63 000 personnes attendent un médecin de famille au Nouveau-Brunswick

63 000 personnes n'ont pas de médecin de famille au Nouveau-Brunswick.
Photo : iStock
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick confirme que 63 000 personnes sont inscrites sur la liste d’Accès patient NB.
Au mois de février, la liste comportait 55 000 noms de personnes en attente d’un médecin de famille. Mais depuis, 11 000 nouveaux noms se sont ajoutés à la liste. Le gouvernement dit que ces nouvelles inscriptions sont liées à la publicité, ainsi qu’aux nouveaux arrivants dans la province.
Comme 3 000 personnes ont depuis obtenu un médecin de famille, ou une infirmière praticienne, la liste compte maintenant 63 000 personnes.
Un des plus grands défis en santé
Cette question est l’une des plus préoccupantes dans la province, selon Gérald Richard, co-président du Groupe de travail sur la mise en œuvre du plan de la santé du Nouveau-Brunswick.
La question d’accès est un grand défi, je pense que les gens, quand on parle d’accès, on parle d’accès à un médecin de famille, on parle d’accès à un pratiquant des soins de santé primaire, c’est probablement le plus grand défi, c’est ce qu’on entend le plus
, rapporte-t-il.

Gérald Richard, coprésident du Comité de mise en œuvre de la réforme de la santé, présente un rapport d'étape.
Photo : CBC
Les solutions ne sont pas simples, mais selon Gérald Richard, une des premières est le recrutement. À ce niveau, il explique que de plus en plus de partenaires sont impliqués. On commence à travailler avec le ministère de l’Éducation postsecondaire Formation et Travail, on les connecte avec les communautés, donc on fait pas juste de faire Vitalité ou Horizon directement à faire du recrutement, on travaille avec la municipalité, et on est en train d’établir des processus pour l’améliorer, le recrutement et la rétention
, explique-t-il.
Gérald Richard cite aussi en exemple des cliniques de santé communautaire, où des médecins de famille travaillent en collaboration avec d’autres professionnels de la santé. Dans certaines de ces cliniques, dit-il, les patients peuvent être vus dans les 24 ou 48 heures.
Si on regarde ce qui se passe à Oromocto, ce qui se passe à Bathurst, avec des modèles, je pense qu’on est capables de travailler là-dessus et même bonifier ce qui va déjà bien. Ça, ça ne se fait pas partout dans la province, ça on a réalisé ça, c’est dans des petites pochettes un peu disparates
, remarque Gérald Richard.

Au Nouveau-Brunswick, 20,000 personnes de plus que l'an dernier sont sur la liste d'attente pour un médecin de famille. Plan rapproché des mains d'un docteur qui utilise un sphygmomanomètre pour mesurer la pression d'artérielle.
Photo : Reuters / Gabriella N. Baez
Le mois prochain, le Groupe de travail sur la mise en œuvre du plan de la santé devrait publier des cibles précises en ce qui concerne la liste d’attente pour un médecin de famille. Ces cibles seront affichées sur un site web, et elles devraient être mises à jour régulièrement, question de pouvoir suivre l’évolution de cette liste d’attente.
On va avoir des mesures qui vont déterminer des cibles, qui vont être capables de voir, pour voir si on progresse dans la bonne direction ou non. Si on est à environ 60,000 personnes au Nouveau-Brunswick qui n’ont pas de médecin de famille à ce moment-ci, d’ici un tel temps vous allez voir le progrès ou non, j’espère que ça va être du progrès
, dit Gérald Richard.
L’opposition s’inquiète du manque de médecins de famille
Le député libéral Jean-Claude D’Amours s’inquiète de constater que 63 000 personnes au Nouveau-Brunswick sont en attente d’un médecin de famille, alors que l’an dernier on parlait de 40 000 personnes.
Le chiffre est énorme, est dramatique, lorsqu’on regarde ces chiffres-là puis on se dit, comment on va faire pour s’en sortir, parce qu’il y a beaucoup plus de gens qui vont sortir du système de santé à la retraite prochainement, que de gens qui vont entrer dans le système de santé.

Le député libéral Jean-Claude D'Amours croit que le Nouveau-Brunswick devrait augmenter les salaires des professionnels en santé, afin de faire concurrence aux autres provinces.
Photo : CBC
Selon lui, pour répondre aux besoins de ces dizaines de milliers de Néo-Brunswickois, la province a besoin d’un plus grand nombre de professionnels de la santé. Pour arriver à recruter et à retenir ces professionnels, estime-t-il, Fredericton devra se résoudre à offrir des conditions de travail compétitives avec les autres provinces.
Il faut comprendre pour quelle raison nos professionnels de la santé quittent le réseau, non pas pour la retraite, mais pour aller travailler dans d’autres provinces. Le premier ministre a toujours eu un problème à s’assurer que nos professionnels de la santé puissent être rémunérés adéquatement, à un moment donné, on est dans un monde où est-ce qu’il y a de la compétition, si on veut être en mesure de pouvoir apporter davantage de ressources dans notre province et dans les différents réseaux de la santé, mais va falloir agir
, lance-t-il.
Le Parti vert estime qu'il faut former plus de professionnels de la santé
L'augmentation de plus de 40 % en un an du nombre de personnes sur la liste d'attente pour un médecin de famille inquiète Megan Mitton, députée du Parti vert de Memramcook-Tantramar.
C’est absolument inacceptable que les chiffres augmentent comme ça, les gens ont besoin d’avoir accès aux soins primaires, et c’est important pour alléger la pression sur les salles d’urgence, par exemple, mais aussi pour les soins de santé, pour la santé du peuple, pour la prévention, pour avoir accès à quelqu’un quand on est malade
, insiste-t-elle.

La députée de Memramcook-Tantramar du Parti Vert, Megan Mitton, demande au gouvernement de prendre la situation au sérieux.
Photo : Radio-Canada
Selon la députée du Parti vert, le gouvernement devrait inciter plus de jeunes à se tourner vers les différentes professions en santé, question de répondre au besoin croissant de médecins et d'infirmières. Il faut avoir une stratégie à moyen et long terme pour créer d’autres infirmières, médecins, parce que je ne pense pas que nous pouvons aller trouver des autres, oui il faut payer assez, oui il faut avoir des conditions de travail, et il faut avoir plus de gens qui peuvent même faire ça
, soutient-elle.
Au-delà de promesses vagues, Megan Mitton se demande si le gouvernement Higgs prend véritablement la situation au sérieux. Il faut avoir un sens d’urgence, et voir des actions concrètes, et voir que le gouvernement Higgs prend ça au sérieux
, lance-t-elle.
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Nous avons tenté d'obtenir une entrevue avec la ministre de la Santé, Dorothy Shephard, mais en vain. Son personnel nous a fait parvenir un bref message par courriel, où une seule phrase touche à cette question de l'augmentation de 20 000 personnes sur la liste d'attente pour un médecin de famille. La ministre dit simplement que l'augmentation du nombre de personnes sur cette liste est liée à l'augmentation de la population.

