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Une baisse d’impôt au cœur de la plateforme électorale libérale québécoise

Sur scène, une femme lève les bras en l'air et sourit, entourée de membres de ses troupes.

La cheffe Dominique Anglade présente la plateforme électorale du Parti libéral du Québec le 11 juin 2022.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

La session parlementaire est à peine terminée que, déjà, le Parti libéral du Québec (PLQ) est prêt à se lancer dans la course électorale. Réunies en conseil général à Montréal, les troupes de Dominique Anglade ont rendu publique leur plateforme électorale samedi, dont la pièce maîtresse est une baisse d’impôt pour la classe moyenne.

S’il est choisi par les Québécois le 3 octobre pour former le prochain gouvernement provincial, le PLQ promet de réduire de 1,5 point de pourcentage le taux d’imposition pour les contribuables dont la tranche de revenu annuel se situe sous 92 580 $.

Cette diminution d’impôt permettrait aux personnes concernées d’économiser environ 1000 $ par année, ce qui coûterait environ deux milliards de dollars par an à l'État.

En contrepartie, le parti de Mme Anglade projette de créer un nouveau palier d'imposition pour les personnes qui gagnent 300 000 $ et plus par année. Ces contribuables seraient donc imposés à hauteur de 27,75 %.

Il y a encore trois mois, le Parti libéral du Québec ne prônait pas de réductions fiscales. « On a changé d'avis, car trois choses se sont passées entre-temps », a déclaré en mêlée de presse Carlos Leitao, porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances.

M. Leitao a fait référence à la pandémie et à ses coûts, qui sont désormais bel et bien sous contrôle, aux revenus de Québec, qui sont plus élevés que prévu, et au rapport financier préélectoral, qui présentera une marge de manœuvre financière très très importante. Ce rapport doit être dévoilé au mois d'août.

Un homme répond à des questions dans une mêlée de presse.

Carlos Leitao, porte-parole du PLQ en matière de finances

Photo : Radio-Canada

Ajustements fiscaux

Le PLQ estime que les problèmes actuels liés à l’augmentation du coût de la vie s’inscriront dans la durée, ce qui justifie des ajustements fiscaux. Selon les libéraux, une aide ponctuelle comme celle offerte par la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a promis un chèque de 500 $ à tous les Québécois, est insuffisante pour permettre aux contribuables de s’adapter à l’inflation.

La question du coût de la vie est sur toutes les lèvres, a fait remarquer Dominique Anglade. Dans mon comté et dans toutes les régions que j’ai visitées, elle revient systématiquement. Les propositions qu’on a faites jusqu'à présent sont structurantes sur le long terme pour aider les Québécois année après année. La proposition qui est sur la table de réduire les impôts pour la classe moyenne, c’est une proposition sur le long terme.

On reconnaît que la crise qu’il y a présentement, c’est une crise qui va perdurer, a-t-elle ajouté. Les gens qui ont du mal à joindre les deux bouts, à payer l’épicerie, ça ne va pas disparaître après six mois, après un an, a ajouté la cheffe libérale.

« Ensemble, on va vouloir rassembler les Québécois. Ensemble, on va vouloir baisser les impôts de la classe moyenne, qui en a besoin. Ensemble, on va vouloir bâtir une économie du 21e siècle, qui comprend que la lutte contre les changements climatiques, c'est le défi du 21e siècle. Et, évidemment, on va vouloir s'occuper de notre monde. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du PLQ

Afin de contrer la pénurie de main-d'œuvre, le PLQ donnerait un congé de cotisation au régime des rentes aux gens de 62 ans et plus et doublerait l'exemption d'impôt pour ceux qui ont atteint l'âge de 65 ans.

En matière d'immigration, les libéraux visent à accueillir annuellement 70 000 nouveaux arrivants en privilégiant l'immigration permanente et non temporaire ainsi qu'en favorisant l'installation en région.

Par ailleurs, un gouvernement Anglade modifierait la loi 21 sur la laïcité de l'État et l'interdiction des signes religieux pour en exclure les enseignants. Il renoncerait à la clause dérogatoire qu'elle contient, ce qui ouvre la porte à des contestations judiciaires.

Une enseignante qui porte un voile donne des explications à une élève.

Une enseignante qui porte un voile donne des explications à une élève.

Photo : iStock / iStockphoto

Autres mesures phares

Parmi les mesures phares de sa plateforme, qui se décline en six chapitres et sur une centaine de pages, le PLQ prévoit des investissements de 100 milliards de dollars pour remodeler l’économie du Québec afin d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Pour ce faire, il mise notamment sur le développement de la filière de l'hydrogène vert, qui serait assuré par une nouvelle société d’État, Hydrogène Québec. À terme, le PLQ souhaite nationaliser la distribution d’hydrogène et positionner le Québec comme un grand fournisseur à l’échelle mondiale.

Les libéraux veulent également moderniser les infrastructures québécoises (édifices de bureaux, maisons, bâtiments industriels et institutionnels, etc.) afin de réduire le gaspillage énergétique des deux tiers au cours des 10 prochaines années. Ils prévoient également multiplier jusqu’à six fois les redevances sur l’eau.

En matière de transports, le PLQ renoncerait à tout nouveau projet d'autoroute en zone métropolitaine. On promet en outre la gratuité dans les transports en commun pour les personnes de 65 ans et plus et pour les étudiants.

En matière de santé, les libéraux promettent un médecin de famille pour chaque Québécois. En plus de renommer « équipes accès santé » tous les types de groupes de médecine familiale, le PLQ veut ajouter au moins une infirmière praticienne spécialisée (IPS) aux cliniques médicales et revoir le ratio médecins-personnel soignant.

En outre, le parti veut investir six milliards de dollars dans les infrastructures du réseau de la santé et y ajouter 4000 lits. Un programme public de psychothérapie pour en assurer l'accès universel serait instauré.

Des mesures pour les têtes blanches et blondes

Parmi les autres mesures sociales, le PLQ promet la création d’une « allocation aînés » de 2000 $ annuellement pour soutenir les personnes de plus de 70 ans qui souhaitent rester à domicile.

Pour ce qui est des maisons des aînés, chères au gouvernement caquiste, les libéraux renonceraient à cette formule et n'en construiraient pas de nouvelles. Même constat pour les maternelles destinées aux enfants de quatre ans, où ce modèle ne serait plus privilégié, sauf en milieu défavorisé.

Plusieurs mesures d’aide sont prévues pour les familles. En plus de la baisse d'impôt pour la classe moyenne, le PLQ promet entre autres de geler le tarif d’électricité, de supprimer la TVQ sur les produits de première nécessité, d’éliminer les droits de mutation immobilière pour l’achat d’une première propriété et de bonifier le régime d’accès à la propriété (RAP).

Un décor fleuri dans une garderie.

S'il est porté au pouvoir le 3 octobre prochain, le PLQ promet de maintenir le prix des garderies à 8,70 $ par jour et d'en indexer le prix.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans les garderies, un gouvernement Anglade s'engagerait à maintenir le tarif quotidien à 8,70 $, qui serait indexé annuellement, et à prolonger le congé parental de six mois lorsqu'il semblerait impossible de trouver une place. Il veut aussi compléter le réseau en transformant les places non subventionnées en places subventionnées.

En culture, un gouvernement libéral mettrait sur pied un nouveau fonds consacré à la culture et aux médias afin de soutenir la création québécoise. Ce fonds sera financé par l’imposition d’une taxe temporaire de 3 % sur le chiffre d’affaires des géants du numérique, indique la plateforme du parti.

Incarner la confiance

Devant ses troupes, Dominique Anglade ne s'est pas gênée pour lancer quelques piques au gouvernement, affirmant notamment que François Legault ne représente pas l'avenir du Québec.

« Nous croyons que les Québécois méritent mieux que la CAQ et François Legault. [...] Dans la campagne à venir, on va incarner la confiance, en opposition à la méfiance. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du PLQ

Investie officiellement comme candidate dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne vendredi soir devant une centaine de militants, Dominique Anglade se dit confiante en vue du scrutin de l’automne prochain.

Même si la moitié des élus de son parti ont choisi de ne pas se présenter aux prochaines élections et de quitter la vie politique, la cheffe libérale croit que sa formation pourra gagner plusieurs sièges à l’Assemblée nationale et obtenir le vote de nouveaux électeurs.

Lors de son bilan de fin de session, vendredi après-midi, Mme Anglade avait affirmé viser au moins 63 sièges dans la prochaine législature provinciale, ce qui procurerait au PLQ une majorité au Parlement.

Avec les informations de La Presse canadienne

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