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La Fed relève ses taux de trois quarts de point de pourcentage

Jerome Powell lors d'une conférence de presse.

« L'inflation reste élevée », explique le patron de la Fed, Jerome Powell, à la suite de la troisième hausse consécutive du taux directeur.

Photo : Reuters / Elizabeth Frantz

Agence France-Presse

La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé mercredi ses taux directeurs de trois quarts de point, la plus forte hausse depuis 1994, afin de lutter contre l'inflation qui ne faiblit pas.

Il s'agit de la troisième hausse d'affilée de ces taux, qui se situent désormais dans une fourchette comprise entre 1,50 à 1,75 % et donnent le ton pour les crédits accordés aux particuliers et aux entreprises.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a expliqué ce nouveau tour de vis devant des journalistes lors d'une conférence de presse, mercredi après-midi. Cette hausse est inhabituellement importante, a-t-il dit.

La Fed a précisé, dans un communiqué publié à l'issue de la réunion de son Comité de politique monétaire (FOMC), qu'elle anticipait d'autres hausses. La plupart de ses responsables voient les taux grimper, d'ici à la fin de l'année, jusqu'à une fourchette de 3,25 à 3,50 %.

L'institution a par ailleurs assuré qu'elle restait déterminée à ramener l'inflation à son objectif de 2 %.

Cette forte hausse des taux avait été mise sur la table il y a quelques jours seulement, alors que la Fed prévoyait début mai une hausse d'un demi-point de pourcentage, ce qui était déjà l'accroissement le plus rapide depuis 2000.

Les chiffres de l'inflation en mai, publiés vendredi, ont toutefois eu l'effet d'une douche froide : la hausse des prix n'a pas ralenti, comme cela avait été le cas en avril. Elle a même atteint un nouveau record en 40 ans, à 8,6 % sur un an.

Les responsables de la Réserve fédérale ont également révisé mercredi à la hausse leurs projections d'inflation, tablant désormais sur 5,2 % en 2022 et 2,6 % en 2023, tandis qu'ils prévoyaient, en mars, respectivement 4,3 % et 2,7 %.

« La tempête idéale »

L'inflation demeure élevée, reflétant les déséquilibres entre l'offre et la demande liés à la pandémie, les prix de l'énergie plus élevés et, plus largement, les pressions sur les prix, a souligné la Fed.

L'institution rappelle que l'invasion russe en Ukraine et les sanctions contre la Russie ont créé des pressions supplémentaires à la hausse sur l'inflation et pèsent sur l'activité économique mondiale.

De plus, les confinements anti-COVID-19 en Chine ont exacerbé les problèmes sur les chaînes d'approvisionnement.

Tout ces facteurs ralentissent l'économie américaine.

Aussi la Fed anticipe-t-elle une croissance économique moins forte que prévu cette année aux États-Unis, à 1,7 %, contre 2,8 % précédemment.

Elle s'attend par ailleurs à ce que le taux de chômage s'élève à 3,7 % fin 2022 et à 3,9 % en 2023, quand elle le voyait auparavant à 3,5 %, son niveau de février 2020, juste avant la crise sanitaire, qui était le plus bas depuis 50 ans.

L'activité économique générale a rebondi après s'être contractée au premier trimestre, note pour l'heure la Fed, citant des gains d'emplois robustes ces derniers mois et un taux de chômage restant à un faible niveau.

Et les craintes de voir l'économie se contracter sont croissantes.

La Fed a tardé à relever son taux directeur

La Fed se démène pour juguler l'inflation, d'autant plus que sa crédibilité est en jeu. Ses responsables ont affirmé pendant des mois que cette hausse des prix ne serait que temporaire et ont, par conséquent, commencé seulement en mars à resserrer la vis.

Mais contrôler l'inflation sans faire plonger la première économie du monde en récession s'avère particulièrement délicat.

Que ce soit clair, nous ne sommes pas en train d'essayer d'induire une récession, a rétorqué Jerome Powell. Nous essayons de ramener l'inflation à 2 % [et conserver] un marché du travail solide.

Il avait estimé en mai que contrôler l'inflation sans récession restait atteignable, quoique difficile.

Jay Powell a reconnu qu'il y avait toujours un risque d'aller trop loin ou pas assez loin, mais que la pire erreur [...] serait d'échouer [à contrôler l'inflation], ce qui n'est pas une option.

Il a plus récemment souligné que cela pourrait s'accompagner d'une hausse du chômage. Le pays fait face à une importante pénurie de main-d'œuvre qui pousse les entreprises à relever les salaires, phénomène qui contribue aussi à alimenter l'inflation.

Selon Gregory Daco, économiste en chef d'EY-Parthenon, l'économie américaine se dirige vers une légère récession à la fin de l'année.

Les consommateurs continueront à dépenser librement pour les loisirs, les voyages et l'hôtellerie au cours de l'été, mais le contexte d'inflation élevée persistante, la flambée des taux d'intérêt et la chute des cours des actions éroderont le pouvoir d'achat et limiteront les investissements des entreprises au quatrième trimestre 2022 et au premier trimestre 2023, anticipe-t-il.

La forte inflation partout dans le monde, et ses effets sur les marchés, inquiètent au point que la Banque centrale européenne a tenu mercredi une réunion extraordinaire, à l'issue de laquelle elle a promis d'agir pour calmer les tensions sur la dette souveraine.

La semaine passée, elle avait annoncé qu'elle commencerait en juillet à relever ses taux.

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