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Réhabilitation du rail gaspésien : pas de réel porteur politique, selon un rapport

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Le rapport met en lumière plusieurs exemples du « manque de volonté gouvernementale ». (archives)

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Alice Proulx

Le manque de volonté du gouvernement du Québec et le peu de pouvoir des intervenants régionaux sont montrés du doigt dans le rapport sur le dossier de la réhabilitation du chemin de fer en Gaspésie.

Présenté mercredi en avant-midi, ce rapport intitulé Le train gaspésien, un dossier orphelin, a été réalisé par la firme Lelièvre Conseils Développement des Régions à la demande du Comité citoyen pour le développement de Gaspé et Solidarité Gaspésie.

Il met en lumière divers exemples du manque de volonté gouvernementale, notamment en ce concerne la réfection du tronçon entre Caplan et Port-Daniel–Gascons, dont l'échéancier a été retardé d'au moins deux ans par le ministère des Transports du Québec (MTQ).

Il est anormal que des travaux de réhabilitation d'un chemin de fer déjà existant et érigé en pleine campagne prennent autant de temps pour être effectués. On ne peut que douter de la vision et de la volonté réelle de l'appareil gouvernemental notamment à l'égard de la question du transport intra et interrégional, peut-on lire dans le rapport.

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Des travaux majeurs sont prévus à l'été 2022 sur le tronçon du chemin de fer situé entre Caplan et Port-Daniel–Gascons (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

« Le dossier de la réhabilitation du chemin de fer gaspésien a fait l'objet d'une carence importante en matière de leadership politique et de capacité de l'appareil gouvernemental à réaliser les travaux nécessaires à la reprise de son service. »

— Une citation de  Rapport Le train gaspésien, un dossier orphelin

Ces constatations ont également relancé le débat sur la place des régions par rapport aux grands centres en ce qui a trait aux priorités gouvernementales.

Le président de Lelièvre Conseils Développement des Régions, Gaétan Lelièvre, rappelle que les travaux du Réseau express métropolitain (REM) que relie la Rive-Sud de Montréal à la gare Centrale de Montréal ont été beaucoup plus prompts que ceux du chemin de fer en Gaspésie, établit il y a plusieurs années.

Un des éléments qu’on soulève dans le rapport, qui en dit long, c’est qu’on a réussi à construire un REM au centre-ville de Montréal au coût de 7 milliards de dollars en 3 ans et on n’a pas réussi à réhabiliter des ponts de chemin de fer en Gaspésie évalués à 200 millions de dollars en 7 ans, lance-t-il en entrevue à l'émission Bon pied, bonne heure!.

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Gaétan Lelièvre déplore l'incertitude entourant la réhabilitation du tronçon entre Port-Daniel–Gascons et Gaspé qui nuit selon lui au développement régional (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

M. Lelièvre soutient que cette situation freine grandement les efforts de développement socio-économique réalisés par les divers acteurs la région.

Des élus régionaux menottés

La forme de gouvernance régionale actuelle est-elle en mesure de défendre réellement le dossier?

D'après la firme, les intervenants politiques et économiques de la Gaspésie, comme la Société de chemin de fer (SCFG) et les élus municipaux, semblent détenir peu d'emprise dans le dossier sur la réhabilitation du chemin de fer.

« Les intervenants politiques de la région sont un peu menottés dans ce dossier-là, ça c’est un élément spécifique du rapport qui, jusqu’à aujourd’hui, n’a peut-être pas été mis en lumière. »

— Une citation de  Gaétan Lelièvre, président de la firme
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La Société du chemin de fer de la Gaspésie opère à la gare autrefois utilisée par VIA Rail, à New Richmond (archives).

Photo : Radio-Canada

M. Lelièvre affirme que depuis l'abolition des Conférences régionales des élus, en 2014, qui avait pour but de conseiller le gouvernement sur les enjeux régionaux, les élus ne peuvent plus talonner le gouvernement sur l'avancement des dossiers locaux comme ils le faisaient autrefois.

Est-ce qu’il y a vraiment des intervenants en région qui ont une capacité réelle de mettre de la pression sur le gouvernement? C’est l’un des questionnements majeurs du rapport, soutient M. Lelièvre.

Pourquoi maintenir le service ferroviaire?

Dans le rapport, il est aussi question de l'importance de maintenir un réseau de chemin de fer de qualité dans la région.

La réhabilitation du rail gaspésien s'avère un projet moteur, selon la firme, qui permet de maintenir une occupation dynamique du territoire.

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Les villes pourraient bénéficier grandement du transport ferroviaire (archives).

Photo : Radio-Canada / Louis Pelchat-Labelle

Le rapport souligne, par le fait même, les avantages environnementaux de ce mode de transport.

Le transport ferroviaire contribuerait grandement à l'atteinte de cibles importantes notamment sur le plan de la sécurité routière, sur le plan de la diminution des gaz à effet de serre et au plan social et économique, est-il mentionné.

À titre d'exemple, la firme indique que des entreprises basées en Gaspésie, comme LM Wind Power et la Cimenterie de Port-Daniel, doivent actuellement recourir à des moyens de transports qui sont plus polluants et plus chers.

La reprise du service de transport ferroviaire des personnes et des marchandises permettrait aussi de réaliser plusieurs gains comme l'augmentation de la sécurité routière, en limitant le nombre de camion sur la route 132, l'arrivée de nouvelles familles dans la région et le développement de l'industrie touristique.

Qu'en est-il des recommandations?

Neuf pistes de solution ont été énumérées dans ce rapport afin de favoriser le retour du service ferroviaire sur la totalité du tronçon gaspésien de La Matapédia à Gaspé.

Les grandes lignes concernent, entre autres, la nécessité d'obtenir un échéancier précis des travaux entourant le tronçon entre Caplan et Port-Daniel–Gascons, la remise en service du train touristique l'Amiral dans les plus brefs délais ainsi que la nécessité d'instituer une coalition régionale pour assurer un suivi du dossier.

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Des travaux sont encore à faire sur plusieurs autres autres ponts situés entre Caplan et Port-Daniel-Gascons, dont ce pont situé près de la gare de Port-Daniel qui requiert une réfection majeure (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

En ce qui a trait à ce tronçon, la firme demande de retirer le dossier de la réhabilitation à la Société québécoise des infrastructures (SQI) pour le confier au MTQ et à SCFG.

Est-ce que la SQI détient les compétences nécessaires pour mener à terme un dossier ferroviaire? Le dossier doit-il retourner sous la gestion directe du MTQ et de la SCFG qui ensemble, avaient mené avec succès les phases antérieures du tronçon Matapédia-Caplan?, sont des questions auxquelles ont réfléchi le Comité citoyen pour le développement et Solidarité Gaspésie.

La firme recommande également à la SCFG de mettre en place un sous comité dédié à suivre l'évolution des différents travaux auprès des instances gouvernementales, mais aussi pour informer régulièrement la population de ces avancements.

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La firme exige de remettre le train de l'Amiral en service (archives).

Photo : Facebook/Rail GD

Il est aussi question de demander au Regroupement des MRC de la Gaspésie de déployer une stratégie en matière de transport, incluant un volet ferroviaire, sur le territoire qui permettrait de répondre aux besoins de la population.

La firme demande également à Québec, aux élus régionaux ainsi qu'aux utilisateurs du transport des marchandises de considérer prioritairement l'utilisation du transport ferroviaire.

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