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Gazprom réduit de 40 % ses livraisons de gaz à l’Allemagne

Un homme travaille près des gigantesques tuyaux d'un terminal gazier.

Le terminal du gazoduc Nord Stream 2, à Lubmin, en Allemagne. L'Allemagne a suspendu le processus de certification du gazoduc à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Photo : La Presse canadienne / AP/Michael Sohn

Radio-Canada

Le géant russe Gazprom a abruptement annoncé mardi une baisse de plus de 40 % de ses livraisons de gaz vers l’Allemagne par le gazoduc Nord Stream, arguant que la firme allemande Siemens ne lui a pas livré des équipements dont elle a besoin.

Les livraisons de gaz par le gazoduc Nord Stream ne peuvent être assurées que jusqu'à un volume de 100 millions de m3 de gaz par jour au lieu des 167 millions de m3 par jour prévus, affirme-t-il dans un communiqué publié sur Telegram.

La plus importante compagnie de Russie soutient qu'en l'absence de compresseurs de Siemens, seules trois unités de compression de gaz peuvent actuellement être utilisées à la station de Portovaïa, située à proximité de Vyborg, tout près de la frontière avec la Finlande, où se fait le remplissage de Nord Stream.

L'annonce de Gazprom survient alors que les conjectures vont bon train quant à une visite imminente à Kiev du chancelier allemand Olaf Scholz, qui serait accompagné pour l'occasion du président français Emmanuel Macron et du premier ministre italien, Mario Draghi.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne cesse de mettre de la pression sur le chancelier Scholz pour qu'il accepte de lui livrer plus d'armes, à l'heure où les forces armées ukrainiennes sont contraintes de reculer sous le feu russe à Sievierodonetsk, dans la région de Louhansk.

Dans une entrevue à la télévision allemande ZDF diffusée lundi soir, M. Zelensky l'a invité à cesser de chercher un équilibre dans ses relations entre les deux belligérants. Lui et son gouvernement doivent décider : il ne peut pas y avoir de compromis entre l'Ukraine et les relations avec la Russie, lui a-t-il lancé.

Malgré cette chute des livraisons, le gouvernement allemand a assuré mardi que la sécurité de l'approvisionnement (était) toujours garantie pour le pays, selon un porte-parole du ministère de l'Économie.

Contacté par l'AFP, Siemens n'a pas voulu faire de commentaire pour le moment sur cette question, précisant toutefois être en train de clarifier la situation, si et comment cela concerne (notre) entreprise.

Selon les données de la société d'exploitation du pipeline, 59,2 milliards de mètres cubes de gaz naturel ont été exportés de Russie vers l'Europe par Nord Stream en 2021.

Le gazoduc a été mis en service en 2012, après avoir coûté près de 7,4 milliards d'euros d'investissement, soit près de 10 G$ CA.

Des relations tumultueuses

Au début de l’année, plus de la moitié des importations de gaz allemandes venaient de Russie, mais le gouvernement allemand a récemment annoncé que cette proportion a chuté à 35 %. Berlin croit être en mesure de cesser d’importer du pétrole russe d’ici la fin de 2023, et du gaz russe, d'ici le milieu de 2024.

Le 22 février, le gouvernement allemand a suspendu le processus de certification du gazoduc Nord Stream 2, construit sur le même parcours de 1230 kilomètres que le gazoduc original Nord Stream sous la mer Baltique, se privant ainsi d'une capacité de 55 milliards de m3 de gaz par an.

La décision avait été prise après que le Kremlin eut annoncé reconnaître l'indépendance des républiques prorusses autoproclamées de Donetsk et Louhansk, en Ukraine, fondées lors de la guerre de 2014. L'invasion de l'Ukraine s'est produite deux jours plus tard.

Cherchant à soutenir le rouble, affaibli par les sanctions occidentales, le Kremlin a ensuite exigé que les pays européens utilisent la monnaie russe pour payer leurs importations de gaz, dont ils sont globalement dépendants. Cette décision a été contestée par de nombreux pays.

Fin avril, Gazprom a complètement cessé ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne, qui refusaient de se soumettre à ses exigences. L'Union européenne a dénoncé un « chantage au gaz » et dénoncé le manque de fiabilité de la Russie en tant que fournisseur.

Les pays de l'UE ont depuis annoncé un embargo presque total sur le pétrole russe d'ici la fin de l'année, mais sans aller jusqu'à faire de même avec le gaz. Le Kremlin a entre-temps exprimé sa volonté de réorienter les exportations énergétiques russes de l'Europe vers l'Asie.

Dans la foulée d'une visite de la cheffe de l'exécutif européen à Jérusalem lundi, la Commission européenne a fait savoir des annonces concernant une coopération énergétique avec Israël et d'autres partenaires dans la région doivent être faites dans les prochains jours.

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC

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