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Accusations d’agressions sexuelles contre Arthur Massé : une présumée victime témoigne

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Victoria McIntosh, 63 ans, tient la veste qu'elle portait lors de son premier jour d'école au pensionnat de Fort Alexander. Elle y aurait subi des agressions sexuelles de la part d'Arthur Massé, récemment arrêté par la GRC.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Radio-Canada

À 63 ans, Victoria McIntosh affirme avoir été victime d’agressions sexuelles quand elle fréquentait le pensionnat pour Autochtones de Fort Alexander au Manitoba. Elle s’exprime pour la première fois publiquement sur ce que lui aurait fait subir le prêtre à la retraite Arthur Massé, arrêté par la Gendarmerie royale du Canada la semaine dernière.

Victoria McIntosh ne voulait plus vivre avec la culpabilité liée à ce lourd secret. Elle avait été contactée par la GRC en 2013 pour une enquête sur de possibles agressions sexuelles subies au pensionnat de Fort Alexander, dans la Première Nation de Sagkeeng, dans l'est du Manitoba.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) affirme que les agressions ont eu lieu entre 1968 et 1970. La GRC n'a pas identifié la victime présumée, mais Victoria McIntosh affirme qu'il s'agit d'elle.

À ce jour, aucune allégation ou accusation portée contre Arthur Massé n'a été prouvée devant un tribunal.

Des traumatismes qui hantent

Victoria McIntosh s'est efforcée d’oublier le visage de celui qui l'aurait agressée sexuellement alors qu’elle n’avait que 10 ans.

« En vieillissant, j'ai simplement mis cette affaire de côté. Je ne voulais pas y penser. Ni à toutes les choses dont j’ai été témoin à l’époque. Je me sentais coupable. »

— Une citation de  Victoria McIntosh

Elle dit qu'elle se souvient qu'Arthur Massé attendait toujours à l'extérieur des toilettes des filles, l'un des endroits de l'école où elle affirme avoir été agressée.

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C'est la veste que Victoria McIntosh portait le premier jour de son séjour au pensionnat de Fort Alexander. On la voit ici avec son livre d'enfance préféré.

Photo : Radio-Canada / Warren Kay

Victoria McIntosh dit que lorsqu'elle était enfant, elle ne comprenait pas pourquoi elle avait subi ces agressions sexuelles, surtout de la part d'un prêtre. Je me disais : il parle au nom de Dieu et je devrais me taire. À l'âge de 12 ans, sa famille s'est installée à Red Lake, en Ontario, mais son séjour au pensionnat de Fort Alexander a continué de la hanter.

Pendant son adolescence, Victoria McIntosh dit avoir eu des tendances suicidaires et s'être éloignée de son entourage. Elle a développé des troubles alimentaires et a commencé à s'automutiler.

Après avoir porté le fardeau de son secret pendant des décennies, le fait de parler et de s’exprimer sur ce qu'elle a vécu est un moyen pour Victoria McIntosh de s’en libérer.

Elle espère que les autres membres de la Première Nation de Sagkeeng pourront commencer à guérir, tout comme elle.

Des allégations qui se multiplient

Une autre survivante des pensionnats a communiqué avec la GRC après avoir entendu parler de l'accusation portée contre Arthur Massé. Elle allègue avoir aussi été agressée par le prêtre dans les toilettes des filles de Fort Alexander.

Depuis l'annonce de la semaine dernière, la GRC affirme que d'autres personnes se sont manifestées et ont fait de nouvelles allégations d'agressions.

La GRC affirme que des allégations d'agressions sexuelles à l'école ont été portées à son attention pour la première fois en 2010. L’enquête criminelle a été lancée un an plus tard et a duré 10 ans.

Selon la GRC, plus de 80 agents ont participé à l'enquête. Ils ont communiqué avec près de 700 personnes et recueilli 75 déclarations de témoins et de victimes.

La police a arrêté Arthur Massé à son domicile à Winnipeg la semaine dernière pour attentat à la pudeur sur une enfant de 10 ans au moment des faits. L'ancien prêtre, âgé de 92 ans, a été libéré sous conditions et comparaîtra en cour à Powerview, au Manitoba, le 20 juillet 2022.

Avec les informations de Stephanie Cram

Ligne bilingue d'appui pour les survivants des pensionnats pour Autochtones : 1 866 925-4419

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