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Zelensky appelle les étudiants ukrainiens au Canada à rentrer au pays après la guerre

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Le président Zelensky s'est entretenu avec des étudiants universitaires canadiens mercredi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

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L'Ukraine aura besoin de toutes ses forces vives une fois que la guerre contre la Russie sera terminée, a rappelé mercredi le président Volodymyr Zelensky, qui a invité les étudiants ukrainiens à l'étranger, y compris ceux qui se trouvent au Canada, à revenir au pays lorsque la situation sur le terrain le permettra.

M. Zelensky a lancé cette invitation directement aux étudiants ukrainiens au Canada lors d'une téléconférence à laquelle plusieurs universités du pays participaient, mercredi matin, en Ontario, au Québec, dans les Prairies et dans les Maritimes.

[Sécuriser la situation sur le terrain], c'est la plus grande mesure préalable que nous puissions mettre en place pour les générations futures, mais sans vous, sans les jeunes, qui accumulez cette expérience à l'étranger, [la reconstruction de l'Ukraine] sera très compliquée à concrétiser et le processus sera très lent, a-t-il déclaré.

« Revenez avec les connaissances de pointe et avec la volonté de vivre et de construire une Ukraine indépendante. Nous sommes ici pour cela. »

— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Pour l'instant, toutefois, il est encore trop tôt pour accueillir les étudiants ukrainiens qui sont à l'étranger et qui souhaiteraient revenir immédiatement au pays. L'Ukraine, a-t-il expliqué, est submergée par la guerre et n'a pas de temps pour la bureaucratie.

Notre     dossier Guerre en Ukraine

Pour l'instant, le président Zelensky croit que les étudiants canadiens devraient faire pression sur leurs élus pour qu’ils soutiennent davantage son pays dans sa lutte contre l’invasion russe.

L'Ukraine, a-t-il expliqué, a besoin de plus d’armes, de soutien financier, d’aide humanitaire et de sanctions permanentes contre Moscou.

Avec vos actions, s’il vous plaît, ne permettez à personne, quelque part dans la hiérarchie des couloirs bureaucratiques, d’oublier ce qui se passe en Ukraine, d’oublier la guerre. S’il vous plaît.

Le président ukrainien a suggéré aux étudiants de contribuer à leur façon en participant à des rassemblements, en s’exprimant sur les médias sociaux et en communiquant avec leurs amis pour rappeler aux gens les tragédies qui se produisent en Ukraine, près de quatre mois après le début de l’invasion du pays par la Russie.

Un appel entendu

Volodymyr Zelensky s'adressait mercredi aux étudiants universitaires canadiens dans le cadre d'une téléconférence organisée par l’École Munk des affaires internationales et politiques publiques de l’Université de Toronto.

Dix autres universités du pays participaient également à l'événement, et certains de leurs étudiants ont pu poser des questions directement au président ukrainien.

À l'Université de Montréal, où Radio-Canada s'était rendue mercredi, de nombreux étudiants ukrainiens ont assisté à la téléconférence, dont Maryna Khrennikova, émue en voyant le président Zelensky apparaître à l'écran.

Quand j'ai entendu la langue ukrainienne et quand j'ai vu notre président... c'était très impressionnant, a-t-elle confié après l'événement. Quand, par exemple, le président rappelle que la guerre a commencé le 24 février, pour les autres étudiants, c'est seulement une date, mais pour nous, c'est très différent.

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Maryna Khrennikova a versé quelques larmes au tout début de l'événement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Maryna espère pouvoir revenir en Ukraine lorsque la guerre sera terminée, mais pas nécessairement pour toujours.

La jeune femme, qui vient tout juste d'accéder à la majorité, se voit plutôt fonder une famille avec un homme d'une autre nationalité que la sienne – pas un Ukrainien – et élever des enfants polyglottes, en Ukraine ou dans un autre pays.

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Des étudiants ont tenu à immortaliser leur télérencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, mercredi, à l'Université de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des étudiantes comme Maryna, l'Université de Montréal en a accueilli 10 depuis le début de la guerre en mettant rapidement sur pied un programme d'échange avec l'Université nationale de Kharkiv, la deuxième ville ukrainienne en importance. Et leur présence en sol québécois durera le temps qu'il faudra.

Il n'y avait pas beaucoup de programmes d'échange en Ukraine avant ce cadre-là, explique le recteur Daniel Jutras. Or, c'est un véhicule par lequel on peut [accueillir les étudiants] très, très rapidement, poursuit-il. Autrement, ce sont des processus beaucoup plus complexes de mobilité internationale.

Le recteur confirme par ailleurs que, trois mois après la controverse, le professeur d'histoire Michael J. Carley, dont les propos pro-Poutine exprimés sur Twitter ont causé un malaise à l'université, n'a jamais été sanctionné ou suspendu en raison de ses opinions, qui relèvent, selon la direction, de la liberté d'enseignement.

M. Carley n'enseignait pas à la session d'hiver, et il était encore top tôt mercredi pour dire s'il le ferait de nouveau cet automne, a indiqué M. Jutras.

L'aide financière canadienne arrive à bon port, assure Freeland

Le président Zelensky s’était déjà exprimé devant le Parlement canadien le 15 mars dernier, au tout début de l’invasion russe.

Mercredi, il a été présenté par la vice-première ministre et ministre des Finances du Canada, Chrystia Freeland, dont la famille maternelle est d'origine ukrainienne.

Cette figure influente du gouvernement Trudeau a rappelé qu'Ottawa s'était engagé à verser 1,87 milliard de dollars en aide financière à Kiev, dont 1,5 milliard a déjà été versé. C’est plus que ce que tout autre pays a réussi à envoyer sur le compte bancaire du gouvernement ukrainien, a-t-elle souligné.

« Aussi longtemps qu'il le faudra, le Canada sera là pour l'Ukraine. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, vice-première ministre et ministre des Finances du Canada

Pendant ce temps, les combats se poursuivent sur le terrain. L’armée russe a conquis mardi un village clé au sud de Lyssytchansk, dans l'est de l'Ukraine, et une raffinerie de pétrole du sud-ouest de la Russie a été attaquée mercredi par des drones en provenance du territoire ukrainien.

Avec les informations de La Presse canadienne

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