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La Russie inonde la Chine avec son pétrole

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Les importations chinoises de pétrole russe ont augmenté de 55 % en un an, selon les chiffres publiés lundi par les autorités douanières chinoises. Ici, des installations pétrolières russes dans le nord de la Sibérie (Archives).

Photo : Reuters / Sergei Karpukhin

Agence France-Presse

La Chine a nettement accru ses importations de pétrole russe en mai, selon des chiffres officiels publiés lundi, ce qui aide Moscou à contrebalancer la désaffection de ses clients occidentaux sur fond de guerre en Ukraine.

Cette hausse est si spectaculaire que le mois dernier, la Russie est devenue le premier fournisseur du géant asiatique, devant l'Arabie saoudite.

Depuis la fin de février, les Occidentaux ont adopté des sanctions sans précédent contre la Russie en représailles à son invasion de l'Ukraine. Ils ont notamment réduit leurs importations d'hydrocarbures russes.

Face au boycottage des produits russes à l'étranger et à la multitude de départs de firmes étrangères de Russie, Moscou ne peut compter que sur la puissance chinoise pour échapper à un isolement économique total.

À plusieurs reprises, les États-Unis et l'Union européenne (UE) ont mis en garde Pékin contre tout soutien au régime du président russe Vladimir Poutine qui permettrait d'atténuer l'effet des sanctions.

En mai, les importations de pétrole russe par la Chine ont toutefois augmenté de 55 % en un an, selon les chiffres publiés lundi par les autorités douanières chinoises.

Le mois dernier, le géant asiatique a acheté à la Russie quelque 8,42 millions de tonnes de pétrole. Il s'agit d'une quantité bien supérieure aux livraisons de Russie reçues un an plus tôt (5,44 millions de tonnes).

Fait notable, les importations de pétrole russe le mois dernier ont été supérieures à celles en provenance d'Arabie saoudite, habituellement le premier fournisseur de la Chine (7,82 millions de tonnes).

Quant aux achats de gaz naturel liquéfié (GNL), ils ont progressé le mois dernier de 54 % en un an à 397 000 tonnes, selon les autorités douanières chinoises.

La démarche de Pékin contraste avec l'attitude des Occidentaux, qui tentent de réduire leur dépendance aux hydrocarbures russes depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.

Baisse marquée des exportations vers l’Occident

Selon un récent rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publié la semaine dernière, les exportations de pétrole russe vers l'Occident ont ainsi nettement baissé depuis le début de la guerre en Ukraine.

C'est notamment le cas vers l'UE (3,9 millions de barils par jour au total en février, contre 3,4 en mai) et vers la destination États-Unis–Royaume-Uni (0,9 million, contre 0,1 million).

Cette chute s'est poursuivie le mois dernier, selon l'AIE, mais a été compensée par une augmentation des envois vers la Chine et aussi vers l'Inde, un autre pays d'Asie qui n'a pas condamné l'invasion russe avec un bond de 0,1 million de barils par jour en février à 0,9 million de barils par jour en mai.

Pékin est le principal partenaire économique de Moscou.

Tous produits confondus, les importations totales chinoises en provenance de Russie ont augmenté en mai de 80 % en un an pour atteindre quelque 10,3 milliards de dollars, selon les autorités douanières chinoises.

Mercredi, le président chinois Xi Jinping avait réaffirmé la proximité de son pays avec la Russie lors d'un échange téléphonique avec son homologue Vladimir Poutine. Les deux dirigeants ont notamment convenu d'élargir la coopération dans le domaine énergétique, selon un compte rendu du Kremlin.

La Chine, qui partage une frontière de plus de 4000 kilomètres avec la Russie, a vu bondir ses besoins énergétiques en phase avec sa croissance économique au cours des dernières décennies.

L'an dernier, le voisin russe a fourni notamment au géant asiatique 16 % de son pétrole, selon la banque ANZ.

Le président chinois n'a jamais caché sa proximité avec Vladimir Poutine, qualifié de vieil ami. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi, en 2012, les deux hommes se sont rencontrés à plus de trente reprises. La dernière rencontre en date remonte au mois de février à Pékin, trois semaines avant le début de la guerre en Ukraine.

Les deux hommes avaient alors proclamé l'amitié sans limites entre la Chine et la Russie et signé une multitude d'accords, notamment dans le domaine du gaz.

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février dernier, la Chine refuse d’employer le mot invasion pour décrire l'opération militaire lancée par Moscou et en rejette la faute sur les États-Unis et sur l'OTAN.

Proche du Kremlin, avec lequel il veut faire front commun contre les États-Unis, le pouvoir chinois s'est abstenu de condamner l'invasion russe.

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