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Québec épaulera les pêcheurs pélagiques en attendant l’aide d’Ottawa

Le ministre québécois photographié debout avec des pêcheurs pélagiques assis derrière une table.

Le ministre québécois des Pêcheries, André Lamontagne, s'est entretenu avec une dizaine de pêcheurs pélagiques durant environ 40 minutes lundi en fin d'après-midi à Paspébiac.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Même si Québec n’a pas l’intention de délier les cordons de sa bourse, le ministre québécois des Pêcheries entend intervenir auprès du gouvernement fédéral pour qu’il verse des compensations financières aux pêcheurs de harengs et maquereaux.

Le ministre André Lamontagne a profité de son passage en Gaspésie pour s'entretenir avec une dizaine de pêcheurs de harengs et de maquereaux lundi en fin de journée, à Paspébiac.

Plusieurs d’entre eux font face à une fin imminente de leur prestation d’assurance-emploi, après qu'Ottawa eut suspendu sans préavis la pêche au hareng de printemps et au maquereau le 30 mars,  soit deux jours avant le début de la saison.

Selon le ministre, c’est à Ottawa que revient la responsabilité de dédommager les pêcheurs pour les pertes de revenus encourues sans préavis. Le gouvernement fédéral a l’obligation d’agir en bon père de famille, croit André Lamontagne.

Normalement, c’est quelque chose qui aurait dû être réfléchi avant et, en même temps qu’on annonce la fin de la pêche, [Ottawa aurait dû] indiquer comment on accompagne ces gens-là. Nous, on s’assure de documenter ça et de venir en soutien aux pêcheurs pélagiques pour que, ultimement, le gouvernement fédéral arrive avec une réparation.

Selon M. Lamontagne, des démarches en ce sens seraient déjà entamées à Ottawa.

« Ce qu’on renvoie comme message, c’est qu’il y a un travail qui se fait du côté fédéral pour arriver avec un soutien pour les pêcheurs. »

— Une citation de  André Lamontagne, ministre québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Aux dires du ministre québécois, cette aide arriverait possiblement au cours des mois à venir.

À court terme, bien qu’il affirme ne pas vraiment [avoir] le pouvoir d’octroyer une aide d’urgence, André Lamontagne entend tout de même appuyer les pêcheurs afin qu'ils évitent de se retrouver sans assurance-emploi.

André Lamontagne photographié durant une entrevue.

C'est la deuxième fois en huit jours que les membres du Regroupement des pêcheurs pélagiques du sud de la Gaspésie reçoivent la visite de politiciens. Dimanche dernier, une délégation péquiste, dont le chef du Parti québécois, était allée à la rencontre des membres à Newport.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L'équipe du ministre Lamontagne a demandé au Regroupement des pêcheurs pélagiques professionnels du sud de la Gaspésie de lui transmettre des informations sur les pêcheurs qui se retrouvent en situation de précarité financière afin de voir s’ils peuvent se qualifier pour certaines formations ou certains programmes offerts par Québec.

La possibilité de travailler avec Ottawa pour voir si une prolongation exceptionnelle des prestations d’assurance-emploi est possible a aussi été abordée.

Des pêcheurs assis autour d'une table avec le ministre André Lamontagne qui serre des mains à l'arrière.

Selon le président du Regroupement des pêcheurs pélagiques professionnels du sud de la Gaspésie, une quinzaine de pêcheurs tiraient la majorité de leurs revenus de la pêche au hareng et au maquereau.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Une visite appréciée

Au terme de la rencontre, le président du Regroupement des pêcheurs pélagiques professionnels, Ghislain Collin a salué la très belle écoute du ministre .

Il entend collaborer avec Québec pour éviter que certains pêcheurs se retrouvent sans revenus dans les prochains jours.

On va donner la liste des pêcheurs qui font face au trou noir, ceux qui la semaine prochaine n’ont plus d’argent, explique M. Collin. Ils ont besoin d’aide de façon imminente. Ce sont les pêcheurs les plus âgés du regroupement, ils ne peuvent pas se placer sur d’autres bateaux de pêche. La priorité, c’est de s’occuper d’eux.

Ghislain Collin, en entrevue avec Radio-Canada.

En plus d'être lui-même pêcheur, Ghislain Collin est président du Regroupement des pêcheurs pélagiques professionnels du sud de la Gaspésie (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

M. Collin s’est aussi montré encouragé par une éventuelle aide fédérale, même si cela ne règle en rien les problèmes de précarité financière de certains pêcheurs à court terme. D’ici à ce temps-là, on est dans l’incertitude et on ne sait pas encore vers quoi on s’en va, admet-il.

Une députée fédérale absente

Ghislain Collin a également dénoncé le mutisme de la députée fédérale dans le dossier, Diane Lebouthillier.

Mme Lebouthillier dit que c’est inacceptable côté pêche, mais les pêcheurs font face au trou noir et ça, c’est le département de Mme Lebouthillier. Mais Mme Lebouthillier est inexistante, elle n’est pas là et elle nous dit que ça ne la regarde pas et que ce n’est pas elle qui doit s’occuper de ça, déplore-t-il.

La ministre du Revenu, Diane Lebouthillier

Les pêcheurs pélagiques déplorent le manque de soutien de leur députée fédérale régionale, Diane Lebouthillier (photo d'archives).

Photo : Radio-Canada

Depuis le début du mois de juin, Radio-Canada a fait deux demandes d'entrevue auprès de Diane Lebouthillier sur le sujet.

Son équipe a toutefois indiqué que la députée ne compte pas accorder d'entrevue à ce propos avant la semaine du 27 juin.

Son attaché politique explique ce refus par une session parlementaire très occupée à Ottawa et indique qu'elle sera davantage disponible lors de son retour dans la circonscription.

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