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La réduction temporaire des services aux urgences de Saint-Quentin choque et inquiète

Jusqu’au 1er août, la nuit, on demandera à la plupart des patients d’attendre ou d’aller ailleurs.

Un homme entre par l'entrée principale de l'hôpital.

Entre 20 h et 8 h, les services sont réduits au strict minimum à l'urgence de l'hôpital Hôtel-Dieu Saint-Joseph de Saint-Quentin, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

Un regroupement citoyen qui se dit « outré » par les réductions de services la nuit jusqu’au mois d’août à l’hôpital de Saint-Quentin, au Nouveau-Brunswick.

Le Comité d’action citoyenne du Restigouche-Ouest a bondi en apprenant ces réductions de services. Il accuse le réseau de santé d’agir délibérément pour miner l’offre de soins de santé dans leur communauté.

À compter de vendredi soir, l'urgence de l'Hôtel-Dieu Saint-Joseph, à Saint-Quentin, ne verra que les cas d’extrême urgence à partir de 20 h et jusqu’à 8 h le lendemain matin.

Ces réductions de services, annoncées jeudi par Vitalité, vont se poursuivre jusqu’au 31 juillet.

Un regroupement citoyen tire à boulets rouges

Les membres du Comité d’action citoyenne du Restigouche-Ouest rejettent entièrement la faute sur le Réseau de santé Vitalité pour cette décision qu’il jugeaient évitable.

Vitalité justifie cette réduction de services à Saint-Quentin par la pénurie de personnel et par les vacances d'été.

Le réseau de santé Vitalité a eu un an pour prévoir les vacances d’été et voilà qu’on se retrouve dans une situation précaire et totalement évitable, réplique vendredi le comité citoyen, dans un communiqué.

Le comité rappelle qu’il y a des médecins d’urgence et des médecins de famille à Saint-Quentin. Nous sommes convaincus qu’encore une fois, on demande à nos médecins d’urgence de se déplacer vers d’autres centres, laissant ainsi nos services pour compte, affirment-ils.

Concrètement, l’urgence de l'Hôtel-Dieu Saint-Joseph pourra intervenir entre 20 h et 8 h en cas d’arrêt cardiaque, de difficulté respiratoire sévère ou de fractures ouvertes, par exemple.

Les autres patients, dont les cas seront jugés moins urgents, devront attendre jusqu’à 8 h avant de se présenter aux urgences de Saint-Quentin, ou aller ailleurs pendant la soirée ou la nuit.

Dans son communiqué, le Comité d’action citoyenne du Restigouche-Ouest qualifie d’injustifiable et d'irresponsable que l’on demande aux citoyens de faire de la route en pleine nuit et de risquer leur vie.

Des élus inquiets

Selon Nicole Somers, la mairesse de Saint-Quentin, on réduit des services dans une région qui aurait déjà besoin de plus.

C’est longtemps. C’est beaucoup. C'est beaucoup demander à une population qui manque de médecins de famille, en fait, dit-elle.

Dans une entrevue jeudi, Mme Somers a souligné que, lorsqu’on manque de médecins de famille, pour beaucoup, la porte d’entrée pour consulter, c’est d’aller à l’urgence.

La mairesse dit savoir que tous les médecins locaux mettent l’épaule à la roue, et que certains font des quarts de travail très long.

Elle dit quand même avoir été prise de court par cette nouvelle soudaine, annoncée jeudi. Elle souhaite que la régie régionale trouve des solutions pour que cela ne se reproduise pas.

Nicole Somers photographiée à l'extérieur en été.

La mairesse de Saint-Quentin, Nicole Somers (archives)

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Éric Gagnon, maire de la Communauté rurale de Kedgwick, croit que ces réductions de services, jamais souhaitables, se produisent au pire moment.

L’hôpital de Saint-Quentin reçoit des patients de Kedgwick. Ces derniers auront à se tourner vers Campbellton, qui est à trois quarts d’heure de route, ou Edmundston, qui est à 120 km.

Avec la pandémie, on n'a pas été beaucoup à l'hôpital. Et nos petits bobos, on les a refoulés, a souligné Éric Gagnon. Ça va être encore ça pour six semaines. J'ai un petit peu de misère avec ça.

Chez nous, la population est vieillissante, a-t-il rappelé jeudi dans une entrevue. Le maire se demande aussi si l’hôpital régional de Campbellton, qui risque d’hériter de patients de sa communauté, a les ressources et la main-d'œuvre suffisantes pour cette charge additionnelle.

Éric Gagnon photographié dans un champ.

Éric Gagnon, maire de la Communauté rurale de Kedgwick (archives)

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Cette semaine, les responsables du Réseau de santé Vitalité ont d’ailleurs prévenu qu’ils pourraient réduire ou interrompre temporairement certains services dans plusieurs hôpitaux, afin de réaffecter le personnel vers les secteurs prioritaires.

Des fermetures temporaires de lits et une réduction du nombre de salles d’opération dans les blocs opératoires font partie des mesures de ralentissement qui pourraient se produire, dit Vitalité.

Avec des renseignements de Pascal Raiche-Nogue

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