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GNL Québec peut-il renaître de ses cendres?

Un plan aérien permet de voir où prendrait place le projet de GNL Québec.

Un plan aérien du projet de GNL Québec

Photo : Radio-Canada

Quelques jours après l’entente de principe conclue entre la société mère de GNL Québec, Symbio Infrastructure et la société d’État ukrainienne Naftogaz, le débat qui entoure l’implantation d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay revient dans les discussions des opposants et des partisans du projet.

Pour plusieurs, cet accord pourrait permettre de donner un second souffle au projet de GNL Québec, même si ce dernier a été rejeté tant par le gouvernement provincial que par le gouvernement fédéral dans la dernière année.

Yvon Laprise et Pierre Charbonneau font partie du groupe Facebook Notre région, nos décisions. Ils ont toujours milité en faveur du projet et ils sont persuadés que le contexte mondial lui est désormais propice.

Des membres du groupe devant le bâtiment de l'Assemblée nationale avec des pancartes.

Des membres du groupe GNL Sag-Lac étaient allés porter leur message à l'Assemblée nationale en décembre 2020. ( archives)

Photo : courtoisie

« On le sait déjà qu'en mars 2021, il y a eu une entente entre le Canada et l'Allemagne pour approvisionner l'Allemagne en gaz naturel si besoin. Là on voit que le besoin est là parce qu'on parle pas juste de gaz pour remplacer le gaz naturel en Ukraine. C'est vraiment tout le gaz naturel exporté par la Russie. C'est immense! », se réjouit Yvon Laprise.

L'opportunité de l'Europe, qui est en train de redéfinir tous les fournisseurs d'énergie, est l'occasion de tout remettre en question puis de reconsidérer la question en entier. Puis les investisseurs le savent, renchérit M. Charbonneau.

L’opposition au projet réagit

Les opposants au projet GNL Québec n’ont pas tardé non plus à se faire entendre. Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, considère que la relance du projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel serait irréaliste.

« Cette annonce de GNL Québec est tout simplement ridicule considérant que l’entreprise n’a aucune autorisation et aucun permis pour aller de l’avant avec ce projet. C’est ni plus ni moins un show de boucane. GNL Québec fait preuve d’arrogance sans borne et est irrespectueuse envers les gouvernements fédéral et provincial qui ont rejeté de façon claire et nette ce projet à la suite de processus d’évaluations environnementales rigoureux et basés sur la science », écrit-il.

Un gros plan d'une pancarte « Vous ne passerez pas» en parlant de GNL Québec.

Près de 500 opposants au projet Énergie Saguenay de GNL Québec s'étaient donnés rendez-vous au Vieux-Port de Chicoutimi en septembre 2020.

Photo : Philippe L'Heureux

L’avis est le même du côté de la Coalition Fjord qui a toujours manifesté son désaccord vis-à-vis du projet d’Énergie Saguenay.

Les enjeux d’approvisionnements énergétiques que connaît présentement l’Europe ne devraient pas être résolus par une augmentation de notre capacité d’exportation, mais bien au contraire, par une décarbonisation rapide exigée par le GIEC. Le gaz n’est pas, et ne sera jamais une énergie de transition a écrit la co-porte-parole de l’organisme Alix Ruhlmann.

Un retour de GNL Québec?

Questionné sur un éventuel retour de GNL Québec, le titulaire de la chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau pense que ce n’est pas une annonce à prendre solide comme le roc, […] mais il y a des éléments très sérieux dans l’entente annoncée entre Symbio Infrastructure et Naftogaz.

Le professeur va même plus loin. Il pense que si le projet revenait sous une nouvelle forme il pourrait même être accepté par le Canada.

Il y a beaucoup d’investissements qui ont été faits pour préparer ce projet-là donc les coûts initiaux ne sont pas très grands pour les promoteurs de présenter un projet adapté, modifié. La situation mondiale a changé, les perceptions aussi. Je pense vraiment qu’il y a de nouvelles bases sur lesquelles ce projet pourrait être représenté et possiblement accepté au Canada, affirme-t-il.

Rappelons que Symbio Infrastructure et Naftogaz ont signé une entente d’intention à Washington le 5 juin dernier, une pratique très courante selon M. Pineau.

Ces mégaprojets ont besoin d’avoir des ententes de principe pour offrir des indications qu’il y a des clients éventuels, indique-t-il.

M. Pineau pense que le Canada pourrait aussi avoir de la pression de ses alliés européens pour qu’ils puissent diversifier leurs approvisionnements énergétiques, en raison du fournisseur principal actuel qui est la Russie.

« La position canadienne sera très difficile à tenir : "on vous soutient dans vos efforts, mais sans vous donner de gaz naturel", ce serait un peu paradoxal. Il va y avoir de fortes pressions. »

— Une citation de  Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal

Le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) a expliqué qu'il n'avait aucun détail au sujet d'un éventuel nouveau projet.

Ceci dit, rappelons que nous avions fermé la porte à la première mouture du projet. Toutefois, si un nouveau projet nous était déposé, il devrait franchir à nouveau toutes les étapes de l'évaluation environnementale du Québec et rencontrer les mêmes conditions que l'ancien projet n'a pas rencontrées. Dans un tel contexte, on parle donc d'un processus de plusieurs années, ce qui fait qu'on voit difficilement comment un tel projet pourrait constituer une solution aux problèmes d'approvisionnement actuels en Ukraine, voire en Europe, a fait valoir un porte-parole du MELCC.

Pour sa part, la mairesse de Saguenay, Julie Dufour, indique vouloir se concentrer sur les autres projets susceptibles de se développer au Port de Saguenay.

Ils passeront les étapes comme le reste. Moi rendu là, on est pas mal les derniers à parler dans ce contexte-là. Qu'ils redéposent et qu'ils refassent le BAPE, mais moi ce que je vous dis, à court terme, on a déjà Arianne (Phosphate) et on a déjà Métaux BlackRock, a commenté la mairesse lundi.

Avec Jean-François Coulombe et Philippe L'Heureux.

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