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Audiences sur le train léger : pression politique et choix des trains

Le train léger d'Ottawa.

Le train léger d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

À quel point l’équipe du maire d’Ottawa Jim Watson a-t-elle exercé une pression, en 2011, sur les constructeurs pour que le projet de train léger soit complété le plus rapidement possible? C’est ce qu’a tenté de déterminer la Commission d'enquête, lundi, lors de la première journée des audiences.

Les pressions exercées par Jim Watson pour que les travaux n’entravent pas le centre-ville lors des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération en 2017 — soit un an avant la date initialement prévue — ont fait l’objet de plusieurs questions par le principal avocat de la Commission John Adair.

Ce dernier est revenu régulièrement sur le rôle et la participation du maire dans l’établissement de l’échéancier des travaux, lors de l'interrogatoire mené auprès de John Jensen, qui dirigeait à l’époque le bureau de mise en œuvre du projet à la Ville d'Ottawa.

« Le maire voulait s’assurer que toutes les occasions d’avancement soient explorées. »

— Une citation de  Me John Ardair, principal avocat de la commission d’enquête

Me John Adair a tenté de démontrer, document à l’appui, que le conseil municipal et, en particulier, le maire Watson aurait formulé ces demandes sans vraiment tenir compte de l’avis des experts engagés pour guider la Ville dans le processus. 

Deux hommes sur un écran de télévision.

L'avocat principal de la Commission d'enquête sur le train léger, John Ardair (à gauche) et le premier témoin John Jensen.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

  • Serait-il juste de dire qu’il s’agissait d’une directive politique découlant du bureau du maire au personnel et aux experts?, a demandé l’avocat à M. Jensen.
  • Je crois qu’il y avait un intérêt marqué pour que le centre-ville d’Ottawa soit en bon état pour ces célébrations-là, a répondu M. Jensen.
  • Vous dépensiez des millions et des millions de dollars sur des experts à propos de calendriers, d’ingénieries, d’ordre de fonctionnement et du temps que ça prendrait, mais ce ne sont pas eux qui vous ont demandé d’accélérer le calendrier et de tout terminer en juillet 2017, mais bien le bureau du maire, c’est ça? a lancé l’avocat.
  • En effet, ça ne venait pas des experts, a reconnu M. Jensen.
La salle d'audiences

Premier jour des audiences publiques de la commission d'enquête sur le train léger d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Me John Ardair a plus tard suggéré que ces pressions pouvaient avoir été à l’origine de certains problèmes dans la construction du projet.

En exerçant des pressions sur le programme, ça crée des risques supplémentaires [de faire des erreurs], n’est-ce pas?, a demandé l’avocat.

Exact, a répondu M. Jensen qui a toutefois insisté pour dire qu’il s’attendait à ce que les experts le mentionnent, si ces pressions étaient trop grandes.

Le choix des véhicules était-il le bon?

L’avocat principal a aussi soulevé de nombreuses incongruités quant au processus qui ont mené au choix des trains de la compagnie Alstom.

Me Ardair a rappelé que le modèle de trains proposé par Alstom n’avait jamais été éprouvé dans un climat tel que celui d’Ottawa. En plus, ce modèle a été modifié de manière à répondre à une exigence bien particulière de la Ville de pouvoir transporter 24 000 passagers à l’heure.

L’avocat a démontré, se basant sur des rapports fournis par la Ville, que le déploiement du train à Ottawa a fait l'objet d'une forme d’expérimentation.

Saviez-vous qu’en 2011-2012, alors que le processus d’approvisionnement suivait son cours, qu’Alstom considérait la mise en œuvre de ses trains à Ottawa comme étant un banc d’essai?, a-t-il demandé à M. Jensen.

Non, lui a répondu le fonctionnaire.

Me John Ardair a aussi montré des documents qui laissaient entendre que le projet de train léger, évalué à 2,1 milliards de dollars, était conçu pour s'adapter au prix, alors qu'il aurait peut-être fallu que ce soit le contraire.

La commission a entendu un second témoin Riccardo Cosentino du Groupe de transport Rideau (GTR), interrogé cette fois-ci par la seconde avocate principale, Me Christine Mainville notamment sur le coût du projet.

Les audiences se poursuivent mardi.

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