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Le bulldog anglais souffre de la gueule faisant son succès

Gros plan sur la tète d'un bulldog anglais.

Le bulldog anglais court deux fois plus de risques de souffrir d'un problème de santé qu'un chien d'une autre race.

Photo : iStock / feedough

Agence France-Presse

Avec sa face écrasée et son profil court sur pattes, le bulldog anglais est une coqueluche des passionnés de chiens de race, mais ce succès se paie d'un risque accru de troubles de santé, selon des scientifiques britanniques.

Si le coq est gaulois, le bulldog est anglais. Molosse initialement élevé pour lutter contre des taureaux, il est devenu animal de compagnie dans l'Angleterre victorienne au 19e siècle, rappelle une étude publiée mercredi dans Canine Medecine and Genetics.

Les éleveurs ont alors exagéré, par croisement, les caractères distinctifs de ses ancêtres pour obtenir une face plus courte dotée d'une large mâchoire inférieure, une constitution plus épaisse et des pattes arquées.

L'animal est aujourd'hui parmi les plus prisés au Royaume-Uni. Il arrivait en quatrième position en 2020 au classement des enregistrements de chiens dans la grande association britannique du Kennel Club.

Gros plan d'un bulldog.

Bulldog anglais

Photo : getty images/istockphoto / Kenneth Horn

L'étude menée par Dan O'Neill, du Royal Veterinary College, montre quelle est la rançon de ce succès. Le bulldog anglais court deux fois plus de risques de souffrir d'une affection qu'un autre chien, selon l'étude statistique menée en 2016 sur un échantillon de plus de 24 000 chiens, dont plus de 2000 bulldogs anglais, passés par un cabinet vétérinaire.

Son joli pelage plissé favorise les dermatites. Quant à son oeil larmoyant, c'est une réaction à ce que les Britanniques appellent un cherry eye, un oeil en cerise, causé par une inflammation des tissus. Sa face aplatie est à la source de syndromes respiratoires qui limitent par exemple sa résistance à l'effort. Et le poids excessif de sa musculature est la cause de kystes entre les doigts. Sans parler de la transformation radicale de la morphologie de l'animal, qui complexifie la mise bas des femelles et implique le recours à des césariennes.

Ces problèmes n'ont rien de nouveau et leur prévalence dans cette race est répertoriée depuis plusieurs dizaines d'années. C'est cependant la première fois que des scientifiques les quantifient : Bon nombre de prédispositions à des pathologies rapportées dans cette étude sont étroitement liées à la conformation extrême du bulldog anglais à des critères de race.

Les auteurs de l'étude en appellent donc aux éleveurs pour qu'ils changent ces critères, afin d'éviter que le Royaume-Uni rejoigne la liste grandissante de pays où l'élevage de bulldogs anglais est interdit.

Dans un jugement retentissant, le tribunal d'Oslo a proscrit l'élevage du bulldog anglais et du Cavalier King Charles Spaniel en Norvège, au motif que la pratique leur inflige des souffrances incompatibles avec la loi sur la protection des animaux.

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