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Archives

Journée mondiale des réfugiés : témoignages de Bosniaques

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De 1993 à 1995, le Canada a accueilli 500 des 500 000 réfugiés de Bosnie-Herzégovine recensés par le Haut-Commissariat des Nations unies.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Tous les 20 juin, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) nous invite à réfléchir au sort des personnes déplacées par des conflits ou par des catastrophes. Puisque l’année 2022 marque le trentième anniversaire du siège de Sarajevo, nous vous proposons de suivre, grâce à nos archives, le parcours de Bosniaques qui ont pu fuir la guerre civile et se réfugier au Canada.

C’est le 5 avril 1992 que la guerre s’abat sur Sarajevo lorsque l'armée serbe – qui s’oppose à l’éclatement de la Yougoslavie – entreprend un blocus contre la capitale de la Bosnie-Herzégovine nouvellement indépendante.

Serbes orthodoxes, Bosniaques musulmans et Croates catholiques y vivaient tous ensemble dans une apparente harmonie jusqu’alors. Cette guerre civile qui les divise s’étirera sur quatre longues années.

Reportage de Marc-André Masson sur l'arrivée des premiers réfugiés bosniaques au Canada. Le bulletin de nouvelles est présenté par Dominique Poirier.

Les premiers réfugiés bosniaques arrivent au Canada en janvier 1993, comme en témoigne ce reportage au bulletin de nouvelles Édition magazine animé par Dominique Poirier. Le Canada doit accueillir 500 des 500 000 réfugiés de Bosnie-Herzégovine recensés par le Haut-Commissariat des Nations unies, explique l’animatrice.

Le journaliste Marc-André Masson va à la rencontre des 50 premiers réfugiés bosniaques qui atterrissent à l’aéroport de Winnipeg le 17 janvier 1993. Ils arrivent du camp des Nations unies de Karlovac, en Croatie, où ils vivaient depuis leur libération de centres de détention serbes. Leurs conjoints, leurs parents, leurs familles ont été tués, déclare le journaliste.

Muhiba Ceric est sans nouvelles de son mari, un intellectuel capturé par les Serbes. Elle a dû fuir son village avec ses enfants : elle ne pouvait plus y travailler ni s’y faire soigner, parce qu'elle est musulmane.

Marc-André Masson s’entretient aussi avec deux hommes qui ont été internés pendant sept mois dans un camp de prisonniers. Ils connaissent peu le Canada et sont prêts à accepter n'importe quel emploi pour recommencer leur vie, souligne le journaliste.

Ils pourront entre autres compter sur l’aide et sur l’expérience de Bosniaques déjà installés au Canada – notamment depuis la Seconde Guerre mondiale – qui sont venus en grand nombre les accueillir à l’aéroport.

Reportage de Denis Guénette sur l'arrivée des premiers réfugiés bosniaques au Québec. Le bulletin de nouvelles est présenté par Michèle Viroly.

Le 23 janvier 1993, c’est au tour du Québec de recevoir un premier groupe de réfugiés bosniaques, composé d’une dizaine de familles et de quelques célibataires qui ont été chassés de leur maison et détenus dans des camps.

La ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration, Monique Gagnon-Tremblay, vient les saluer à l’aéroport de Québec, comme le montre ce reportage de Denis Guénette au Téléjournal, animé par Michèle Viroly.

Le gouvernement compte beaucoup sur la collaboration de la population pour accueillir ces réfugiés qui, dès la fin de février, entreprendront des cours de français et chercheront à s'intégrer au marché du travail, explique le journaliste. Le centre multiethnique de Québec les hébergera d’abord puis les aidera à emménager dans leur propre logement dans un délai de deux semaines.

Bien qu’heureux de cet accueil, les réfugiés interrogés par le journaliste souhaitent avant tout trouver un emploi et pouvoir commencer à s’occuper d’eux-mêmes.

S’intégrer sans oublier

Le journaliste Alain Gravel et le réalisateur Peter Ingles présentent le portrait d'une réfugiée bosniaque établie à Montréal qui se demande si elle retournera vivre dans son pays d'origine.

À l’émission Enjeux du 6 novembre 2001, Alain Gravel et Peter Ingles présentent le parcours de Seana Pasic, une réfugiée bosniaque installée à Montréal depuis cinq ans.

Seana avait onze ans quand la guerre a éclaté en Bosnie. Ses années les plus légères lui ont été volées, elle qui vivait dans un quartier très exposé de Sarajevo. Elle se souvient de la peur constante qui la tenaillait, de la vie qui s’était arrêtée et du mince instinct de survie qui subsistait. À un certain point, l’espoir s’était évanoui. Je voulais juste être morte avant mes parents, confie-t-elle au journaliste Alain Gravel.

La première chose que j'ai faite en arrivant ici, c'est d'oublier, dit Seana, qui travaille au Café Sarajevo, où elle chante des airs que lui fredonnait son père. Au journaliste, elle montre son journal intime, dans lequel sont compilés tous ses souvenirs d’enfant de la guerre.

Seana ne veut plus faire abstraction d’une partie d’elle-même. Elle ressent un besoin urgent de retourner dans son pays d'origine, peut-être pour y rester. L’équipe d’Enjeux la suit à Sarajevo qui, même six ans après le règlement du conflit, porte encore des blessures de bombardements.

La vie demeure difficile à Sarajevo, observe Seana, qui retrouve des amis avec qui elle a partagé les dangers de la guerre. Ils lui parlent de leur avenir et de leurs perspectives, très sombres. 60 % des jeunes partiraient s'ils le pouvaient, explique-t-elle au journaliste.

Elle rencontre aussi des enfants pris en charge par des organismes humanitaires pour les aider à surmonter leurs traumatismes. Je me suis reposée pendant cinq ans, constate Seana. Eux, ils n’ont jamais arrêté. Il y a un combat qui se fait toujours.

Seana rêvait de revenir vivre à Sarajevo parmi les siens, mais elle a plutôt choisi de rentrer à Montréal, libérée du poids de ce conflit intérieur qui a assombri sa jeunesse. Ça me sécurise, ça me renforcit pour pouvoir continuer ma vie, exprime-t-elle au journaliste d’Enjeux qui l’a suivie dans sa démarche.

Reportage de Guylaine Bussière sur deux réfugiées bosniaques devenues enseignantes à l'école qui les a accueillies dans une classe d'accueil. Le bulletin de nouvelles est présenté par Brigitte Bougie.

Puis, il y a cet autre exemple d’intégration lumineux présenté par l’animatrice Brigitte Bougie au bulletin de nouvelles Le National du 13 novembre 2007.

En 1995, des dizaines de jeunes Bosniaques ont fait leur entrée dans une classe d’accueil à l’école secondaire de Rochebelle, à Québec. Ils avaient pour défi d’apprendre une nouvelle langue et de s’adapter à une nouvelle culture.

Treize ans plus tard, deux de ces réfugiés enseignent à cette même école, relate la journaliste Guylaine Bussière. Oksana Havreljuk, 26 ans, enseigne les mathématiques et les sciences, et Neda Marincic, 25 ans, l’anglais langue seconde.

« C’est une école qui est très importante pour moi. J’ai déjà une très belle expérience ici, alors c’est sûr que pour moi, c’est comme un petit peu un rêve de travailler ici. »

— Une citation de  Oksana Havreljuk

Je suis arrivée le 30 mars 1995 en classe d’accueil, témoigne Neda Marincic. Je ne parlais pas un mot de français ni d'anglais, et puis maintenant, j'enseigne l’anglais langue seconde ici à l'école. Cette fierté est partagée par les enseignantes qui les ont accueillies et vues cheminer au fil des ans.

L'école de Rochebelle reçoit de jeunes immigrants ou réfugiés dans les classes d’intégration depuis le début des années 1980, explique la journaliste. En 2007, ils sont une soixantaine d’élèves de 21 nationalités et de 12 langues différentes à se consacrer à l’apprentissage du français.

C’est un merveilleux concept que j'adore et qui a été très utile pour mon développement à moi, exprime Neda Marincic, qui représente maintenant une source d’inspiration pour les élèves de l’école de Rochebelle.

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