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Hausse des tarifs des taxis au Québec : les chauffeurs de Gatineau soulagés mais divisés

Une file de taxis.

Des taxis à Gatineau (archives)

Photo : Radio-Canada / Jérôme Bergeron

Radio-Canada

La Commission des transports du Québec a approuvé jeudi une augmentation des tarifs des taxis de 18 % et a accordé une prime de 15 % aux chauffeurs qui travaillent la nuit.

Ces hausses entreront en vigueur le 12 septembre prochain. Les tarifs des taxis n’avaient pas connu de hausse depuis 2018.

Le tarif de base passera donc de 3,50 $ à 4,10 $. Le prix au kilomètre parcouru est actuellement de 1,75 $. Ce prix augmentera à 2,50 $ du kilomètre.

La nuit, entre 23 h et 5 h, le tarif de base augmentera d’une autre tranche de 15 %.

Ce tarif de nuit particulier vise à encourager des chauffeurs de taxi à prendre la route la nuit, souligne-t-on dans la décision rendue par la Commission des transports.

À l'heure actuelle, selon de nombreux témoignages entendus lors des audiences, l’offre de taxis ne suffit pas à répondre à la demande la nuit.

Un taxi dans le Vieux-Hull.

Les compagnies de taxi de Gatineau pourront hausser le tarif de base de 15 % la nuit entre 23 h et 5 h (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Hausse moins élevée que l'inflation

L'augmentation des tarifs semble bien accueillie dans l'industrie du taxi à Gatineau. Toutefois, il n’y a là rien pour faire fortune, fait remarquer Jo Abou, propriétaire d’Aylmer Taxi.

Il s’agit d’un ajustement nécessaire pour compenser la hausse du taux d’inflation, qui occasionne à son tour une hausse des dépenses liées au métier, dit-il.

18 %, ça ne veut pas dire que nos chauffeurs font plus de sous, a-t-il affirmé. Ça vient juste régulariser ce qui arrive avec le coût de l’essence, le coût de la vie, le coût de la nourriture, avec l’inflation qui augmente.

« Est-ce qu’on est contents de dire que nous faisons plus d’argent aujourd’hui qu’hier? Non, pas nécessairement, parce que tout coûte plus cher aujourd'hui. »

— Une citation de  Jo Abou, propriétaire d’Aylmer Taxi

Dans sa décision, la Commission a fait une longue analyse comparative des coûts. Si elle avait indexé ces tarifs en fonction du coût de l'inflation, ce ne serait pas 18 % d'augmentation qu'il aurait fallu donner aux compagnies de taxi mais bien 26 %.

Une hausse trop élevée pourrait effrayer les clients, soutient Jo Abou. Le taxi est quand même déjà un service dispendieux. Il espère seulement que la hausse des tarifs annoncée récemment par la Commission ne nuira pas à l'industrie.

En augmentant les tarifs, est-ce que ça va faire diminuer la demande? C’est ça qu’on attend de voir [une fois que ça entrera en vigueur], dit-il.

Un homme se tient debout devant une voiture de taxi.

Le propriétaire du Groupe Transit, Serge Leblanc

Photo : Radio-Canada / Fiona Collienne

Crainte partagée par Serge Leblanc, propriétaire du Groupe Transit.

C'est positif pour l'ensemble de l'industrie. J'aime bien la hausse du soir [...] Par contre on a des craintes : comment la population générale va réagir face à ça? Nos usagers de taxi ne sont pas plus à l'aise que ceux qui prennent le transporte en commun. Souvent, ils sont moins à l'aise. Ce sont des gens âgés, à mobilité réduite, explique-t-il.

Ces gens-là vont-ils réduire le nombre de courses qu'ils font par semaine? Si c'est ça, ça va avoir un impact négatif sur l'augmentation qu'on vient d'avoir.

Au lieu d'une hausse des prix, il aurait plutôt souhaité une majoration du crédit d'impôt offert aux chauffeurs de taxi. Ce crédit qui est de 500 $ n'a jamais été majoré, affirme-t-il.

« T'as beau avoir besoin de prendre le taxi. T'as beau aimé prendre le taxi, mais il faut aussi avoir le moyen de le payer. »

— Une citation de  Serge Leblanc, propriétaire de Groupe Transit

M. Leblanc pense que le tarif de nuit particulier pourrait peut-être encourager d'anciens chauffeurs à reprendre du service. L'industrie du taxi comme bien d'autres industries fait face à une pénurie de main d'œuvre.

On n'en a plus de chauffeurs. Je pourrais en engagé 50 demain matin. J'ai du travail pour ça. En partie à cause de la COVID-19, des chèques de PCU. Tout le monde est parti à cause de ça et très peu sont revenus, raconte-t-il.

Une hausse également à Ottawa

À Ottawa, les tarifs des taxis seront augmentés de 10 % à compter de samedi. Le tarif de base va passer à 3,80 $. Il en coûtera 0,18 $ pour chaque distance de 86 mètres parcourue.

Cette augmentation survient à la suite d'une demande des chauffeurs de taxi de la capitale fédérale. Ces chauffeurs revendiquaient une hausse des tarifs en raison de l’augmentation du coût de l'essence.

Avec les informations de Stéphane Leclerc

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