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Les Pays-Bas démasquent un espion russe qui a tenté d’infiltrer la CPI

Le siège de la Cour pénale internationale à La Haye.

La Cour pénale internationale, dont le siège est situé à La Haye, enquête sur l'invasion russe en Ukraine et sur la guerre russe en Géorgie.

Photo : Reuters / PIROSCHKA VAN DE WOUW

Agence France-Presse

Les services secrets néerlandais ont annoncé jeudi avoir empêché un espion russe d'accéder en tant que stagiaire à la Cour pénale internationale (CPI), qui siège aux Pays-Bas et enquête sur les crimes de guerre en Ukraine.

S'il n'avait pas été démasqué à temps, l'homme aurait pu avoir accès au bâtiment et aux ordinateurs de la cour, recueillir des données et repérer des sources pour le compte du renseignement militaire russe (GRU) pour lequel il travaille.

En résumé, il aurait pu influencer les procédures pénales de la CPI, qui enquête sur les crimes commis en Ukraine depuis le début de l'invasion russe, mais aussi sur la guerre russe en Géorgie en 2008, ont déclaré les services secrets néerlandais (AIVD).

Renvoyé au Brésil par le premier avion

L'individu a été identifié comme Sergey Vladimirovitch Cherkasov, 36 ans. Il se faisait passer pour un Brésilien de 33 ans sous le nom de Viktor Muller Ferreira pour accéder à la CPI, ont précisé les services secrets néerlandais.

Il a été appréhendé en avril à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol en provenance du Brésil, prêt à commencer son stage à la CPI après avoir été admis, a rapporté l'agence de presse néerlandaise ANP.

Il a été renvoyé au Brésil par le premier avion, a précisé l'AIVD, avant d'être arrêté par la police brésilienne.

L'espion représentait une menace potentiellement très haute, car avoir un des leurs à l'intérieur de la CPI aurait pu être de grande valeur pour les services de renseignement russes, ont soulevé les services secrets néerlandais.

Il est rare qu'un agent du renseignement de ce calibre soit arrêté, a déclaré Erik Akerboom, directeur général de l'AIVD, cité par l'ANP.

Le GRU a investi des années dans la dissimulation de la véritable identité. C'est un effort énorme, a ajouté M. Akerboom, précisant que le démasquage de l'espion en avril n'a été dévoilé que maintenant pour ne pas nuire à l'enquête.

Dégoût pour le poisson

L'espion russe s'était soigneusement construit une identité pendant plusieurs années en s'inventant une vie jusque dans les moindres détails, révélés par l'AIVD dans un document relatant ses goûts et son parcours de vie, écrit par lui-même en portugais.

Il avait soi-disant une relation troublée avec ses parents, un dégoût pour le poisson, a eu le béguin pour un enseignant et était surnommé Gringo parce qu'il ressemblait à un Allemand.

La police fédérale brésilienne a déclaré dans un communiqué jeudi avoir arrêté en avril un homme – dont elle n'a pas donné le nom – qui a été refusé d'entrée aux Pays-Bas parce qu'il utilisait une fausse pièce d'identité.

« À l'aide d'un système de falsification sophistiqué, il a usurpé l'identité d'un Brésilien dont les parents sont décédés. »

— Une citation de  Extrait d'un communiqué de la police fédérale brésilienne

La police a ajouté qu'il restait en détention dans l'attente de son procès.

L'espion russe était arrivé au Brésil en 2010 et avait vécu en Irlande et aux États-Unis avant de retourner au Brésil pour préparer son déménagement aux Pays-Bas.

Il devait entamer une période d'essai de six mois à la Cour pénale internationale en tant qu'analyste junior à la section des examens préliminaires, selon la police brésilienne.

La CPI s'est dite très reconnaissante aux autorités néerlandaises pour cette opération importante et plus généralement pour avoir révélé les menaces à la sécurité, a déclaré dans un communiqué Sonia Robla, porte-parole de la cour, qui enquête sur des crimes de guerre présumés commis en Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

La CPI prend ces menaces très au sérieux, a-t-elle ajouté.

Ce n'est pas la première fois que les Pays-Bas démasquent des opérations de renseignement russes sur leur sol, et en particulier à La Haye, où sont basés plusieurs organisations et tribunaux internationaux.

En 2018, les autorités néerlandaises ont expulsé quatre espions russes présumés du GRU qu'ils accusaient d'avoir tenté de pirater l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui enquêtait sur des attaques en Syrie.

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