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COVID-19 : des interrogations sur de possibles liens avec la hausse des cas de diabète

Un flacon d'insuline et une seringue.

Les conclusions d'une étude américaine révèlent que les personnes ayant reçu un résultat positif à la COVID-19 étaient 40 % plus susceptibles de développer un nouveau diabète.

Photo : Santé Innovations

Radio-Canada

Plusieurs médecins constatent une augmentation des cas de diabète et de la sévérité de la maladie pour ceux qui en souffrent déjà dans le sillage de la COVID-19. Ils s’interrogent en conséquence sur une éventuelle relation de cause à effet entre la pandémie et cette maladie métabolique.

En Alberta, médecins et infirmières s’emploient à comprendre la relation possible entre la COVID-19 et le diabète.

À la clinique Siksika Health Services, Jacey Solway surveille de près ses patients diabétiques. Ceux-ci ont commencé à se présenter en plus grand nombre depuis que la province a annoncé l'assouplissement des mesures sanitaires en début d’année.

« Les deux dernières années ont été très difficiles », souligne l’infirmière de gestion de maladie chronique. Du fait notamment de la pandémie qui a exacerbé la pression sur les hôpitaux, la clinique où elle exerce n’a pas pu offrir à ses patients diabétiques les soins médicaux réguliers et continus dont ils ont besoin.

Jacey Solway constate à présent que certains ont besoin de plus de médicaments, tandis que d'autres essaient tout simplement de reprendre le contrôle de leur maladie. Une situation que la clinique surveille de près autant que toute augmentation potentielle de nouveaux diagnostics, dit-elle.

Hausse des cas

Spécialiste du diabète et professeure à la Cumming School of Medicine de l'Université de Calgary, Doreen Rabi relève elle aussi des tendances nettes dans sa clinique de Calgary, plus de deux ans depuis le début de la pandémie.

« Nous constatons de plus en plus de nouveaux cas de diabète, au moment où nous devons nécessairement augmenter le traitement dont bénéficient les personnes déjà malades de diabète. »

— Une citation de  Dre Doreen Rabi, endocrinologue
La Dre Doreen Rabi, endocrinologue.

La Dre Doreen Rabi croit que le fait « que la COVID-19 puisse éventuellement altérer la capacité d'une personne à fabriquer de l'insuline» ne saurait suffire à expliquer la raison pour laquelle des personnes ayant été positives à la COVID-19 se trouvent plus exposées au diabète.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Lee

La Dre Neeja Bakshi, spécialiste en médecine interne à Edmonton, observe également une augmentation du nombre de patients souffrant de troubles métaboliques, notamment un diabète nouvellement diagnostiqué ou qui s'aggrave, ainsi que de l'hypertension et un taux de cholestérol élevé.

Les facteurs connus pour augmenter le risque de diabète, notamment le chômage, la pauvreté, l'insécurité alimentaire et l'isolement, ont été très présents pendant la pandémie. Il s’y ajoute les reports ou les retards d'accès aux soins. L’effet combiné de ces facteurs joue probablement un rôle clé dans la hausse des cas, croit Doreen Rabi.

La Dre Neeja Bakshi relève pour sa part le fait que les gens subissent souvent des changements importants dans leur vie lorsqu'ils reçoivent un test positif à la COVID-19. Elle cite à cet égard une baisse de l'activité physique et des changements de régime alimentaire.

Risque accru et cause mystérieuse

D’autres observations préoccupent également les spécialistes. Selon la Dre Rabi, ils ont constaté que les patients qui ont reçu un test positif au dépistage à la COVID-19 présentaient plus de risques de contracter le diabète ainsi qu’un risque accru d'aggravation de la maladie.

La Dre Rabi cite à cet égard une étude américaine qui a examiné les dossiers médicaux d’anciens combattants. Les conclusions de l’étude ont révélé que les personnes ayant été reçu un résultat positif à un test de dépistage de la COVID étaient 40 % plus susceptibles de développer un diabète.

Ce domaine de recherche présente toutefois de nombreux inconnus compte tenu du fait qu’il est tout récent. Le mystère entourant les causes probables de cette situation reste donc entier.

« Bien que la COVID-19 puisse éventuellement altérer la capacité d'une personne à fabriquer de l'insuline, ce n'est probablement pas le principal moteur du nouveau diabète », déclare la Dre Rabi à ce propos.

Dans un effort pour mieux comprendre la relation entre la COVID-19 et les maladies chroniques comme le diabète, la Dre Bakshi inclut désormais des questions sur les infections au SRAS-CoV-2 quand elle dresse le profil médical de ses patients.

La Dre Neeja Bakshi.

Spécialiste en médecine interne à Edmonton, la Dre Neeja Bakshi observe une augmentation du nombre de diabétiques dans le sillage de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

En médecine, explique-t-elle, nous examinons toujours les facteurs de risque [comme par exemple] les antécédents familiaux, le mode de vie [du patient], la prédisposition génétique. Maintenant, je pense que nous devons demander au patient s’il a eu ou non la COVID-19.

Le chemin à parcourir avant de comprendre tous les impacts de la COVID-19 semble long, car le SRAS-CoV-2 est un « virus inflammatoire qui touche de nombreux systèmes de l'anatomie, et de nombreux organes », souligne la Dre Bakshi.

Avec les informations de Jennifer Lee

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