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Les règles de priorité pour embarquer sur le Madeleine II critiquées par les pêcheurs

Un bateau blanc où il est inscrit "CTMA Traversier".

Le navire au quai de Cap-aux-Meules (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Des difficultés liées au transport de denrées périssables aux Îles-de-la-Madeleine suscitent la grogne parmi les pêcheurs de homard.

L'entreprise Poisson frais des Îles fait affaire avec une soixantaine d'entre eux pour acheminer leurs homards sur les marchés américains et canadiens.

Son président Christian Vigneau dénonce les règles de priorité pour monter à bord du Madeleine II. Par deux fois cette semaine, les camions vides de l'entreprise n'ont pas pu embarquer sur le navire à Souris alors qu'ils retournent vers l'archipel pour être chargés de homard vivant. Selon lui, ils ont dû céder leur place aux véhicules des visiteurs.

Selon les règles de la coopérative, seuls les camions qui transportent des denrées périssables ont la priorité pour embarquer sur le navire.

Or, une telle situation engendre des pertes financières pour les pêcheurs, selon Rolland Turbide, président de l'Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine.

Le homard, c’est vendu frais, c’est vendu vivant. Il faut que ça soit vendu là, pas la semaine prochaine, explique-t-il.

Un homme porte des lunettes fumées. Il est sur un quai dans un port. Un bateau de pêche au homard se trouve derrière lui.

Le capitaine du Dauphin Bleu, Rolland Turbide (archives)

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Concurrence déloyale

Le président de Poisson frais des Îles, Christian Vigneau croit que son entreprise est injustement défavorisée par rapport aux camions de transport opérés par la CTMA, qui auraient priorité sur les siens.

Rolland Turbide partage cet avis. Selon lui, la coopérative est à la fois juge et partie, étant donné qu'elle décide de la priorisation des véhicules qui embarquent sur le traversier et qu’elle opère aussi un service de transport par camion.

Ça fait deux semaines qu’on a des problèmes avec eux. On pouvait faire sortir [les aliments] périssables des Îles et l’apporter sur le continent. On avait de la misère à faire revenir nos camions sur l’île. On a maintenant de la misère à faire sortir nos camions des Îles, raconte Christian Vigneau.

Qui plus est, Christian Vigneau est d'avis que les délais avant d'embarquer sur le traversier mettent en péril les relations d’affaires avec ses clients, qui pourraient se tourner vers d’autres fournisseurs de homard de l’est du Canada. Il est aussi d'avis qu'ils pénalisent aussi les pêcheurs de homard à qui il achète la ressource.

S’il y a une commande là, c’est tout de suite, sinon l’acheteur va la chercher ailleurs, affirme Rolland Turbide.

Actuellement, les 325 pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine vendent leur produit à six acheteurs, dont quatre qui font affaire avec la CTMA pour le transport par camion.

Transports Canada interpellé

Le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, l'Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine et l'Association québécoise de l'industrie de la pêche demandent à Transports Canada de publier des règles de priorisation sur le traversier afin d’assurer une neutralité absolue.

Selon Rolland Turbide, il s'agit de garantir une concurrence juste entre tous les transporteurs grâce à des règles plus strictes.

Plus il y a du monde, plus il y a de compétition, meilleur est le prix qu’on a. On a deux acheteurs qui ne sont pas avec la CTMA. On risque d’avoir des prix dérisoires, ça n’a pas d’allure, indique-t-il.

« Ça prend de la compétition dans tout! »

— Une citation de  Rolland Turbide, président de l'Office des pêcheurs de homard des Îles-de-la-Madeleine

La CTMA indique pour sa part analyser le dossier.

Avec la collaboration d'Isabelle Larose

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