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Notre-Dame-du-Laus veut sauver la résidence pour aînés du village

Une autre résidence privée pour aînés (RPA) des Laurentides pourrait bientôt fermer ses portes, avec un préavis d’à peine un mois. Un défi pour des municipalités un peu partout au Québec qui cherchent à maintenir de l’hébergement local pour les aînés.

Devant sa résidence.

Le maire de Notre-Dame-du-Laus, David Cyr

Photo : Radio-Canada

Le maire d’une petite municipalité des Laurentides veut à tout prix éviter que les aînés hébergés à la Résidence sous les étoiles soient contraints de quitter les lieux.

À la fin du mois de mai, les propriétaires ont annoncé aux familles de manière cavalière que les résidents devaient avoir déménagé le 21 juin, explique le maire de Notre-Dame-du-Laus, David Cyr.

Nous avons mis sur pied un plan de sauvetage pour prendre en charge la gestion de la résidence afin d’éviter sa fermeture, explique le maire de la municipalité de 1700 habitants.

En principe, un préavis de neuf mois aurait été nécessaire.

La résidence de 30 places hébergeait depuis une dizaine d’années des personnes âgées, dont plusieurs avaient plus de 85 ans.

Pour Lyne Bergeron, le choc a été brutal. Mon père de 82 ans habitait là depuis 2018 et le service était excellent, dit-elle. Comme plusieurs autres familles, elle s’est mobilisée pour trouver une autre RPA à l’extérieur du village. Nous l’avons déménagé samedi dernier dans une résidence à Buckingham, il était épuisé et un peu confus.

« Je vais m’acharner pour garder ça en vie. Je ne peux pas accepter ça qu’on déménage des aînés qui ont construit le village, qui ont participé à la vie sociale et économique. »

— Une citation de  David Cyr, maire de Notre-Dame-du-Laus

Le maire a bon espoir de trouver un aménagement temporaire avec le principal créancier, Robert Turpin.

Joint par Radio-Canada, M. Turpin rappelle qu’il a investi 2,5 millions de dollars dans l’aventure sous forme de prêt et que l’important, pour l’instant, c’est d’éviter les déménagements.

Dans une lettre envoyée à l’ensemble des résidents, la copropriétaire Hélène Bondu explique : Je ferme parce que je dois faire faillite car je suis allée au bout de ce que je pouvais.

Rencontrée sur place, mercredi, la propriétaire n'a pas voulu nous accorder d'entrevue formelle, affirmant qu'on lui avait conseillé de ne pas s'adresser aux médias.

Au cabinet de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, l’attaché de presse Jean-Charles Del Duchetto souligne que la propriétaire ne respecte aucune norme ni loi en ce qui concerne la fermeture et la cessation des activités de sa RPA.

Ce dernier ajoute que des actions ont été posées, notamment la visite d’un inspecteur du ministère afin de pouvoir rédiger les documents pour l’infraction qui seront transmis au DPCP. Les propriétaires s’exposent à des amendes de milliers de dollars.

La Résidence sous les étoiles à Notre-Dame-du-Laus.

La Résidence sous les étoiles à Notre-Dame-du-Laus

Photo : Radio-Canada

M. Del Duchetto précise que des mesures prévues au projet de loi 16 permettent aux municipalités de financer des RPA. D’autres mesures de soutien sont disponibles.

Selon nos informations, la loi prévoit une administration provisoire de 120 jours dans les circonstances de maltraitance, de mauvais soins ou de négligence.

Une lettre a été envoyée à l’exploitante de la part du CISSS qui lui rappelle ses obligations, dont celle de permettre l’entrée des employés du CISSS afin de maintenir une qualité de soins et de services.

Au CISSS des Laurentides, une porte-parole assure que l’établissement travaille en étroite collaboration avec la Municipalité afin de soutenir les résidents de la ressource et leur famille, afin de trouver une solution pérenne au maintien d'un lieu d'accueil pour les aînés de cette localité. Aucun usager ne se retrouvera sans foyer.

Plusieurs fermetures dans les Laurentides

L’annonce de la fermeture de la Résidence sous les étoiles s’inscrit dans une tendance remarquée ces dernières années.

Selon les données du CISSS des Laurentides, une dizaine de RPA ont fermé leurs portes en 2021, ce qui a retiré plus de 200 places à des aînés.

Si tu as 50 chambres, ça peut être rentable, mais en bas de 50 chambres, je ne pense pas que quelqu'un puisse bien vivre aujourd’hui, nous disait en début d’année Jean-Pierre Audet qui a exploité pendant près de 15 ans une RPA à Sainte-Agathe-des-Monts.

Des villes ont besoin d’aide

À la ville de La Malbaie, le maire Michel Couturier constate lui aussi les défis de maintenir du logement abordable local avec des services pour les aînés.

Dans sa région, une résidence a fermé à Saint-Hilarion, une autre de 10 places doit fermer en juillet à Saint-Fidèle, tandis qu’une autre pourrait fermer à Notre-Dame-des-Monts.

Le modèle de maison des aînés est formidable, mais ce ne sera pas suffisant pour soutenir le vieillissement de la population, constate M. Couturier.

Comme administrateur à la Fédération québécoise des municipalités (FQM), le maire de La Malbaie discute avec des collègues partout au Québec. Je crois qu’avec une légère subvention de 5000 $ par résident, on pourrait garder bien des résidences en vie, soutenir leurs opérations [...] avec des loyers abordables de 1200 $ à 1800 $ par mois, conclut-il.

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