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Le débosselage secret de la coupe Stanley dans un garage en Ontario

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En 2002, Roger Sigouin a débosselé la coupe Stanley dans l'atelier du garage de la résidence familiale.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

« Je l’ai réparée avec mon Wescott. Une clé à molette et une guenille dans mon garage. » Une affirmation du maire de Hearst, Roger Sigouin, qui semble tout droit sortie du jeu télévisé Les détecteurs de mensonges. À l’occasion du centenaire de la petite ville du Nord de l'Ontario, les principaux intervenants racontent enfin cette histoire inédite vieille de 20 ans.

Un homme dans son garage.

Roger Sigouin nous démontre comment il a débosselé la coupe Stanley.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot


Avril 2002 : la ville de Hearst organise deux jours de festivités pour honorer son quintuple champion de la Coupe Stanley, Claude Larose. Le Centre récréatif doit être renommé en son honneur lors d'une cérémonie le vendredi 26 avril.

L’ancien joueur des Canadiens de Montréal vient tout juste de fêter son 60e anniversaire, il est encore en forme pour apporter du renfort à une équipe locale. Pendant que Claude Larose est sur la patinoire, la communauté est invitée à se faire prendre en photo avec le Saint-Graal du hockey.

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Participant au Tournoi des deux glaces en 2002, les Souches de Hearst se sont fait un plaisir de se faire photographier avec la coupe Stanley.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Vingt ans plus tard, Claude Larose se souvient que plus de 1000 photos ont été prises par les locaux avec la coupe Stanley. Ça n’arrêtait pas, nous lance-t-il au téléphone depuis son domicile en Floride.

Oups!

En soirée, une cérémonie est organisée pour dévoiler l'enseigne du nouveau centre récréatif.

Pour l’occasion, Claude Larose enfile son équipement de hockey, ses patins et son chandail numéro 15 du Tricolore. Le plan est le suivant : il sera présenté et fera un tour de patinoire avec la coupe Stanley au bout des bras.

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Le Centre récréatif porte le nom de Claude Larose depuis 2002.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Guy Losier, un des principaux organisateurs de cette soirée, est à côté de Claude Larose en coulisses. Il se souvient très bien que le gardien de la coupe Stanley lui avait donné une consigne bien claire.

« Le gars voulait que Claude embarque sur la glace avant, puis après, qu'il lui donne la coupe. Claude a dit : "Non, je suis correct. Je vais embarquer sur la glace avec." »

— Une citation de  Guy Losier, organisateur de la soirée

Le responsable de la coupe Stanley avait sans doute encore en mémoire la chute de Maurice Richard sur la glace du Forum, survenue 9 ans plus tôt, au match des étoiles de 1993. La coupe en était ressortie sévèrement bossée.

Un détail avait sans doute échappé à la vigilance de Claude Larose : il sautera sur la patinoire par l’entrée des arbitres, et sera dans le noir absolu. Un follow spot le suivra ensuite.

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Roger Sigouin nous montre comment il a débosselé la coupe Stanley.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

« Il y avait un step, pis il n’y avait pas de lumière, j’ai manqué le step et la coupe est tombée sur le bord de la bande. J’ai pris la coupe puis je l’ai levée au-dessus de ma tête et elle avait l'air un peu poquée. »

— Une citation de  Claude Larose, ancien joueur des Canadiens de Montréal

Résultat : l’anneau noir à la base est déformé. Guy Losier, qui a vu le tout, constate que ce sont les installations du centre récréatif qui sont probablement à l’origine de la bévue.

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Sur la vidéo souvenir de l'évènement, la chute de Claude Larose a été coupée au montage. On voit cependant très bien la bosse dans la base de la coupe Stanley.

Photo : Centres d'archives de la Grande zone argileuse / Collection Journal Le Nord

Le step où les arbitres rentrent est beaucoup plus haut que l’entrée des joueurs. Claude venait juste de jouer une partie. Il n’a pas vu ce cr*** de step-là. Il a planté du nez, ça n’a pas été long. En étant à la noirceur, ça n’a pas aidé.

Claude Larose est ovationné et poursuit son tour d’honneur sur la patinoire sur la glace du centre récréatif qui portera son nom dans quelques minutes.

En arrivant au centre de la glace pour déposer le trophée, Claude Larose constate les dommages et tourne la partie bossée vers les dignitaires, afin que la foule présente ne voie pas trop les dommages.

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Après que Claude Larose eut déposé la coupe Stanley, Roger Sigouin, en arrière-plan, a les yeux rivés sur la bosse.

Photo : Centres d'archives de la Grande zone argileuse / Collection Journal Le Nord

Parmi eux, le conseiller municipal — un débosseleur de métier — Roger Sigouin, qui deviendra un mois plus tard, le 30 mai 2002, maire de la municipalité de 5800 habitants.

Un gardien de la coupe Stanley stressé

Pendant la cérémonie, Roger Sigouin se souvient avoir jeté quelques regards sur la coupe Stanley : il analysait s’il se porterait volontaire pour la réparer. En coulisses, Guy Losier sent la température interne du responsable de la coupe Stanley monter.

Sais-tu qui était bien plus stressé : les gars du Temple de la renommée du hockey. Roger a baissé la température parce qu’il était débosseleur. C’est de même que ça s’est ramassé là, raconte Guy Losier.

« Dans un petit village, on est tout le temps là pour aider tout le monde. Quand est arrivé cet incident-là, j’ai demandé : je peux te la réparer assez vite? Je pense que je devrais être capable. »

— Une citation de  Roger Sigouin, maire de Hearst

Après la cérémonie, le gardien de la coupe Stanley recule son véhicule dans le garage de la famille Sigouin.

Elle était dans son coffre qu’on voit partout à la télé. Il l’a sortie de là et il l’a simplement déposée sur mon établi. Ça m'a pris à peu près 10 minutes maximum pour la réparer.

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Les bons vieux outils de réparation pour carrosserie que Roger Sigouin a utilisés sur la coupe Stanley.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Ses outils : une guenille et une clé à molette.

Je l’avais vu, comment elle était bossée, à l’aréna. J’étais confiant que j’étais capable de la réparer. Il fallait être minutieux. La guenille, c’était justement pour ne pas la grafigner. Puis en faisant ces petits gestes là pour ramener ça à la normale.

Sa fille, Marieve, tente d’immortaliser la scène. Il nous avait interdit de prendre des photos sur le moment. On a simplement respecté la décision des personnes qui ont dit pas de photos s'il vous plaît.

À son retour à l’aréna, Claude Larose est impressionné par le travail de débosselage : Ça ne paraissait même pas.

Je pense que c’est une fierté de Hearst de dire qu’on a reçu la coupe Stanley, on en a pris soin jusqu’à la dernière minute, souligne le maire en guise de conclusion, avec un sourire en coin.

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