, qui a présenté le projet de loi C-226 en tant que projet de loi d'initiative parlementaire, il n'y a pas de zone grise entre la violence que subissent les communautés racisées lors de leurs rencontres avec la police et les effets négatifs du racisme environnemental.

Le projet de loi C-226 pourrait être adopté par la Chambre des communes avec l'appui des libéraux, du NPD et du Parti vert. Ces partis espèrent qu'il pourra être adopté rapidement par consentement unanime et qu'il pourra contourner plusieurs obstacles procéduraux.

Toutefois, cela est peu probable sans l'appui des deux autres partis de l'opposition.

Les conservateurs s'opposent au projet de loi. Ils affirment que cette loi pourrait compliquer l'approbation des projets de ressources, comme l'exploitation des sables bitumineux en Alberta, qui ont tendance à être exploités à proximité des communautés autochtones.

Nous avons déjà un environnement réglementaire compliqué lorsque nous développons des projets dans ce pays, a déclaré le porte-parole conservateur en matière d'environnement, Kyle Seeback, lors de l'un des débats sur le projet de loi à la Chambre en avril.

Le Bloc québécois, pour sa part, dit craindre que le projet de loi n'empiète sur la souveraineté du Québec, puisque l'environnement est généralement un domaine de compétence provinciale et territoriale.

Nous sommes convaincus qu'il serait incohérent de prétendre lutter pour la justice environnementale au niveau fédéral tout en omettant de plaider pour la défense de la souveraineté environnementale du Québec, a soutenu Monique Pauzé, porte-parole du Bloc québécois en matière d'environnement, lors de ce même débat.

Les Blancs veulent toujours que l'on retire le mot racisme

L'ancienne députée de la Nouvelle-Écosse Lenore Zann a tenté de faire adopter un projet de loi similaire à l'Assemblée législative de sa province lorsqu'elle était représentante provinciale. Le même projet de loi est mort au dernier Parlement avant que Lenore Zann perde son siège lors des élections fédérales de 2021.

Mme Zann estime qu'elle et ses alliés auraient peut-être réussi à faire adopter le projet de loi s'il n'avait pas comporté le mot racisme.

Les Blancs veulent toujours que l'on retire le mot racisme, croit Mme Zann. C'est comme si ça les rendait nerveux.

Ils ne veulent pas admettre que ça existe, poursuit-elle. Et moi je dis, non, c'est tout l'intérêt de ce projet de loi.

Avec les informations de David Thurton

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