•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un cours de tannage de peaux vise à perpétuer les connaissances autochtones

Chargement de l’image

Le processus autochtone de tannage traditionnel des peaux prend du temps, mais il en vaut la peine, selon l'aîné Tsuut'ina, Larry Mistaken Chief.

Photo : Radio-Canada / Terri Trembath

Radio-Canada

Un cours de tannage de peaux d'animaux donné par un aîné autochtone gagne en popularité chez les étudiants de l’Alberta. Le cours de deux jours a pris forme grâce à la contribution de l’organisme Alberta Land Based Education.

L’objectif, selon ses initiateurs, est de préserver les connaissances ancestrales et de responsabiliser les étudiants grâce à un programme d'études traditionnel.

Le programme a été fondé par Kelly Gordon, une Inuvialuit originaire des Territoires du Nord-Ouest, alors qu'elle poursuivait ses études de commerce à l'Université Mount Royal à Calgary.

Elle affirme qu’elle souhaitait acquérir une plus grande connaissance des enseignements autochtones, ce qui l’a poussé à établir un partenariat avec une famille qui vit à Onespot Crossing, près de la rivière Bragg, à l’ouest de Calgary.

Les cours sont ouverts aux étudiants autochtones et non autochtones, explique-t-elle.

Chargement de l’image

L'aîné Tsuut'ina, Larry Mistaken Chief, ne veut pas que la méthode traditionnelle autochtone de tannage des peaux soit oubliée.

Photo : Radio-Canada / Terri Trembath

L'aîné Tsuut'ina, Larry Mistaken Chief, 71 ans, dirige le cours et transmet ces connaissances.

Il a appris à tanner les peaux en aidant sa grand-mère lorsqu'il n’avait que neuf ans.

Aujourd’hui, il vend ses peaux à des clients partout au Canada. Il les envoie aussi loin que le nord des Territoires du Nord-Ouest.

J'aimerais simplement transmettre mon savoir à un grand nombre de personnes, car c'est une activité très agréable, a déclaré Larry Mistaken Chief.

Les étudiants qui ont suivi le cours ont eu l'occasion d'étirer, tremper, gratter et sécher les peaux de cerfs fraîches.

C'est tout naturel et tout fait à la main, vous savez. Aucune machine n'est impliquée, a déclaré Larry Mistaken Chief.

Renouer avec les traditions ancestrales

Chargement de l’image

Dakota Davis, étudiante à l'Université Mount Royal à Calgary, observe l'aîné Larry Mistaken Chief qui lui montre une étape du processus de tannage des peaux.

Photo : Radio-Canada / Terri Trembath

La plupart de ceux qui participent à un cours pour apprendre d'un aîné en redemandent presque toujours, souligne Kelly Gordon.

Après, les gens veulent aller chasser, les gens veulent construire des prototypes pour gratter les couteaux, les gens veulent apprendre à faire de la viande sèche. C'est sans fin.

Kelly Gordon espère qu'un jour les cours de l'Alberta Land Based Education seront accrédités par les universités.

La Calgarienne Dakota Davis, de la Nation Dene-Cree, a découvert le cours par un message sur Facebook. Sa participation a dépassé toutes ses attentes.

Elle affirme avoir reçu de nombreux enseignements subtils tout au long de la journée, simplement en observant les aînés au travail. Tout le processus était vraiment sain et beau à voir, dit-elle.

Une source de guérison

Pour Dakota Davis, l'apprentissage de la méthode traditionnelle de tannage des peaux a été une façon de rendre hommage à son père, un survivant des pensionnats, ajoute-t-elle.

Pour Kelly Gordon, renouer avec les voies ancestrales a été également pour elle un moyen de guérir d'un traumatisme intergénérationnel. Elle dit que tous les membres de sa famille ont été envoyés dans les pensionnats pour Autochtones.

C'est un espace où nous brisons les cycles, précise Kelly Gordon.

Je pense que nous devons sortir de là et montrer la belle culture que nous avons. Nous sommes un beau peuple, nos coutumes sont fortes et elles n'ont jamais été volées, elles ont toujours été vivantes.

Larry Mistaken Chief est heureux que les élèves s'intéressent à l'apprentissage de la méthode traditionnelle de tannage des peaux, non seulement parce que cela peut les aider à comprendre comment vivaient leurs ancêtres, mais aussi en raison du sentiment d'accomplissement que cette pratique procure.

C'est juste quelque chose que je ne veux pas qui se perde. Je ne veux pas que les gens oublient [comment faire], ajoute-t-il.

Avec les informations de Kylee Pedersen

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !