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En Alberta, les loyers augmentent, et les locataires désespèrent

Rebecca Martin devant la maison en location qu'elle doit quitter dans quelques mois

Rebecca Martin désespère de trouver un loyer à sa portée et dont le propriétaire accepte les animaux.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Après plusieurs années de stabilité, le vent a tourné pour les locataires de Calgary et d'Edmonton. Les loyers sont à la hausse, et le nombre de locations disponibles dans les deux grandes villes diminue.

Rebecca Martin, qui vit à Calgary en sait quelque chose. Elle cherche une nouvelle location depuis neuf mois, car son propriétaire a décidé de vendre la maison qu’elle loue à un promoteur immobilier.

La vente devait se faire en août dernier, mais, devant la lenteur du processus, son propriétaire lui a offert un bail de six mois supplémentaires. Ce répit n’a toutefois pas rendu sa recherche plus facile.

J’ai probablement appelé pour 30 propriétés par mois depuis août. Et de celles pour lesquelles on m’a rappel, j’en ai visité une vingtaine, explique-t-elle. Étant une mère célibataire avec des animaux, c’est vraiment impossible, ce n'est pas dans mon budget.

« Je suis très anxieuse. Je ne dors pas bien. »

— Une citation de  Rebecca Martin, locataire

Rebecca Martin dit pourtant avoir un historique financier impeccable et des lettres de recommandation. Elle croit cependant que ses deux chats, son chien et le fait d'avoir un seul revenu dissuadent les propriétaires qui ont le choix dans les dossiers.

La densification des quartiers a remplacé de nombreuses maisons locatives par des immeubles en copropriété qui n’acceptent pas les animaux : À part si on peut acheter, le marché des locations qui acceptent des animaux s’est considérablement réduit.

Loyers en hausse

La pénurie de locations vacantes est particulièrement critique pour ceux qui recherchent une maison, selon l’entreprise de gestion de propriétés Hope Street. Sur les 1872 maisons que l'entreprise gère à Calgary, seules 8 sont vacantes.

Une maison de style bungalow dans un quartier du nord-ouest de Calgary (prise le 9 juin)

Cette maison à Calgary se louait 2000 $ par mois l'année dernière. Ce mois-ci, elle a été louée 3400 $ par mois.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Avec une offre si réduite, le prix des loyers a augmenté, de près de 30 % en moyenne depuis le début de l’année, d'après les calculs de Hope Street. L’Alberta n’a aucune limite sur la hausse des loyers.

Le marché est un peu moins serré à Edmonton, où de nombreux immeubles ont été construits ces dernières années, mais là aussi, les maisons en location viennent à manquer.

Je suis dans le milieu depuis 43 ans et je n’ai jamais vu de taux d’inoccupation aussi bas, constate le président de Hope Street, Shamon Kureshi.

« Les propriétés se louent plus vite que jamais. [...] Beaucoup de locataires sont anxieux. »

— Une citation de  Shamon Kureshi, président de Hope Street

L’exemple qu’il cite est frappant. Une maison dans un quartier du nord-ouest de Calgary se louait 2000 $ par mois l’année dernière. Ce mois-ci, elle a trouvé preneur en une demi-journée pour 3400 $.

L’Alberta attire à nouveau

Il y a de nombreux petits facteurs qui se conjuguent, explique Shamon Kureshi, citant en premier la bonne santé des ventes immobilières. Un propriétaire peut vendre son bien en quelques jours et pour 100 000 $ de plus que l’année précédente. C’est une idée très attrayante.

L’agent immobilier Yanick Harrison constate le même phénomène. Il ajoute que la demande est en hausse. Il y a beaucoup de gens de l’extérieur qui déménagent ici, dit-il. Lui-même a vendu sa maison à des Ontariens. Des Britanno-Colombiens l’appellent régulièrement pour faire le saut de l’autre côté de la frontière.

Depuis deux trimestres, la migration interprovinciale vers l’Alberta est d’ailleurs devenue positive, encouragée par la meilleure santé économique de la province.

Des années de loyer stables

Si la hausse des loyers peut frustrer les locataires, certains appellent toutefois cela une correction naturelle.

Le président de l’association qui représente les propriétaires, la Calgary Residential Rental Association, Gerry Baxter, rappelle que la plupart des loyers n’ont pas été augmentés depuis des années. Au contraire, les gestionnaires offraient des incitatifs de plus en plus créatifs, du mois de loyer gratuit à des électroménagers gratuits.

En plus, les propriétaires ressentent les effets de l’inflation, note Gerry Baxter.

Il y a un moment où on ne peut plus absorber les coûts et, dans le cas de location, ces hausses se répercutent sur les locataires. Il y a eu des années très difficiles pour les propriétaires et le marché change, souligne-t-il.

Les assurances ont augmenté, et de beaucoup. Que ce soit la personne qui coupe le gazon ou celle qui nettoie les fenêtres, les prix des services ont beaucoup augmenté , ajoute Yanick Harrison, qui possède plusieurs propriétés locatives. Si j’augmente un loyer de 100 $, c’est parce que 95 $ sont liés à des augmentations de coût.

Conseils aux locataires : soyez prêts!

Aucun des acteurs du secteur ne peut prévoir combien de temps les loyers continueront d’augmenter. Gerry Baxter craint toutefois que la hausse des taux d’intérêt empêche de nombreux locataires d’accéder à la propriété, ce qui nuira encore plus à la vacance des locations.

Photo de Shamon Kureshi devant une porte de maison.

Shamon Kureshi est le président de l'entreprise de gestion de propriétés Hope Street.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Dans ce marché plus serré, Shamon Kureshi conseille aux locataires d’agir vite lorsqu’ils voient une propriété intéressante. Cela signifie qu'il faut avoir tous les papiers nécessaires pour prouver sa bonne santé financière et les fonds nécessaires au paiement d’un mois de loyer et de dépôt de sécurité.

Quelques droits à connaître: 

  • Augmentation de loyer : la hausse de loyer est limitée à une fois par an à partir du début du bail ou de la dernière augmentation de loyer. Il n’y a aucune limite à la hausse en Alberta, mais le propriétaire doit aviser son locataire au moins 12 semaines à l’avance ou plus selon le type de bail.

  • Fin de bail : le propriétaire peut mettre fin à un bail si lui ou un membre de sa famille souhaite vivre dans la propriété, si la propriété a été vendue (et non simplement mise en vente) et que le nouvel acheteur veut y habiter ou souhaite mettre fin au bail ou que la propriété va être démolie. Pour les baux à l’année, l’avis doit être envoyé au moins 90 jours à l’avance. Pour les baux au mois, la durée d’avis doit être de trois mois complets. 

Source : Guide de référence du gouvernement de l’Alberta (Nouvelle fenêtre) (en anglais)

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