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Autant de sans-abri morts à Edmonton seulement en 2021 qu’au cours de 2019 et 2020

Vue sur un monument recouvert de fleurs dans un parc.

La coalition d'Edmonton pour le logement abordable et contre l'itinérance (ECOHH) organise un mémorial public mercredi après-midi pour rendre hommage aux personnes décédées au cours des trois dernières années, la pandémie ayant entraîné son annulation en 2020 et en 2021.

Photo : Radio-Canada

Sofiane Assous

Deux cent vingt-deux personnes sans-abri sont décédées à cause de l'itinérance en 2021. C'est presque autant que les 231 personnes mortes au cours des années 2019 et 2020, selon les chiffres de la Coalition sur le logement et l'itinérance à Edmonton (ECOHH).

La Coalition estime que cette hausse représente la plus forte augmentation des 10 dernières années.

Jim Gurnett, porte-parole de la Coalition sur le logement et l'itinérance à Edmonton (ECOHH), pense que cette augmentation s'explique principalement parce le fait que, une fois qu'elles sont sans-abri, les personnes le restent longtemps. Il estime que cette situation a des conséquences directes sur leur état de santé.

Trop de personnes sont sans abri depuis trop longtemps. Et quand on est sans abri, c'est très dur pour la santé et la sécurité, explique-t-il.

Entre accidents, maladies et infections, les risques sont multiples, et une longue période d'itinérance expose les sans-abri à plus de fléaux et multiplie les risques, selon Jim Gurnett.

« Quand de nombreuses années passent [et qu'on est toujours] dans ces mauvaises conditions, cela conduit à des problèmes de santé compliqués, et jusqu'à la mort. »

— Une citation de  Jim Gurnett, porte-parole, Coalition sur le logement et l'itinérance à Edmonton

Jim Gurnett ajoute que beaucoup de sans-abri souffrent de maladies chroniques et d’autres problèmes de santé, la pandémie ayant exacerbé la situation. La contamination par la COVID-19 a compliqué une situation déjà difficile. Lorsqu'on n'a pas un endroit propre, sûr et sain pour vivre, une pandémie comme celle qu’on vient de vivre ne nous laisse aucune chance, affirme-t-il.

La dépendance, oui, mais pas seulement

Deux contenants de comprimés renversés sur une table.

La crise des opioïdes ne cesse de fracasser des records en Alberta.

Photo : AFP/Getty Images/Eric Baradat

Le nombre de personnes qui meurent de surdoses liées à la drogue a également augmenté à Edmonton pendant la pandémie. Toutefois, cela n’explique pas l'importante augmentation du nombre de décès chez les sans-abri. Oui, je pense que les mauvaises drogues qui sont dans la rue sont à l'origine de certains des décès, mais cela n'explique pas la plupart d'entre eux. C'est vraiment la longue période pendant laquelle les gens ont vécu dans la rue , affirme Jim Gurnett.

Des vies écourtées

Jim Gurnett pense que l'augmentation du nombre de décès chez les personnes sans-abri devrait inquiéter les autorités : Les gens qui meurent sont très jeunes, dans la quarantaine ou la cinquantaine. Ils sont donc privés de nombreuses années de vie. Il n'hésite pas à tirer la sonnette d'alarme. L'augmentation alarmante du nombre de décès est terrible et devrait nous inciter à agir, ajoute-t-il.

Une cérémonie bouleversante

Monument comémoratif pour les sans-abri à Edmonton.

Un mémorial public a été organisé mercredi après-midi au Homeless Memorial Plaza au centre-ville d’Edmonton, pour rendre hommage aux 453 personnes sans-abri décédées en 2019, 2020 et 2021.

Photo : Radio-Canada / Sofiane ASSOUS

La coalition a organisé un mémorial public mercredi après-midi au Homeless Memorial Plaza situé au centre-ville d’Edmonton, pour rendre hommage aux 453 personnes sans-abri décédées en 2019, 2020 et 2021.

La pandémie a forcé l'annulation de l'événement en 2020 et 2021.

Cela a toujours été un événement douloureux, explique l'organisatrice Susan Watson.

Une centaine de personnes ont assisté à la cérémonie, en présence du maire d’Edmonton Amarjeet Sohi, de représentants de partis politiques et des conseillers de la Ville.

David Johnson.

David Johnson estime qu'il y a un manque flagrant d'informations et d'orientations nécessaires lorsque les sans-abri en ont le plus besoin.

Photo : Radio-Canada / Sofiane ASSOUS

Des personnes sans-abri, comme David Johnson, ont également tenu à être présents à la cérémonie. Il est venu en mémoire de ses amis morts dans l’indifférence, dit-il.

J'étais dans un centre pour sans-abri et la personne qui dormait à côté de moi est morte 72 heures après que j'y ai déménagé, d’une surdose de drogue. Donc je suis ici pour honorer les gens qui sont morts, explique David Johnson.

« L'itinérance n'est pas une bonne situation à vivre.  »

— Une citation de  David Johnson.

M. Johnson est sans-abri par intermittence depuis deux ans et de façon permanente depuis six mois.

Vos amis sont menacés d'être expulsés si vous ne déménagez pas, parce que vous n'êtes pas autorisé à aider ni à changer votre contrat de location. Donc tu dois aller de l'avant, explique David Johnson, qui a dû quitter le Centre pour laisser de la place pour ses amis.

Il souhaite que les autorités fassent plus d’effort pour aider les itinérants et que l'information nécessaire pour orienter les personnes sans-abri soit plus accessible.

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