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Favoriser l’autonomie alimentaire, un jardin à la fois

Un jardin urbain.

La conception des potagers ainsi que la mise en terre des semences sont assumées par des employés municipaux.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

La Ville de Rimouski a mis en terre des semences cette semaine dans les six potagers urbains aménagés en 2020 et répartis à travers le territoire, dans le cadre du projet pilote Les Jardins libres.

La conception des potagers et une première mise en terre de semences sont assumées par des employés municipaux. Toutefois, la population est encouragée à s’approprier les jardins en entretenant régulièrement les espaces et en récoltant gratuitement le fruit de son labeur.

Au total, un peu plus de 1200 mètres carrés ont été labourés. Pour l’utilité d’un parc, ça améliore le cachet, dit d’emblée Jean-François Durette, responsable du projet et contremaître aux parcs à la Ville de Rimouski. Ces potagers diffèrent des huit jardins communautaires de la Ville de Rimouski.

Un bac dans lequel des plantes poussent.

L’organisme Accueil intégration Bas-Saint-Laurent a aménagé des potagers urbains en 2021 pour créer un lieu de rencontre entre les rimouskois et les nouveaux arrivants.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

On a semé des pommes de terre, des fèves, des haricots, ce qui est utilisé normalement pour la conserverie et qui nécessite peu d’entretien, explique-t-il. On laisse plus de place cette année dans des jardins où la communauté s’implique plus. On laisse l’opportunité aux gens de planter ce qu’ils veulent.

L’agriculture urbaine comme lieu de rencontres et d’échanges

Depuis le début des Jardins libres, le responsable ne cesse de s’étonner de la réaction de la population. Il y a des secteurs qu’on croyait que les gens allaient s’impliquer, mais qui ont eu pas mal moins d’implication finalement. À d’autres endroits, on croyait que personne n’allait s’impliquer et finalement ils ont bien marché, comme à Saint-Odile, souligne-t-il.

Deux hommes vêtus de manteaux de pluie sourient.

Jean-François Durette (à gauche) est responsable des Jardins libres et Raphaël Arseneault (à droite) est bénévole pour les Incroyables comestibles.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

Où trouver les Jardins libres à Rimouski :

  • Bic : rue Marco
  • Îlot rue des Sables (Sacré-Cœur) : rue des Sables
  • Parc Blondin-Laplante (Sainte-Odile) : rue des Rapides
  • Parc-des-Dames-Hélène-de-Champlain (Terrasse Arthur-Buies) : rue Monseigneur-Langis
  • Parc de la Gare (Saint-Germain) : rue de l'Évêché Est
  • Parc du centre communautaire Saint-Agnès Sud (Rimouski-Est) : rue Elzéar-Sasseville

Source : la Ville de Rimouski

Dans les milieux résidentiels familiaux, les jardins ont été entretenus semaine après semaine.

À Sacré-Cœur, de jeunes élèves de l’école primaire ont été invités à plonger leurs mains dans la terre. Les enseignants y ont enseigné les rudiments de l’agriculture. Des retraités de la résidence pour aînés ont eux aussi passé plusieurs heures à cultiver la terre en 2021. Ça a été un bel exemple de lieu qui favorise les rencontres intergénérationnelles. Les plus vieux tenaient à laisser des espaces libres pour que les enfants puissent jardiner, raconte Jean-François Durette, visiblement fier.

Le mouvement Incroyables comestibles assure quant à lui depuis l’an dernier les communications autour des Jardins libres. Chaque année, on veut créer d’autres formes de partenariats pour élargir le spectre de l’autonomie alimentaire, affirme un membre bénévole, Raphaël Arseneault. Les bénévoles organisent des ateliers pour démystifier l’agriculture urbaine.

« Notre but, ce n’est pas que les citoyens soient dans une situation de dépendance envers nous ou envers la Ville, on veut qu’il se génère une autogestion autour de ces jardins-là. »

— Une citation de  Raphaël Arseneault, membre des Incroyables comestibles

Le défi, ça reste que les gens comprennent que ça leur appartient. On n'est pas dans une société qui prône la gratuité d’accès. Les gens sont souvent peureux de s’impliquer dans des trucs qu’ils n’ont pas mis en place eux-mêmes, témoigne M. Arseneault.

C’est le défi à Rimouski, renchérit M. Durette. Étant à Montréal avant, on voyait vraiment les besoins. Par exemple, à Saint-Laurent, les seuls espaces verts sont les terre-pleins entre les boulevards. À Rimouski, on a de grands espaces. Les gens se sentent moins concernés.

« On veut tirer profit de ces grands espaces-là et donner une autre dimension à l’agriculture urbaine. »

— Une citation de  Jean-François Durette, responsable des Jardins libres

L’agriculture urbaine comme solution à l’inflation?

Selon Raphaël Arseneault, 70 % de la nourriture consommée à Todmorden en Angleterre, où est né le mouvement Incroyables comestibles, provient de l’agriculture urbaine. On est loin de ça à Rimouski, affirme-t-il.

Un bac où des légumes pousseront.

Des potagers publics sont aménagés un peu partout à Rimouski.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

Les Jardins libres s’inscrivent dans un mouvement de réappropriation de l’espace pour favoriser l’implication citoyenne, mais aussi pour encourager l’autonomie alimentaire.

L’agriculture c’est du travail, mais c’est aussi de l’abondance. Si on structurait notre vie autour de l’agriculture, ça pourrait facilement être une solution aux problèmes qu’on vit en ce moment, comme l’inflation, fait valoir M. Arseneault.

En 2022, Incroyables comestibles tentera de développer des partenariats avec des organismes culturels pour y voir naître un mélange entre agriculture et art.

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