•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les ingénieurs de l’État québécois à nouveau en grève

Prise de vue en contre-plongée d’ingénieurs défilant sur la Grande Allée vêtus de vestes orange.

Des ingénieurs du gouvernement ont manifesté mardi devant les locaux du Secrétariat du Conseil du Trésor situé sur la Grande Allée, au centre-ville de Québec.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Les négociations sont encore une fois rompues entre le gouvernement du Québec et ses ingénieurs, qui ont déclenché mardi leur troisième grève générale illimitée en moins de deux mois. Les pourparlers continuent d’achopper sur les hausses salariales.

Pour favoriser la rétention des ingénieurs d’expérience, la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, offre de faire passer leur rémunération, à l’échelon supérieur, de 95 900 $ à 125 000 $ par année. Cela représente une augmentation de 30 %.

La proposition gouvernementale exige toutefois que les ingénieurs consentent à une semaine de 37,5 heures, au lieu d’un maximum de 35 heures.

Des ingénieurs vêtus de vestes orange manifestent sur la Grande Allée, en été. L'un d'eux brandit une affiche syndicale.

Les ingénieurs de l'État ont tenu 26 journées de grève non consécutives au cours des deux derniers mois.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Les hausses offertes aux nouveaux venus dans la profession sont plus modestes. Sonia LeBel suggère de faire progresser le premier échelon salarial de 54 000 $ à 62 000 $.

Aucune garantie

Selon l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), les bonifications proposées ne toucheraient réellement que 20 % de ses membres. De plus, les hausses pourraient ne pas être reconduites après la première année, si l’on en croit le président de l’APIGQ, Marc-André Martin.

C'est des augmentations [pour lesquelles],  après un an, on n'a plus aucune garantie si les gens ne vont pas rebaisser de 15 % de salaire. Ils ne nous donnent aucune garantie là-dessus, indique-t-il en entrevue à Radio-Canada.

Marc-André Martin accorde une entrevue à l'extérieur, en été, en marge d'une manifestation d'ingénieurs sur la Grande Allée, à Québec.

Marc-André Martin reproche au gouvernement de faire preuve d’acharnement à l’égard des demandes salariales de ses membres.

Photo : Radio-Canada

L’APIGQ demande une meilleure répartition des augmentations offertes à ses membres. Elle est même prête à consentir à une bonification moindre de l’échelon supérieur.

Ainsi, au dernier échelon, plutôt que le 125 000 $ énoncé publiquement par Mme Sonia Lebel, l'Association demande 116 000 $. En somme, cela représente des augmentations de 8 % pour les plus jeunes et jusqu'à 21 % pour les ingénieurs les plus qualifiés présentant des critères d'expertise précis, précise le syndicat dans un communiqué publié mardi.

Manque d'écoute

Marc-André Martin reproche au gouvernement de faire la sourde oreille aux demandes de ses 1800 membres. Il rappelle que les ingénieurs civils du gouvernement du Québec sont les moins payés en province.

Présentement, la manière qu'on vit ça, c'est que c'est de l'acharnement du Conseil du Trésor, ils s'acharnent à ne pas vouloir nous régler. On ne comprend pas pourquoi. Les gens sont en colère. Ils veulent retourner travailler, insiste le chef syndical.

« On ne fait pas la grève par plaisir [ni] par choix. On se fait mettre en grève parce qu’il n’y a pas d'écoute de l'autre côté au niveau salarial. »

— Une citation de  Marc-André Martin, président, Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec

De son côté, Sonia LeBel, a rappelé que son gouvernement avait soumis dix offres aux ingénieurs depuis le début des négociations, dont quatre dans les deux derniers mois. Ces propositions, a-t-elle souligné, valorisent l’expertise de ce corps de métier.

Sonia LeBel s'adresse aux journalistes lors d'une conférence de presse.

L'APIGQ demande à Sonia LeBel (photo) de mieux répartir les augmentations salariales proposées aux ingénieurs. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La ministre LeBel accuse les ingénieurs de prendre les infrastructures du Québec en otage faisant traîner en longueur les pourparlers.

Présentement, la position des ingénieurs, c’est d’attendre, d’attendre, d’attendre, d’attendre. Puis un jour, ils vont nous dire : "ah, ça fonctionne." Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, une négociation, a-t-elle lancé.

Impacts inévitables

Sonia LeBel mentionne que la grève des ingénieurs va entraîner inévitablement des retards sur près de 300 chantiers routiers au Québec.

En incluant celle de mardi, les ingénieurs ont observé 26 journées de grève non consécutives depuis le 22 avril.

Aucune nouvelle rencontre n’est prévue entre le syndicat et la partie patronale. Marc-André Martin précise toutefois que les téléphones des représentants syndicaux sont toujours ouverts.

Avec la collaboration de Colin Côté-Paulette

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !