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Loi sur les mesures d’urgence : les conservateurs veulent la démission de Mendicino

Un homme le doigt en l'air répond aux questions de l'opposition.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino

Photo : La Presse canadienne / Patrick Doyle

La Presse canadienne

Les conservateurs fédéraux soutiennent que le ministre de la Sécurité publique du Canada, Marco Mendicino, a perdu sa crédibilité à cause de ses commentaires sur la décision d'invoquer la Loi sur les mesures d'urgence et lui demandent de démissionner.

Marco Mendicino fait l'objet d'un examen minutieux depuis qu'il a déclaré à un comité spécial de la Chambre des communes que la police avait demandé au gouvernement d'invoquer la Loi sur les mesures d'urgence, en février dernier, au moment où des milliers de manifestants bloquaient le centre-ville d'Ottawa pour protester contre les mesures sanitaires.

Depuis lors, la GRC et la police d'Ottawa ont déclaré qu'elles n'avaient pas demandé l'application de la loi, et le sous-ministre de la Sécurité publique a indiqué au même comité que les propos de M. Mendicino avaient été mal compris.

Tentative d'explications

M. Mendicino a tenté de clarifier ses commentaires, affirmant que le gouvernement avait consulté la police sur les pouvoirs dont elle avait besoin pour mettre fin aux blocages, et que la Loi sur les mesures d'urgence était le seul moyen de leur donner ces pouvoirs.

Les conservateurs fédéraux ont déclaré que le ministre de la Sécurité publique avait perdu sa crédibilité à cause de ses commentaires sur la décision d'invoquer la Loi sur les mesures d'urgence, et ils lui demandent de démissionner.

M. Mendicino a dit que le gouvernement ne s'excusera jamais d'avoir fait le nécessaire pour mettre fin aux manifestations et a appelé l'opposition officielle à s'excuser d'avoir soutenu le convoi.

C'était la bonne décision

Le ministre de la Protection civile, Bill Blair, et la vice-première ministre, Chrystia Freeland, affirment qu'ils n'ont pas reçu de recommandations de la police concernant l'adoption de la Loi sur les mesures d'urgence.

Les deux ministres ont été appelés à témoigner, mardi soir, devant le comité parlementaire spécial chargé d'explorer pourquoi le gouvernement a déclaré une urgence nationale au milieu des blocages aux passages frontaliers et au centre-ville d'Ottawa, en février.

Je ne suis au courant d'aucune recommandation des forces de l'ordre, a déclaré M. Blair. Très franchement, c'est une décision du gouvernement.

Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, se lève pendant la période des questions à la Chambre des communes sur la Colline du Parlement à Ottawa le vendredi 27 novembre 2020.

Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, à la Chambre des Communes (archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Il a dit que lors de la manifestation, il parlait régulièrement avec la police qui avait clairement des difficultés à rétablir la loi et l'ordre, et que son rôle était d'essayer de comprendre pourquoi cela se produisait.

En réponse au sénateur Claude Carignan, qui a demandé si M. Blair était au courant d'une telle recommandation, il a déclaré : Franchement, j'aurais été assez surpris si la police avait effectivement fait une recommandation politique ou demandé une autorité législative.

Je ne pense pas que cela aurait été une chose appropriée à demander pour les forces de l'ordre, et ils ne l'ont pas demandé, a réitéré M. Blair.

Pour sa part, Mme Freeland n'a pas répondu directement aux questions à savoir qui, autour de la table du cabinet, a suggéré d'utiliser la loi.

Je voudrais assumer la responsabilité personnelle de cette décision, je pense que c'était la bonne décision, a-t-elle affirmé.

Chrystia Freeland s'adresse aux journalistes en conférence de presse.

La ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland (archives)

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

Plusieurs membres l'ont accusée de ne pas répondre aux questions, d'être évasive et de ne pas apporter de nouvelles informations.

Dans ses réponses aux questions, elle a entre autres cité des reportages et la Ville d'Ottawa, et elle a recommandé que les membres du comité adressent certaines questions à d'autres, y compris la GRC.

Le député du Bloc québécois Rhéal Fortin n'a pas pu obtenir de réponse directe à ses questions sur les mesures que le gouvernement fédéral a tenté de prendre avant d'utiliser la loi, ce que Mme Freeland a qualifié de dernier recours.

Le député néo-démocrate Matthew Green a demandé à plusieurs reprises si la ministre avait pris des notes lors des réunions de haut niveau qu'elle avait eues avec des responsables de la banque au sujet des mesures économiques contenues dans la déclaration d'urgence.

Après n'avoir obtenu aucune réponse pendant son temps imparti pour les questions, M. Green a lancé : c'est irréel.

Le député conservateur Larry Brock a soutenu que la ministre Freelanda perdu 90 minutes du temps précieux du comité.

Je suis consciente que beaucoup d'entre nous ici sont élus et que nous avons un travail partisan à faire, a déclaré Mme Freeland à un moment de la réunion.

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