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L’avenir des libéraux de l’Ontario, une question de « renaissance ou d’extinction »

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Steven Del Duca quitte la scène - au propre comme au figuré - après avoir démissionné de son poste de chef du Parti libéral de l'Ontario le soir des élections, à Vaughan.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Après la cuisante défaite électorale où ils n’ont remporté que huit sièges à Queen’s Park, des libéraux ontariens envisagent l’avenir du parti en termes de survie et en appellent à un profond examen de conscience s'ils veulent renaître de leurs cendres.

Avec le pire résultat électoral de leur histoire aux élections législatives du 2 juin, ils doivent désormais composer avec quatre autres années sans statut de parti officiel, ce qui signifie qu'ils n'obtiendront pas de financement pour leur personnel à Queen's Park.

Le Parti libéral de l’Ontario doit également faire face à une course à la direction pour trouver un remplaçant à Steven Del Duca, qui a annoncé sa démission le soir de l'élection.

La question la plus pressante demeure toutefois celle de l'orientation future du Parti.

On se dirige soit vers une extinction, soit vers une renaissance, et j'espère que c'est la seconde hypothèse, résume sans ambages Jonathan Scott, un stratège libéral qui a épaulé la candidature de Michael Coteau à la direction du Parti en 2020.

Selon M. Scott, le Parti n'a pas vraiment compris le message que les électeurs ontariens lui ont envoyé en 2018, à savoir qu'ils étaient insatisfaits de la façon dont les libéraux ont gouverné pendant la dernière ligne droite de leurs 15 années au pouvoir.

Il est impératif que le Parti fasse preuve d'humilité et s’engage dans une réforme de fond en comble, croit-il, dans l’espoir qu’il renaisse de ses cendres après l'élection. Cette idée se répand aussi dans les rangs des candidats libéraux battus le 2 juin.

Je ne pense pas que nous puissions minimiser ce qui s'est passé, reconnaît Andrea Barrack, battue par le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la circonscription de University-Rosedale, un secteur de Toronto que les libéraux considéraient auparavant comme leur bastion.

Dans le rouge

Perte de crédibilité auprès des électeurs, de pertinence aussi, les questions introspectives se multiplient alors que les appétits s'aiguisent en vue d’une refondation.

« Nous devons vraiment réfléchir à ce que nous représentons, et pour qui nous le faisons. »

— Une citation de  Andrea Barrack, candidate libérale défaite dans la circonscription de University-Rosedale

Pour le candidat libéral Jeff Lehman, battu par seulement 609 voix par les progressistes-conservateurs dans la circonscription de Barrie-Springwater-Oro-Medonte, il est essentiel que le Parti se concentre sur ses deux valeurs fondamentales que sont le progrès social et la responsabilité financière.

Notre défi maintenant est de restaurer la foi des Ontariens dans ce centrisme, dans cette responsabilité fiscale, afin de pouvoir parler de l'importance de l'économie, tout comme nous parlons de l'importance du progrès social, a déclaré M. Lehman à l'émission The Agenda, de TVO, avec Steve Paikin, dans un épisode intitulé Les libéraux de l'Ontario sont-ils en crise?

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Doug Ford (avant-plan), Andrea Horwath et Steven Del Duca lors du débat des chefs, le 16 mai

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

M. Lehman et Mme Barrack estiment tous deux que le Parti libéral a dérivé trop loin vers la gauche et a laissé le centre du spectre politique au parti de Doug Ford, lequel s'est présenté comme un choix idéologiquement modéré et favorable aux travailleurs.

Les auto-analyses de la défaite font émerger un thème commun : plusieurs libéraux admettent que leur parti a été victime d'une sorte d'arrogance, d'une croyance trop forte qu'ils ont toujours raison, plutôt que d'écouter vraiment les gens. Un néologisme le résume : le libsplaining (mot-valise entre "liberal" et "explaining", expliquer en français).

En attendant une éclaircie incertaine de son avenir, le Parti libéral ontarien doit affronter une série d'interrogations, toutes plus difficiles les unes que les autres. Et sonder les raisons de son échec auprès des électeurs, ce qui ne sera pas une mince affaire.

Ne détenant que quatre sièges à Toronto, trois à Ottawa et un à Kingston, les libéraux se retrouvent sans représentation dans de vastes pans de la province.

Nous avons besoin de gens qui parlent à leurs voisins des questions qui leur tiennent à cœur, affirme Mme Barrack. Période de fortes turbulences à prévoir dans les semaines et les mois à venir.

D'après les informations de Mike Crawley, de CBC

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