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Un autre glissement de terrain est inévitable à La Baie, croit Julie Dufour

Un amoncellement de terre au coin d'une rue et des cônes orange.

L'état des lieux, lundi matin, à l'angle de la 6e et de la 8e rue à La Baie, où une digue a été aménagée.

Photo : Radio-Canada / Louis Martineau

L’installation de deux digues à proximité du secteur où est survenu un glissement de terrain à La Baie lundi dernier est complétée. Cette mesure a pour but tenter le plus possible de prévenir d’autres sinistres.

L’une des digues se trouve sur la 6e Rue et l’autre sur l’avenue du Port.

Les résidences touchées par l’ordre d’évacuation sont au nombre de 79, pour un total de 187 personnes. La plupart d’entre elles ont passé la nuit de dimanche à lundi chez des proches ou dans une résidence secondaire. Une dizaine ont dû dormir à l’hôtel.

Un autre glissement est inévitable, selon la mairesse de Saguenay, Julie Dufour, qui était en entrevue à l'émission C'est jamais pareil lundi matin. L'analyse des sols par une firme d'experts a permis de déterminer que le site possédait des caractéristiques semblables à celles de Saint-Jean-Vianney, où un glissement de terrain a entraîné la mort de 31 personnes en 1971.

« On n’est pas à savoir s’il y aura un autre glissement de terrain, la question c’est plutôt quand. »

— Une citation de  Julie Dufour, mairesse de Saguenay

Elle souhaite faire preuve de transparence avec les résidents évacués et dit comprendre leur désarroi.

Image aérienne d'un glissement de terrain à La Baie.

Une vue aérienne du glissement de terrain à La Baie, au Saguenay-Lac-St-Jean

Photo : Radio-Canada

Environ 30 familles doivent être déplacées. L’Office municipal d’habitation (OMH) de Saguenay a rapidement prêté main-forte et a rendu des logements disponibles.

Réunion au sommet à venir

Les élus de Saguenay se réuniront à 17 h 30, lundi, à l’occasion d’une assemblée extraordinaire du conseil municipal au cours de laquelle ils adopteront une résolution visant à prolonger de cinq jours l’état d’urgence décrété par la mairesse.

Le conseil demandera aussi à la ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, de décréter l’état d’urgence. Ce décret permettra à la Ville de contracter des dépenses sans devoir emprunter le processus d’appel d’offres et d’élaborer un programme d’aide.

Geneviève Guilbault a mentionné être réceptive à cette idée.

On est en discussions avec la Ville. A priori, je ne vois pas de problèmes. Il faut que les critères de l’état d’urgence soient rencontrés, mais on comprend bien, au premier regard, de toute évidence, il y a urgence à Saguenay en ce moment alors il ne devrait pas y avoir de problème, a déclaré la ministre.

« Jamais on ne va mettre d’entrave à la capacité opérationnelle de la Ville de Saguenay. »

— Une citation de  Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Le gouvernement fédéral pourrait aussi intervenir, à la suite d’une demande formulée par le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel. Une rencontre aura lieu avec le ministre de la Protection civile du Canada, Bill Blair, lundi.

Julie Dufour assure qu’aucun risque ne sera pris et que la sécurité des sinistrés et des gens évacués demeure la priorité.

On sait combien c’est difficile. J’ai une empathie profonde pour eux. La Ville et tout le Québec au complet, on est derrière eux. Ce seront des semaines qui seront difficiles pour eux, mais le fait que tout le monde soit vivant, ça n’a pas de prix, a fait valoir la mairesse en entrevue à l'émission C'est jamais pareil.

Une vie chamboulée

Alex Gagnon figure parmi les résidents de 53 maisons supplémentaires évacuées samedi soir. Il est dévasté et craint de perdre la maison qu’il partage avec ses parents et ses sœurs.

Ça s’est fait pas mal en catastrophe. Quand ça s’est passé, l’évacuation, c’était vers 22 h. On s’apprêtait à aller se coucher. Un policier s’est présenté à la porte, relate Alex Gagnon.

Une vue aérienne de la zone sinistrée à La Baie.

Une vue aérienne de la zone sinistrée à La Baie

Photo : Radio-Canada

C’était la panique totale chez nous à la maison. On est six. On avait jusqu’à 7 h le lendemain matin pour évacuer la maison. On s’est dépêchés pour emballer le plus possible de choses, du linge, des médicaments. Il y a une multitude de choses utiles et sentimentales qu’on n’a pas été capables d’évacuer, a-t-il exprimé.

On est épuisés. J’essaie de me rattacher au fait qu’on est en sécurité, mais au niveau du moral, c’est énormément éprouvant, poursuit Alex Gagnon, qui se sent malgré tout appuyé et bien entouré. Il se dit ému pour l'élan de solidarité qui se déploie autour des citoyens touchés.

Un homme devant le Théâtre du Palais municipal à La Baie.

Alex Gagnon fait partie des résidents évacués à La Baie.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Lamothe

Le Baieriverain et sa famille sont à la recherche d’un logis. La mère d’Alex Gagnon est atteinte d’un handicap. Leurs animaux domestiques ont été pris en charge par la propriétaire de l'animalerie où travaille la soeur de M. Gagnon.

« Ça nous prend de la certitude pour les jours qui viennent. Pour l’instant, on ne sait pas à quoi la situation va ressembler. J’aimerais énormément qu’on soit localisés tous ensemble, mais si on doit être séparés, on va l’être. »

— Une citation de  Alex Gagnon, résident évacué

À la fatigue s'ajoutent la dévastation et la peine.

Ça nous tue énormément de savoir ça. Mon père est dévasté de savoir que c’est possible qu’on perde la maison, a-t-il ajouté, submergé par l’émotion.

De l'aide pour les sinistrés

La Croix-Rouge est toujours présente sur le terrain.

Du soutien et de l’hébergement sont offerts à 21 familles pendant 72 heures.

Depuis samedi soir, des bénévoles apportent du réconfort et fournissent de la nourriture aux résidents évacués. Ils leur permettent aussi de mettre la main sur des médicaments et d'autres biens essentiels.

La directrice générale de la division québécoise de la Croix-Rouge, Carole Dussault, précise qu’il n’y a pas de centre d’hébergement communautaire à ce stade. Les personnes prises en charge sont logées à l’hôtel.

Actuellement, une équipe de huit bénévoles est à pied d’œuvre à La Baie.

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