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Les stages étudiants, une « petite séduction » pour recruter des médecins

Des médecins transportent un patient en civière.

Selon les statistiques d'octobre 2021, 85 % des diplômés du Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick ont choisi de s'installer dans la province une fois leurs études terminées.

Photo : getty images/istockphoto / gorodenkoff

La Dre Geneviève Aubé et le Dr Justin Boissonnault ne viennent pas d’Edmundston au Nouveau-Brunswick et n’ont pas de famille dans le nord-ouest de la province. Pourtant, leur choix s’est arrêté sur cette ville quand est venu le temps de choisir leur lieu de pratique.

Les deux médecins avec leur stéthoscope autour du cou.

Le Dr Justin Boissonnault et la Dre Geneviève Aubé

Photo : Contribution/Service de photographie Patrick

C’est un stage de trois mois à Edmundston qui a convaincu ce couple de diplômés de 2022 de l’Unité de médecine familiale de Moncton et de Dieppe. Le couple voulait rester au Nouveau-Brunswick, mais ils voulaient changer d’air et quitter Moncton pour habiter dans un autre endroit de la province.

« On a aimé que c’était une plus petite communauté, qu’il y avait un bel esprit communautaire, un milieu francophone. Il y avait beaucoup d’activités de plein air. Dans le fond, il y a des montagnes en pleine ville. C'est une ville plus calme. »

— Une citation de  La Dre Geneviève Aubé
Un skieur dévale une pente.

Le Centre plein air Mont Farlagne fait partie des caractéristiques de la région qui ont attiré le couple.

Photo : Facebook/Centre plein air Mont Farlagne

On a eu la chance de rencontrer plusieurs collègues. [...] On a aussi l’occasion de goûter à leur pratique ou [de découvrir les] différentes tâches qu’ils pouvaient avoir dans la communauté , renchérit le Dr Boissonnault.

Plusieurs médecins de la région ont d'ailleurs invité les deux diplômés à des soupers pour discuter de la médecine et des attraits de la région. Ça nous a beaucoup aidé à justement voir ça serait quoi de pratiquer au sein de cette équipe-là à Edmundston, dit la Dre Aubé.

Selon les deux médecins, les stages pourraient même convaincre des étudiants d'autres provinces canadiennes de s'installer ici.

J'adorais mes collègues

Comme ce couple de médecins, la Dre Jenny-Lee Albert fait partie des 19 diplômés de l’Unité de médecine familiale de Moncton et de Dieppe en 2022. Elle a grandi à Saint-Simon dans la Péninsule acadienne et elle va retourner dans sa région natale pour pratiquer dans les hôpitaux de Tracadie et de Caraquet.

Jenny-Lee Albert tient son diplôme entourée de deux autres personnes.

La Dre Jenny-Lee Albert (au centre) reçoit son diplôme en médecine familiale.

Photo : Dennis Post (Réseau de santé Vitalité)

Ce n’est pas une surprise, puisqu’il s’agissait de son plan avant même d’entreprendre ses études en médecine. Mais, les stages qu’elle a fait intentionnellement dans la région lui ont permis de confirmer son choix.

J'adorais mes collègues que ce soit les infirmières, les médecins ou tout le monde qui travaillait dans l'hôpital. Je trouvais que c'était comme une bonne relation, parce que, veux, veux pas, les petits milieux, c'est un petit peu plus personnel. On est plus proche, fait que c'est ça que j'aimais de ce milieu-là , explique-t-elle.

Si ça n'avait pas été le cas, elle reconnaît qu’elle aurait pu remettre sa décision en question.

D'ailleurs, 16 des 19 diplômés de Moncton vont pratiquer au Nouveau-Brunswick

Miser sur les stages pour recruter

Le directeur du Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick croit qu’il faut miser sur des stages qui resteront gravés dans la mémoire des futurs médecins pour qu’ils choisissent de s’installer au Nouveau-Brunswick et, dans certains cas, dans les régions plus rurales.

Quand tu vas faire une formation dans un milieu et tu as de bonnes expériences, c'est ça qui est un des facteurs les plus importants de où tu vas aller t'installer plus tard en pratique, affirme le Dr Michel Landry, qui est aussi coordonnateur du programme de formation en français en médecine du Nouveau-Brunswick.

Le Dr Michel Landry en entrevue.

Le Dr Michel Landry est le directeur du Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick et le coordonnateur du programme de formation en français en médecine du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Après quatre ans d’études au Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick, les étudiants en médecine doivent choisir une spécialisation. Mais, en français dans la province, il n’est possible que de suivre celle pour devenir médecin de famille et, depuis peu, celle pour devenir psychiatre.

Selon les données de juin 2022, 78 % des médecins issus de l’Unité de médecine familiale de Moncton et de Dieppe pratiquent au Nouveau-Brunswick. À l’inverse, 59 % des médecins spécialistes qui sont passés par le Centre de formation médicale avant de déménager pour se spécialiser travaillent au Nouveau-Brunswick selon les chiffres d’octobre 2021, les plus récents dans ce cas-ci.

S'ils vont cinq, six ans au Québec ou en Ontario ou quelque part faire leur formation, s'ils aiment le milieu, ils se trouvent un partenaire de vie qui s'installe, ça a toujours été un défi de les ramener, explique le Dr Landry.

De 24 à 32 places

Le Dr Landry travaille depuis quelques années pour offrir plus de places au Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick. L’objectif est simple : convaincre un plus grand nombre d’étudiants de pratiquer dans la province, soit en les incitant à se suivre le programme de médecine familiale dans la province ou en les ayant convaincus de revenir au Nouveau-Brunswick avant même d'entamer leur spécialisation ailleurs au pays.

Un médecin écrit sur un papier.

Au Réseau de santé Vitalité, 16 % des postes de médecins sont vacants, tandis que 8 % le sont au Réseau de santé Horizon, soit environ 200 médecins pour les deux réseaux.

Photo : getty images/istockphoto / Motortion

Tenter de recruter des médecins déjà formés dans d'autres provinces peut être une stratégie moins payante pense le Dr Landry, puisque ces provinces cherchent aussi à les séduire.

Le nombre de places offertes devrait donc passer de 24 à 32 en septembre 2023. La principale difficulté, c’est de réussir à réunir toutes les ressources humaines nécessaires pour offrir les stages.

À court terme, le personnel soignant doit travailler de manière plus importante pour former les étudiants, alors que les travailleurs de la santé sont déjà débordés en raison de la pénurie de main-d'œuvre

Mais, à moyen terme, ces stages pourraient réduire les effets de la pénurie.

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