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La mort de Julie Boisvenu, un drame qui a fait bouger les choses à Sherbrooke

L'enquêteur Paulin Aubé dans le centre-ville.

L'enquêteur à la retraite Paulin Aubé était chargé du dossier de Julie Boisvenu.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Vingt ans plus tard, j'en ai encore des souvenirs. C'est gravé dans ma mémoire. Je ne pourrai jamais oublier ça. » En 34 ans de carrière, l'enquête sur le meurtre de Julie Boisvenu est celle qui a marqué le plus Paulin Aubé, celui qui a réussi à soutirer des aveux du meurtrier. Après toutes ces années, le policier à la retraite constate que ce drame a fait bouger beaucoup de choses.

Les caméras de surveillance du centre-ville, qui avaient privé les enquêteurs d'une preuve essentielle, fonctionnent par exemple maintenant en continu.

Une caméra sur un mur.

Les caméras de surveillance du centre-ville fonctionnent maintenant en continu.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Vingt ans plus tard, l'approche a changé. Avec la campagne de M. Boisvenu, on est plus conscientisés. Il faut appuyer davantage les victimes. C'est ça que ça a fait. On a tous fait des prises de conscience dans des moments difficiles. Ça a changé les choses. Ça sera toujours difficile pour les victimes, l'appareil judiciaire. Ce n'est pas parfait encore. Il n'y aura pas de solution miracle, mais ça s'est amélioré. Malheureusement, le décès de Julie Boisvenu y est pour quelque chose de majeur selon moi, soutient l'enquêteur, qui était chargé du dossier.

Une vague de changements

Paulin Aubin comprend les combats pour trouver l'équilibre entre les droits des criminels et ceux des victimes menés par la famille de Julie Boisvenu.

La jeune femme de 27 ans a été enlevée et tuée au hasard parce qu'elle s'est trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Sa famille est intervenue sur chaque front pour que les droits des victimes et de leurs proches soient améliorés.

Elle a également mené de nombreuses campagnes de prévention et de sécurité.

On faisait le tour des bars et on distribuait des pamphlets pour prévenir les jeunes filles au niveau de la drogue du viol. Également, on faisait de la prévention au niveau des chums, pour dire "surveillez les verres de vos blondes, ça ne va sûrement pas être vous qui allez mettre quelque chose dedans, mais un étranger pourrait passer." Ça a été fait sur une quinzaine d'années, et ça a donné de quoi, soutient Pierre-Hugues Boisvenu, le père de Julie Boisvenu.

Pierre-Hugues Boisvenu dans le centre-ville de Sherbrooke.

Pierre-Hugues Boisvenu, le père de Julie Boisvenu, a mené de nombreuses campagnes de prévention et de sécurité dans le centre-ville de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / Daniel Mailloux

Ces changements, le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) - Agression Estrie les constate aussi.

Quand on regarde dans les archives, dans les rapports annuels du CALACS, c'est vraiment ce qui a déclenché la prévention, l'ouverture de la population, l'ouverture des tenanciers de bars, du CHUS pour se mettre tous ensemble et faire cette prévention-là, souligne la porte-parole Kelly Laramée.

Elle prend la pose dans une ruelle de Sherbrooke.

Kelly Laramée, la porte-parole du CALACS - Agression Estrie.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

« C'est malheureux, mais cet événement-là a été un déclic au niveau de la prévention.  »

— Une citation de  Kelly Laramée, porte-parole du CALACS - Agression Estrie

Les commerçants du centre-ville ont également été témoins de ce mouvement. On a beaucoup sensibilisé le SPS [Service de police de Sherbrooke], qui est très présent au centre-ville, qui fait des tournées régulières, qui entre dans les commerces, dans les établissements licenciés les week-ends pour voir ce qui se passe, remarque la propriétaire du bar le Liverpool Annie Faucher.

Le stationnement étagé la Grenouillère, à Sherbrooke.

De nombreuses campagnes de prévention ont été organisées dans le centre-ville de Sherbrooke après le meurtre de Julie Boisvenu.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Une libération conditionnelle éventuelle dans cinq ans

Hugo Bernier, qui a été reconnu coupable du meurtre de Julie Boisvenu, sera admissible à une libération conditionnelle dans cinq ans. Pierre-Hugues Boisvenu promet de s’y opposer.

« C'est sûr que je vais m'assurer que ce gars-là, s'il est remis en liberté, c'est zéro possibilité de faire d'autres victimes. »

— Une citation de   Une citation de Pierre-Hugues Boisvenu

Le père de Julie prendra sa retraite comme sénateur l’an prochain. C’est auprès de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD), qu’il a contribué à fonder, qu’il entend garder bien vivante la mémoire de sa fille.

Avec les informations de René-Charles Quirion

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